10/03/2026 francais.rt.com  3min #307302

L'Union africaine œuvre pour éviter une rupture totale entre la Cedeao et l'Aes

© X / Ecowas - Cedeao

Rencontre entre Mamadou Tangara, chef de la mission de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel, et Omar Alieu Touray, président de la CEDEAO

Dans le cadre du maintien du dialogue entre la CEDEAO, l'Union africaine et les pays de l'AES - le Mali, le Niger et le Burkina Faso -, le représentant spécial de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel s'efforce de renforcer la coordination entre les deux organisations ainsi que la coopération technique et sécuritaire avec l'AES.

Le chef de la mission de l'Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Mamadou Tangara, a effectué une visite à la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à Abuja, le 6 mars dernier, dans un contexte de recomposition des relations entre l'organisation régionale et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Avec le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, le diplomate gambien a discuté des moyens de maintenir et de renforcer la coordination institutionnelle entre l'Union africaine et la CEDEAO face aux défis de développement, de sécurité et de gouvernance dans le Sahel, malgré la séparation politique intervenue avec les pays de l'AES.

Maintenir le dialogue avec les États du Sahel

Cette rencontre s'inscrit dans les efforts diplomatiques de l'Union africaine visant à préserver un dialogue entre les organisations régionales et les États sahéliens - le Mali, le Niger et le Burkina Faso - qui ont quitté la CEDEAO en janvier 2025.

Ce retrait demeure toutefois essentiellement politique, dans la mesure où les pays de l'AES ont récemment réaffirmé leur volonté de poursuivre les discussions avec la CEDEAO "dans un esprit de bonne foi", tout en continuant à participer à certaines structures techniques de l'organisation régionale.

Ainsi, lors de la 68ᵉ conférence des chefs d'État de la CEDEAO, les pays de l'AES ont participé, en tant que membres non régionaux, aux travaux du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Une visite précédente au Mali

La visite de Mamadou Tangara à Abuja intervient quelques semaines seulement après une mission de prise de contact effectuée au Mali à la fin du mois de janvier. Le diplomate y avait rencontré le président de la transition malienne, Assimi Goïta, à Bamako, afin d'évoquer l'évolution de la Confédération des États du Sahel ainsi que les initiatives diplomatiques de l'Union africaine pour maintenir les canaux de dialogue avec les États sahéliens, suspendus des instances décisionnelles de la CEDEAO.

L'organisation ouest-africaine avait auparavant adopté des sanctions institutionnelles, avec la suspension de la participation des États concernés, ainsi que des sanctions individuelles telles que des interdictions de voyage et le gel des avoirs de certains dirigeants.

Dans le cas du Mali, la CEDEAO avait également imposé un embargo entre janvier et juillet 2022, incluant la fermeture des frontières, la suspension des transactions commerciales et le gel des avoirs de l'État et des banques nationales auprès de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Une position encore plus ferme avait été adoptée à l'égard du Niger après le coup d'État de juillet 2023, l'organisation ayant alors évoqué la possibilité d'une intervention militaire.

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