
Par la rédaction de The Cradle, le 5 mars 2026
Les poursuites révèlent ce qu'on appelle le "huitième front" d'Israël, une initiative numérique destinée à influencer l'opinion mondiale en faveur d'Israël & diffamer ceux qui s'opposent au génocide à Gaza.
La machine de propagande mondiale d'Israël fait face à une pression juridique croissante après que des influenceurs, des consultants et des entreprises médiatiques ont intenté des poursuites judiciaires pour plusieurs millions de shekels contre le gouvernement israélien, l'accusant de ne pas avoir payé le travail effectué pour soutenir sa campagne de communication internationale pendant le génocide perpétré par Israël à Gaza, a rapporté le Calcalist le 5 mars.
Selon Calcalist, bon nombre des personnes impliquées affirment avoir été recrutées en urgence au plus fort de la 'guerre' pour promouvoir le discours israélien à l'étranger, avant de découvrir que le gouvernement n'a pas pris les dispositions nécessaires pour les rémunérer.
Les enquêtes ont depuis révélé de graves irrégularités au sein du cabinet du Premier ministre, qui a pris le contrôle de l'appareil de communication internationale d'Israël après l'effondrement du ministère de l'Information à la suite de l'opération Al-Aqsa Flood en octobre 2023.
Les responsables auraient contourné les procédures d'appel d'offres officielles et préféré prolonger les contrats existants avec des sociétés de production privées, qui ont ensuite servi de relais pour payer les commentateurs et consultants pro-israéliens opérant à l'étranger.
Plusieurs de ces entreprises affirment aujourd'hui que l'État refuse de régler ses dettes.
L'une d'entre elles, Intellect Production and Publishing Group, a intenté un procès pour obtenir environ 1,7 million de shekels (environ 552 000 dollars) après avoir pris en charge les frais de déplacement et les opérations médiatiques contre les manifestations pro-palestiniennes lors des audiences de la Cour internationale de justice (CIJ).
L'ancien porte-parole du gouvernement israélien, Eylon Levy, fait partie des personnalités qui affirment que le gouvernement leur doit encore de l'argent pour le travail effectué dans le cadre de la campagne de communication internationale d'Israël.
Selon le rapport du Calcalist, le salaire mensuel de M. Levy, qui s'élève à 41 125 shekels (un peu plus de 13 000 dollars), a été versé par l'intermédiaire de la société de production Intellect Production and Publishing Group, plutôt que directement par l'État.
Une autre société, Speedy Call, a mis en place un studio d'interview ouvert 24 heures sur 24 au sein du quartier général militaire de Kirya, utilisé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d'autres hauts responsables.
La société affirme qu'Israël refuse désormais de payer plus de 600 000 shekels (environ 200 000 dollars) pour neuf mois de travail.
Les litiges financiers qui agitent l'appareil de propagande israélien coïncident avec des révélations plus globales sur l'ampleur de la campagne de communication mondiale menée par Tel-Aviv pendant la guerre contre Gaza.
Des enquêtes et documents publics ont montré que des agences de relations publiques liées à Israël ont versé des milliers de dollars par publication à des influenceurs américains sur les réseaux sociaux pour promouvoir des discours pro-israéliens en ligne.
Des documents soumis en vertu de la loi américaine sur l'enregistrement des agents étrangers (FARA) ont révélé des paiements atteignant en moyenne 7 000 dollars par publication dans le cadre du "projet Esther", une campagne de propagande d'influence de l'opinion publique sur des plateformes telles que TikTok et Instagram en faveur d'Israël et à diaboliser ses opposants.
Israël a déjà organisé des visites d'influenceurs soigneusement orchestrées dans Gaza, invitant des personnalités des réseaux sociaux à visiter les sites de distribution d'aide gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), un programme d'aide américano-israélien meurtrier, dans le but de contrer les reportages internationaux sur la famine dans l'enclave.
Ces visites ont été présentées comme la preuve qu'Israël facilite l'aide humanitaire, malgré les nombreux documents fournis par diverses organisations, dont l'ONU, montrant que la famine à Gaza était le résultat direct des restrictions systématiques imposées par Israël à l'aide humanitaire et de son obstruction à l'acheminement des secours.
Ces initiatives s'inscrivent dans ce que les responsables israéliens eux-mêmes ont qualifié de " huitième front" de la guerre, une bataille parallèle sur le récit et la perception sur les réseaux sociaux, publicitaires et les campagnes numériques basées sur l'intelligence artificielle, pour façonner l'opinion mondiale sur la guerre à Gaza.
Traduit par Spirit of Free Speech