12/03/2026 mondialisation.ca  17min #307452

Le pouvoir occidental s'enveloppe d'opacité mais exige une totale transparence de ses sujets

Par  Dominique Muselet

Plus je m'instruits et réfléchis sur les différents modes de gouvernement possibles et imaginables, plus il me semble que la principale caractéristique de la démocratie libérale occidentale est l'hypocrisie. Depuis sa création, elle avance masquée, pour tromper les peuples qu'elle administre sur ses méthodes et ses objectifs, puisqu'il s'agit d'une plutocratie qui prétend représenter le peuple alors qu'elle est au service des riches et des puissants. Bien sûr les dirigeants, chefs, souverains, dictateurs, etc., ont toujours menti et manipulé mais jamais il me semble, cela n'était devenu un mode de gouvernance à part entière comme dans nos belles républiques démocratiques. L'ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo, s'en est même vanté : " Nous avons menti, triché et volé. On a été entièrement formés pour ça."

Evidemment, le droit de mentir, tricher et voler est réservé aux puissants, et leur impunité s'accompagne nécessairement de toujours plus de surveillance, de répression et de violence contre le petit peuple, afin de le maintenir, à tout prix, dans l'ignorance et l'obéissance.

En ce qui me concerne, cela a marché, et j'ai cru grosso modo leurs mensonges jusqu'à ce que je prenne du recul en allant vivre à l'étranger et là, j'ai compris que je m'étais fait manipuler pendant près de quarante ans, comme la plupart de mes concitoyens dont la grande majorité se laisse, hélas, toujours manipuler, il n'y a qu'à voir la russophobie, l'iranophobie, la sinophobie galopantes en Occident...

Le brouillard de la guerre

"Le Pentagone ment et il faut le savoir lorsqu'il publie des nouvelles" affirment  Mercouris et  Larry Johnson. Il ment notamment sur les pertes en hommes et en matériel.

En occident, on assiste en effet, comme le note  Philippe Grasset, "à une dissimulation massive des autorités de la réalité. Les Israéliens ont pris des mesures de répression draconiennes pour limiter au maximum la diffusion de vidéos montrant les dégâts causés par les attaques iraniennes dans les villes israéliennes. Cette mesure contraste évidemment avec l'abondance du flux de vidéos montrant les dégâts causés à Téhéran par les bombardements".

 Une épaisse fumée s'élève des installations de stockage de pétrole à la périphérie de Téhéran à la suite d'une frappe israélienne.

Pour trouver un peu de vérité il faut, comme d'habitude, s'informer sur les sites alternatifs déjà lourdement censurés ou sur les réseaux sociaux qui le seront bientôt encore plus, avec la suppression de l'anonymat qui les frappera en septembre prochain dans l'UE qui ne supporte plus aucune contestation ni opposition à son régime totalitaire.

Comme il est presque impossible de connaître la vérité de la situation au jour le jour, pour comprendre ce qui se passe et pourrait se passer, il faut "prendre du recul", comme le conseille  Elena Fritz, et recourir aux articles de fond sur l'évolution des techniques de guerre dans leur ensemble.

Deux articles abordent ce sujet sur  Dedefensa, un qui traite de la fin de l' "air dominance", la domination aérienne dont les Etats-Unis sont particulièrement fiers parce qu'elle leur a permis de raser de la surface de la terre quelques villes ou pays entiers, comme la Corée du nord, ou de lancer des bombes atomiques sur le Japon après qu'il avait pourtant capitulé...

"Le problème est celui des missiles (balistiques, de croisière, drones, etc.) (...) Désormais, la rapidité, la précision, la constante mise à jour, l'efficacité des communications, font craindre qu'un avion de combat soit à coup sûr repéré et menacé d'une destruction très probable. Les missiles bénéficient par conséquent, du point de vue concrètement opérationnel, d'une exceptionnelle capacité destructrice, au sol et dans les airs. De tous les points de vue qu'on considère cette situation, les missiles sont gagnants. Désormais, les avions de combat s'effacent devant les missiles, et leur rôle se limite souvent à tirer leurs propres missiles à partir de zones non exposées aux tirs des missiles adverses."
Et de conclure : "La guerre iranienne, à laquelle participent deux des forces aériennes les plus puissantes du monde (...) connaît une transformation radicale. C'est une rude leçon pour les USA et Israël, deux pays qui ont bâti (au contraire de la Russie) leur puissance sur la dimension aérienne pilotée".

