11/03/2026 francais.rt.com  3min #307383

Israël durcit la censure militaire, le récit unilatéral sur la guerre pointé du doigt

© Getty Images

Frappes iraniennes sur Israël

Israël a fortement renforcé la censure militaire. Les journalistes doivent obtenir des autorisations strictes pour filmer les zones d'impact. Ce contrôle de l'information alimente les critiques sur une gestion très encadrée du récit de guerre.

Alors que les tirs de missiles iraniens se multiplient contre Israël, les autorités ont considérablement durci les règles encadrant la couverture médiatique des frappes. La censure militaire impose désormais que tout reportage réalisé depuis une zone d'impact ou à proximité d'un site visé fasse l'objet d'une autorisation écrite préalable.

Les journalistes qui enfreindraient ces directives s'exposent à des poursuites, tandis qu'une législation d'urgence prévoit jusqu'à cinq ans de prison pour la diffusion de vidéos non autorisées, notamment sur les réseaux sociaux.

L'armée justifie ces restrictions par des raisons opérationnelles. L'objectif affiché est d'empêcher les diffusions en direct susceptibles d'être exploitées par les services de renseignement iraniens pour ajuster leurs tirs. Les caméras fixes des agences de presse ou les images diffusées en temps réel pourraient en effet fournir des indications précieuses sur la précision des frappes et sur l'emplacement exact des impacts.

Contrôler le récit

Mais sur le terrain, cette politique se traduit par un contrôle très strict de l'information disponible. Les images des destructions et des dégâts provoqués par les missiles iraniens ou les roquettes tirées depuis le Liban sont rares, et les informations communiquées au public apparaissent fortement filtrées. Plusieurs observateurs estiment que ce verrouillage contribue à maintenir un récit officiel mettant en avant l'efficacité du système de défense israélien et le succès des opérations militaires en cours.

La situation complique également le travail des journalistes. Au-delà des contraintes administratives, les reporters doivent désormais faire face à un climat de tension croissante. Dans certains cas, des militants d'extrême droite ont pris pour cible des équipes de presse venues couvrir les sites de frappes, notamment dans la région de Tel Aviv, accusant les médias de nuire à l'effort de guerre.

Cette gestion très encadrée de l'information rappelle, pour plusieurs analystes, la stratégie adoptée lors de la guerre dans la bande de Gaza, où les journalistes étrangers avaient été largement empêchés d'entrer dans l'enclave palestinienne. Là aussi, le flux d'images et d'informations était strictement contrôlé, alimentant les accusations de propagande de guerre et de récit unilatéral du conflit.

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