Une solution mutuellement avantageuse aux différends autours du nucléaire iranien reste possible, a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Dans une interview accordée à CBS News et diffusée dimanche, il a déclaré : "Un fait est indéniable : si les États-Unis souhaitent trouver une solution au programme nucléaire pacifique iranien, la voie diplomatique est la seule possible." Il a ajouté qu'il existait encore de "fortes chances" de parvenir à une solution diplomatique mutuellement bénéfique, soulignant qu'"une solution est à notre portée".
Le chef de la diplomatie iranienne a également estimé qu'un renforcement militaire américain ne contribuerait ni à résoudre la crise ni à exercer une pression sur Téhéran.
Ces déclarations interviennent après un deuxième cycle de négociations nucléaires indirectes entre l'Iran et les États-Unis, tenu au consulat général du Sultanat d'Oman à Genève le 17 février, dans la continuité d'un premier cycle organisé à Mascate. Les discussions ont principalement porté sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines que Téhéran considère comme illégales.
À l'issue des pourparlers, Abbas Araghchi a indiqué que les deux parties s'étaient accordées sur des principes directeurs pour préparer de futures négociations. De son côté, un haut responsable américain cité par Reuters a affirmé que l'Iran devait soumettre une proposition écrite pour résoudre son différend avec les États-Unis après les discussions de Genève.
Les États-Unis insistent pour que l'Iran mette fin à son programme nucléaire, tandis que Téhéran affirme ne pas chercher à acquérir l'arme nucléaire et revendique son droit à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Washington a adopté une rhétorique belliqueuse à l'encontre de l'Iran après les récentes manifestations contre les difficultés économiques dans le pays, qui ont été instrumentalisées par des services de renseignement étrangers et ont dégénéré en violences.
Depuis, le président américain n'a cessé de menacer l'Iran d'une action militaire, déployant deux groupes aéronavals et des dizaines d'avions de chasse, de bombardiers et de ravitailleurs dans les eaux territoriales iraniennes.
Interrogé sur le calendrier de la remise d'une proposition iranienne à Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump, Araghchi a déclaré que Téhéran y travaillait toujours et essayait de formuler un texte prenant en compte les préoccupations et les intérêts des deux parties.
"Nous travaillons sur ces éléments, et je pense que lors de notre rencontre, probablement ce jeudi à Genève, nous pourrons les peaufiner, préparer un texte satisfaisant et parvenir rapidement à un accord. C'est du moins ce que je crois. Cela me semble tout à fait possible", a-t-il déclaré.
Il a souligné que l'équipe iranienne poursuivait les discussions avec les États-Unis tout en élaborant les éléments d'un accord et un projet de texte. Il a exprimé l'espoir que les négociateurs iraniens, une fois à Genève, seraient prêts à négocier sur la base de ces projets.
De son côté, un haut responsable américain cité par Axios a affirmé que les négociateurs américains étaient prêts à entamer une nouvelle série de pourparlers vendredi à Genève si une proposition iranienne détaillée était transmise dans les 48 heures.
Interrogé sur les différences entre l'accord nucléaire de 2015 - officiellement appelé Plan global d'action commun, PGAC (JCPOA en anglais) - conclu sous la présidence de Barack Obama, et un éventuel accord avec l'administration Trump, Abbas Araghchi a estimé que la situation avait évolué au cours de la dernière décennie.
"Notre programme nucléaire a progressé technologiquement et est plus avancé qu'à l'époque. Et il y a, bien sûr, davantage de sanctions et de pressions", a expliqué le chef de la diplomatie iranienne.
Il s'est dit convaincu que Téhéran et Washington pouvaient parvenir à un accord plus avantageux que le PGAC, avec des éléments potentiellement bien meilleurs que le précédent, les deux parties ayant examiné de nombreux points en détail.
"Mais je pense qu'à l'heure actuelle, il n'est pas nécessaire de s'attarder autant sur les détails. Nous pouvons nous entendre sur les points essentiels et garantir que le programme nucléaire iranien soit pacifique et le restera. Parallèlement, davantage de sanctions pourraient être levées", a souligné Araghchi.
