07/03/2026 ssofidelis.substack.com  9min #306916

Manifestations pro-gouvernementales massives dans tout l'Iran

Par  Nate Bear, le 5 mars 2026

Alors que l'axe américano-israélien d'Epstein poursuit sa campagne génocidaire de  bombardements intensifs sur Téhéran,  des foules immenses ont envahi les rues du pays pour protester contre les attaques et défendre la révolution.

Et elles sont en colère.

Devant une foule qui scandait le nom d'Ali Khamenei, un homme  a déclaré vouloir se battre à mains nues contre "l'arrogant Trump". Tenant le bras de son jeune fils, il a qualifié les monarchistes iraniens en exil, menés par Reza Pahlavi, de méprisables, et a affirmé qu'il sacrifierait sa famille pour la révolution.

Son dégoût pour la famille Pahlavi n'est pas une exception. Une autre scène filmée lors des manifestations montre des Iraniens  scandant "mort à Pahlavi".

Lors d'un  rassemblement pro-gouvernemental, une femme accompagnée de sa petite fille a déclaré :

"Les États-Unis et Israël ont creusé leur propre tombe et nous les enterrerons un par un".

Une autre femme a déclaré que les Iraniens défendront la révolution et qu'elle se poursuivra même après la mort de Khamenei.

Lorsque les médias occidentaux et la classe politique nous disent d'"écouter les femmes iraniennes", ce ne sont manifestement pas de ces femmes-là qu'ils parlent.

Et lorsqu'ils ont plein la bouche de la libération des femmes iraniennes, font-ils référence à Akram Khodabandeh ? Capitaine de l'équipe nationale iranienne féminine de taekwondo, Akram Khodabandeh a remporté huit médailles d'or et d'argent internationales en taekwondo. Elle a également été bénévole pour le Croissant-Rouge et a participé aux opérations de recherche de corps après le massacre américano-israélien.

Non, ils parlent de libérer les femmes et la première chose qu'ils font, c'est  tuer 168 enfants, essentiellement des filles, et de sang-froid.

Akram Khodabandeh

Ce massacre d'enfants, qui a marqué le début des attaques, a révolté les Iraniens.

Et parmi tous les discours sur la répression et la libération des femmes, on ne nous dit pas, évidemment, que la porte-parole officielle du gouvernement iranien,  Fatemeh Mohajerani, est une femme. On ne nous dit pas non plus que Shina Ansari et Zahra Behrouz Azar, toutes deux femmes, occupent les fonctions de vice-présidentes de l'Iran, ni que  70 % de tous les diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ( STEM) en Iran sont des femmes.

Le mythe selon lequel l'Iran serait un château de cartes prêt à s'effondrer est un mensonge.

Hier, un homme manifestement laïc,  interviewé dans un parc de Téhéran, a déclaré que ce serait "la dernière défaite" des sionistes. Il ne semble pas particulièrement opprimé, vous en conviendrez certainement. Dans la vidéo, son ami, un artiste, a raconté que son atelier a été détruit par les bombes.

 Source

Inutile de préciser que ces scènes ne correspondent pas vraiment à l'image d'un peuple opprimé qui n'attendrait qu'un petit coup de pouce pour se révolter contre ses dirigeants.

Il s'agit plutôt de scènes à l'image d'un peuple fier et d'une révolution profondément enracinée, qui, selon des sondages réalisés par des organisations occidentales, bénéficie d'un  soutien majoritaire parmi la population iranienne.

Ces scènes ne seront donc pas mises en avant, voire pas diffusées du tout par la BBC ou CNN, car elles remettraient en cause la propagande sur le "régime brutal" dont on nous abreuve depuis près de 50 ans.

"Un régime brutal"

Cette propagande en faveur d'un changement de régime a récemment  été reprise par des politiciens prétendument anti-guerre, comme Mamdani et  Zack Polanski, le leader du Parti vert britannique.

Pourquoi ceux se disant anti-guerre ne pensent-ils pas que "Le moment est mal choisi pour parler de la politique intérieure d'un pays qui vient d'être attaqué illégalement et est actuellement bombardé" ? Est-il si difficile de mentionner les manifestations de masse observées depuis le début des attaques et de remettre en question le discours dominant ?

Évidemment que c'est trop difficile.

J'ai même entendu Corbyn, le héros de la gauche britannique, se sentir obligé de commencer chaque déclaration anti-guerre par une remarque sur la nécessité pour les Iraniens de "décider de leur propre avenir". Qu'est-ce que c'est que cette remarque ? Décidons-nous vraiment de notre propre avenir, nous qui vivons dans des démocraties libérales capitalistes corrompues ? Sommes-nous libres de poursuivre nos intérêts sans entrave ? Avons-nous choisi de naître dans un système capitaliste ? Sommes-nous libres de choisir un autre système de relations économiques et sociales ?

Bien sûr que non.

C'est une idée simpliste, mais c'est un réflexe très particulier et franchement raciste, chez de nombreux politiciens occidentaux, y compris ceux se disant progressistes, comme Corbyn, Mamdani et Polanski. Qui véhiculent allègrement l'idée que toute démocratie occidentale non libérale est intrinsèquement mauvaise pour les citoyens.