Le  deuxième article reprend une communication d'Elena Fritz : " L'Iran s'attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine". Téhéran, selon elle, cherche à exploiter "les faiblesses structurelles de l'architecture militaire américaine au Moyen-Orient" :

"Téhéran concentre de plus en plus ses attaques sur le niveau sensoriel et infrastructurel de la présence militaire américaine. Cela concerne notamment :
• Les systèmes d'alerte précoce et les radars stratégiques
• Les centres de communication et de transmission de données
• Les capteurs des systèmes de défense antimissile
• L'infrastructure des bases militaires américaines

Ces installations constituent la colonne vertébrale technologique de la puissance militaire américaine dans la région. Sans elles, même des systèmes aussi sophistiqués que le Patriot perdent une grande partie de leur efficacité. La logique opérationnelle peut donc être résumée simplement : l'Iran ne cherche pas à saturer la défense antimissile américaine, mais à la rendre aveugle".

Dans ce cadre "Les bases militaires deviennent un risque sécuritaire", ce qui modifie le rapport de force, d'autant que "cette réalité stratégique ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. Elle est aussi directement valable pour l'Europe".

Lundi soir, le Hezbollah libanais s'est joint à la danse, en ciblant "une station de communications par satellite appartenant à la Division de la cyberdéfense et des communications de l'armée d'occupation israélienne, dans la vallée d'Ella, en Palestine occupée". Selon l'agence de presse iranienne  Tasnim : "le centre Emek est le cœur battant des systèmes de communication par satellite israéliens sur Terre, et que sa mission est d'alimenter les centres de décision en informations. Ce centre possède également des antennes dans plusieurs pays, dont l'Azerbaïdjan, la Hongrie et d'autres pays européens".

Transparence obligatoire pour le petit peuple

L'Europe, ou plutôt l'UE, se comporte de plus en plus comme une puissance occupante avec sa propre population qu'elle veut faire taire à tout prix, tout en essayant, en vain, d'occuper le terrain international.

La dernière opération de censure en date de l'UE et des dirigeants de l'Occident collectif au service du  Corporate Power, est une loi visant à encadrer l'accès aux réseaux sociaux et à imposer des vérifications d'âge strictes. Cela revient à supprimer l'anonymat des posts et des commentaires sur les réseaux sociaux, les derniers espaces de liberté d'expression dont leurs peuples asservis disposent encore.

Si l'on en juge par le grand nombre de vidéos consacrés au sujet par le site d'information  Tocsin au cours des derniers mois, la situation est sérieuse.

Marc-Gabriel Draghi "alerte sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et la mise en place d'un contrôle étatique du numérique au détriment des libertés publiques", dans une vidéo intitulée "Alerte : cette loi va empêcher toute opposition aux présidentielles !" . Pour lui, "c'est une catastrophe totale en termes de liberté d'expression. Macron veut une entrée en vigueur en septembre 2026". Il note que "sur la proposition de loi, les députés ont choisi de suivre le Conseil d'État, qui recommande fortement d'adopter un système de certification validé par l'État...".

Toujours sur Tocsin, Beatrice Rosen dénonce l'extension inquiétante de la notion de "terrorisme" à des opinions politiques ou culturelles, ce qui permettrait, selon elle, "d'assimiler toute dissidence à une menace sécuritaire : si être classé"terroriste"ou"antisystème"conditionne l'accès au portefeuille numérique (banque, sécu, permis, etc.) et au temps de parole médiatique via des autorités comme l'Arcom, alors la frontière entre État de droit et système de contrôle politique se trouve dangereusement brouillée".

Désormais la situation est simple, insiste Beatrice Rosen, "soit vous êtes progressiste, soit vous serez terroriste et quand le terrorisme inclut les opinions antisystème, anti‑LGBT, misogynes ou simplement dissidentes, ce n'est plus de la lutte antiterroriste : c'est un outil pour contrôler le débat public et verrouiller l'espace."

Secret des affaires politico-financières

Cette censure, destinée à protéger la classe Epstein, comme le sud global appelle désormais la caste dirigeante privée-publique compradore occidentale, s'étend aussi à toutes les institutions publiques et privées qui sont pratiquement toutes corrompues jusqu'à l'os. En France, où nous vivons dans une dictature qui ne dit pas son nom, toutes les enquêtes et commissions parlementaires concernant la prédation illimitée d'argent public à laquelle ces parasites de luxe se livrent sans vergogne sont étouffées.

