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Onitsha, ville portuaire et marchande de l'État d'Anambra au Nigeria. [Photo d'illustration]
Dans l'État d'Anambra, au sud-est du Nigeria, le gouverneur Charles Soludo intensifie sa répression contre les opérations "villes mortes" imposées chaque lundi par l'IPOB, mouvement indépendantiste biafrais.
Le gouverneur Charles Soludo, confronté à des pertes économiques massives depuis 2021, opte pour une stratégie de rétorsion pour contraindre les habitants à reprendre leurs activités en début de semaine, malgré les craintes de représailles. Ces mesures coercitives, incluant fermetures de marchés et sanctions salariales, visent à relancer l'économie locale paralysée depuis l'incarcération à vie de Nnamdi Kanu en novembre 2025.
Depuis le début de l'année 2026, Charles Soludo a publié des directives officielles obligeant les commerçants à ouvrir leurs magasins le lundi, sous peine de sanctions sévères.
Face à la persistance des fermetures, motivées par la peur des indépendantistes du Mouvement du peuple indigène du Biafra (IPOB), le gouverneur a ordonné la fermeture temporaire de marchés récalcitrants. Le marché d'Onitsha, l'un des plus importants d'Afrique de l'Ouest, a ainsi été scellé pour une semaine fin janvier, tandis que Nkwo-Ogbe a subi le même sort récemment pour non-respect des consignes.
Réactions et controverses
Ces opérations "villes mortes", systématiques depuis la condamnation de Nnamdi Kanu pour terrorisme, paralysent l'État chaque lundi : habitants cloîtrés chez eux, écoles vides, commerces fermés. Pour contrer cela, Soludo cible aussi les fonctionnaires, qui ne seront plus rémunérés pour les lundis non travaillés, et les élèves absents, menacés de suspension par les établissements scolaires.
L'IPOB, via ses porte-paroles, a réagi vivement. Dans un communiqué relayé par Sahara Reporters, le mouvement avertit Soludo contre la pénalisation des citoyens observant le sit-at-home, qualifiant ces mesures de contre-productives.
IPOB Warns Governor Soludo Against Penalising Citizens Over Monday Sit-at-Home In Anambra |Sahara Reporters t.co pic.twitter.com/X7HB8ssJ5l- Sahara Reporters (@SaharaReporters) January 25, 2026
Sur X, l'avocat et activiste Bar Ifeanyi Ejiofor dénonce la fermeture des marchés comme une "punition collective" injuste, rappelant que l'IPOB avait officiellement annulé l'ordre de sit-at-home, désormais "hijacké" par des éléments criminels menés par Simon Ekpa.
"Cette violence n'est pas une continuation de la politique IPOB, mais une entreprise parasitaire fondée sur la peur et l'extorsion", écrit-il.
On the Closure of the Onitsha Main Market by the Anambra State GovernmentMy position on the so-called Monday sit-at-home has been unambiguous, consistent, and a matter of public record from the very outset.
For the avoidance of doubt, and for the benefit of those who persist... pic.twitter.com/nYCV9qmzar
- bar ifeanyi ejiofor (@EjioforBar) January 27, 2026
Emeka Gift, activiste des droits de l'homme, met en garde contre une instrumentalisation des incidents pour discréditer l'IPOB, appelant à la "sagesse" pour éviter des narratifs médiatiques accusateurs.
If we let this "sit-at-home" order slide without distancing IPOB, by next Monday Nigeria government and its agents will slaughter innocent people and Nigerian media will be flooded with headlines like this:IPOB Sit-at-Home Enforcers Kill Market Woman in Anambra
Bloody Monday... pic.twitter.com/vTcAXtB9qH
- Emeka Gift Official (@EmekaGift100) January 30, 2026
Ces mesures, bien que visant à relancer l'économie, risquent d'exacerber les tensions sociales dans une région marquée par l'histoire du Biafra et dans un pays en pleine crise sécuritaire. Les autorités locales insistent sur la nécessité de briser le cycle, mais les critiques persistent, voyant dans ces sanctions un équilibre précaire entre ordre public et droits économiques.