C'est tout simplement exaspérant.

Bien sûr, certains Iraniens détestent leur gouvernement. Les émeutes de décembre et janvier, suivies d'une  propagande outrancière sur les atrocités commises et le nombre de morts jamais authentifiés, ont compliqué toute discussion rationnelle sur le sujet. La confusion était bien sûr délibérée de la part des États-Unis et d'Israël, qui comptaient tous deux de nombreux  agents sur le terrain incitant à la violence. Le ministre israélien de la Diaspora, le Mossad et même l'ex patron de la CIA Mike Pompeo se sont glorifiés sur X des infiltrations et provocations réussies dans les rues des villes iraniennes.

L'Iran n'est pas un monolithe idéologique. Mais personne ne veut voir des bombes détruire sa ville, tuer son mari, sa femme, ses amis, ses voisins et ses enfants.

Des bombes qui ont déjà tué plus de 1 000 Iraniens.

C'est une guerre immonde et indigne. Une guerre délibérée d'agression.

Le crime international suprême.

Une guerre impériale de violence meurtrière pure et dure menée par un empire incontrôlable, pire encore que la barbarie nazie. L'Allemagne nazie a duré douze ans. La violence américaine, des Sioux à la Corée, du Vietnam à l'Irak, dure depuis des décennies, voire des siècles.

Les États-Unis ne sont qu'un énorme putain de crime de guerre.

Et bien que les crimes de guerre soient acclamés avant même qu'ils ne commencent, même la diaspora iranienne en exil commence à  se demander sil'Iran va subir le même sort que Gaza.

Les exilés iraniens

Puisque nous parlons d'exilés, l'idée très largement répandue selon laquelle un Iranien menant une vie bourgeoise en Occident détient une autorité morale indiscutable pour déterminer le discours sur l'Iran est pour le moins surprenante. Les Iraniens de la diaspora sont traités comme s'ils incarnaient la sagesse. Ce n'est pourtant pas le cas. Ce sont des êtres humains avec une idéologie et un programme. Ce n'est pas parce que leurs parents ont fui un processus révolutionnaire avec lequel ils n'étaient pas d'accord que les exilés iraniens possèdent un niveau moral ou éthique plus élevé que leurs compatriotes restés au pays. J'ai du mal à croire qu'il faille le préciser, or appeler à la guerre et au meurtre dans son pays d'origine ne fait pas vraiment de vous une personne vertueuse. De plus, tous les membres de la diaspora iranienne ne souhaitent pas la chute de la République,  loin de là. Mais comme toujours, ce ne sont pas ces voix-là que vous entendrez si vous ne consommez que les médias grand public occidentaux.

Une idée infaillible

La vérité, c'est que les porcs sionistes sont en guerre contre une vision. Or, on ne peut vaincre une vision - les Palestiniens et les sionistes en savent quelque chose. La République islamique en est une : une vision de souveraineté nationale fondée sur des croyances religieuses et spirituelles. En tant que telle, elle ne peut être vaincue, quelle que soit l'issue de cette guerre. Et voir vos voisins et vos proches pulvérisés et décapités par des bombes américaines ne peut que conforter le postulat implicite selon lequel l'Amérique est un fléau impérialiste à combattre et à éradiquer.

En matière d'empire et d'impérialisme, il n'y a pas de juste milieu, pas de compromis pseudo "libéral" pour dénoncer les crimes de guerre impérialistes tout en dénonçant la victime de ces crimes. Soit vous vous rangez du côté des victimes de l'impérialisme occidental, soit vous ne le faites pas.

Quand on a le sens de la solidarité, on ne cautionne pas les crimes impériaux en évoquant des "régimes autoritaires" juste quand où l'empire s'en prend à eux. L'impérialisme américain est responsable de la mort de millions de personnes, mais comme le système change de dirigeant tous les quatre à huit ans, sa légitimité n'a jamais le temps d'être remise en question. En revanche, presque tout le monde se réjouit de pinailler et douter sur la légitimité d'un gouvernement attaqué par cet empire. On en a trop vu et entendu ces derniers jours, il faut lutter contre ces dérives. Qu'il s'agisse de Mamdani, de Polanski ou de Corbyn, le réflexe impérialiste de ceux des prétendus éclairés et progressistes est dangereux et contagieux.

Mais combattre cette tendance est une tâche ardue. Une centaine d'articles comme celui-ci sont instantanément noyés sous un flot de propagande impérialiste diffusé par la BBC ou le Guardian. Beaucoup s'en remettent en effet inconsciemment aux médias mainstream, surtout lorsqu'ils se prétendent impartiaux ou de gauche, croyant à tort qu'ils agissent en arbitres intègres de la vérité.

Alors, partagez cet article et suivez le travail d'autres anti-impérialistes comme  Caitlin Johnstone.

Ensemble, nous pouvons au moins essayer de nous servir de ces heures sombres, de ces guerres honteuses et scandaleuses, pour développer une conscience anti-impérialiste collective.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com