Le  Conseil constitutionnel, un des organes les plus puissants de France avec le Conseil d'État probablement tout aussi gangréné, constitue un cas emblématique de ce détournement de fonds publics, car ses membres, "chargés de faire respecter la Constitution, bénéficient d'un régime de rémunération qui viole les principes qu'ils sont censés garantir" selon une étude, du 21 novembre 2025 publiée sur  l'Essentiel de l'éco, et intitulée " Les salaires indécents des neuf membres du Conseil constitutionnel". Et cela, selon l'auteur,  Etienne Delattes, malgré les innombrables recours des Contribuables associés et un rapport parlementaire de décembre 2024 qui met en évidence plusieurs pratiques illégales :

  • Les rémunérations versées sont plus de deux fois supérieures à celles prévues par l'ordonnance de 1958.
  • Le cumul des pensions permet à certains membres de percevoir l'équivalent de plusieurs mois de traitement en une seule réunion.
  • Aucune base légale n'encadre ce régime, qui n'a jamais été soumis à l'examen du Parlement.
  • Aucun projet de réforme n'a été engagédepuis la première révélation publique de ce dispositif en 2020.

"Le cas de Valéry Giscard d'Estaing est particulièrement révélateur. En 2019, l'ancien président, membre de droit du Conseil, a perçu 179 991 euros bruts pour cinq réunions mensuelles, soit plus de 35 000 euros par réunion. En 2020, il reçoit 165 992 euros bruts pour une seule réunion, cumulant sa dotation d'ancien président, ses pensions et son indemnité de Sage".

Et c'est partout pareil. En ce moment la caste tente de faire taire la  Commission d'enquête sur l'audiovisuel public qui est en train de révéler des abus similaires dans les chaînes d'info publiques-privées.

Pendant que près de 10 millions d'habitants de France métropolitaine vivent  sous le seuil de pauvreté monétaire, soit un taux de pauvreté

de 15,4 %, quelques petits millions de sangsues de haut vol vident les caisses de l'Etat et bradent nos derniers fleurons pour se remplir les poches et celles de leurs maîtres anglosaxons, dans le plus grand secret. Désormais la faillite menace la France.

Pourtant, jusqu'en 1968, date à laquelle de Gaulle a été chassé du pouvoir par les gauchistes atlantistes, les comptes de la France étaient en  équilibre. Depuis, tout s'est détraqué car nos dirigeants inféodés à Washington et à Bruxelles ont constamment fait passer les intérêts de l'UE et des USA, qui se confondent avec le Corporate power, avant les intérêts de la France. Quelques exemples flagrants qui pourtant ne soulèvent, en France, aucune critique, ni regret :

· le cadeau de Pompidou aux banquiers avec la loi Pompidou de janvier 1973 sur la Banque de France, qui a fait passer  l'endettement public de la France de 30,4 milliards d'euros en 1974 (14,5% du PIB) à près de 3.101,4 milliards d'euros en 2023 (soit 110,6% du PIB). Ce qui nous oblige à payer quelque  74 milliards d'intérêts aux banques privées ;

· le cadeau de Hollande aux entreprises avec le CICE et autres  aides aux entreprises privées qui s'élèvent à 211 milliards d'euros par an ;

· l'inflation clientéliste de l' administration française qui a entraîné un surcoût de 84 milliards d'euros ;

· l'inflation de la formation professionnelle, pour diminuer artificiellement le taux de chômage, qui a atteint  46 milliards ;

· les cadeaux de Macron aux milliardaires : suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital, baisse de l'impôt sur les sociétés, exonérations de cotisations sociales sur les hauts salaires, ou encore niches fiscales pour les holdings et les groupes transnationaux. Soit  207 milliards d'euros de manque à gagner pour l'État, sur la période 2018-2023, selon Attac.

Ce ne sont que quelques exemples, et je ne parle même pas de la corruption galopante (la France vient de tomber à la  25e position et "risque de perdre le contrôle de la corruption" selon Transparency international), de l'évasion fiscale, des trafics en tout genre... La liste est sans fin !

Le pouvoir de Big Finance repose largement sur l'anonymat

Pendant que l'UE supprime l'anonymat sur les réseaux sociaux pour les peuples, l'anonymat des détenteurs de capitaux et des réseaux bancaires se renforce.

Comme l'explique Valérie Bugault dans une vidéo intitulée : "La présence d'une banque centrale est-elle compatible avec la souveraineté étatique ? ", c'est précisément cet anonymat, qui permet au Corporate power de contrôler le système financier mondial par le biais du contrôle de la monnaie, depuis notamment la City de Londres qui "contrôle la grande majorité des banques centrales et des paradis fiscaux de la planète".

"La monnaie est devenue un simple actif et a perdu sa valeur comptable neutre d'actif passif. En falsifiant le concept juridique et comptable de monnaies, les banques ont pu corrompre les systèmes politiques et les hommes qui les incarnent de façon à dominer le fait politique (...)
Ce contrôle est réalisé par deux moyens principaux : le contrôle des monnaies par les banques centrales et l'anonymat des capitaux. L'anonymat permet aux banquiers d'organiser un accaparement discret des biens tangibles de cette terre sans soulever la juste indignation que n'aurait pas manqué de provoquer une appropriation ouverte aussi violente. Le contrôle des masses monétaires en circulation a permis le contrôle par corruption du phénomène politique et le développement des moyens légaux d'appropriation des biens.
C'est ainsi que les Etats ont eux-mêmes organisé l'anonymat des capitaux qui permet aux propriétaires des grandes banques de rester anonymes. Ce système intégré favorise et rend possible l'accaparement généralisé des biens par une combination de moyens légaux assumés, lobbying, optimisation fiscale, fusions acquisitions, jeux sur les taux d'intérêt directeur, etc., et de moyens légaux détournés qui relèvent d'un consensus international officieux tels que les paradis fiscaux.
Il n'existe de pouvoir politique que monétairement souverain. Or, du fait des Banques centrales, les hommes politiques et les Etats deviennent une simple relais des intérêts catégoriels des grands banquiers qui règnent sans partage et sans contre-pouvoir sur le monde (...) Les banquiers, qui ont organisé au niveau mondial leur anonymat et le secret de leurs affaires en contrôlant l'affectation des ressources monétaires, décident réellement qui sera riche et qui sera pauvre, aussi bien au niveau des individus et des entreprises que des groupes sociaux économique, des Etats eux-mêmes et plus largement des zones géographiques.
Dans ce contexte, la création de richesse devient artificielle. Elle est pilotée par les banquiers et ne remplit qu'un seul objectif : satisfaire l'insatiable soif de pouvoir et mener le monde vers un gouvernement mondial au pouvoir absolu."

Et si cela ne suffit pas à nous convaincre,  France-Soir, un des derniers journaux indépendants de France et pour cela persécuté par le pouvoir en place, vient de publier, ce 10 mars, la seconde partie de sa grande enquête :  LES LIENS INVISIBLES : comment la finance contrôle la science, la santé et les mœurs pour dominer la société

Conclusion

La situation est en même temps idéale et dangereuse pour les insatiables profiteurs du système : idéale parce qu'ils détiennent tous les pouvoirs et sont donc assurés d'une totale impunité, comme on le voit chaque jour en France et ailleurs, mais aussi dangereuse parce que les populations sauvagement dépouillées, trompées, et réprimées, menacent sans cesse de se rebeller.

Ce qui est bizarre, c'est qu'au lieu de se modérer, ils semblent accélérer la cadence, en nous jetant maintenant, pour cacher leurs détournements, leurs trahisons et leurs exactions, dans des guerres d'agression et des génocides épouvantables, arrosés de mensonges toujours plus déments, ce qui suscite de nouvelles critiques, suivies de nouveaux cycles de répression et de censure, dans un cercle vicieux dont on ne voit pas l'issue pour le moment.

Comment s'en sortir ? J'ai déjà proposé la solution que je juge la meilleure pour conserver sa joie et sa bonne humeur dans un autre article " Créer une société alternative ou disparaître avec le système".

Et, pour finir, avant que les irrévérencieux petits  Films à l'arrache ne soient interdits, profitons d'un de leurs petits derniers...
Célébrons le 8 mars, la journée de la Femme !

Dominique Muselet

Montreuil, le 11 mars 2026

Image en vedette : Capture d'écran. Source  elucid.media

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

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