
par Israël Shamir et Maria Poumier
Nos Maîtres du Discours ont des plans redoutables contre les Occidentaux
Il y a longtemps qu'il n'y avait pas eu un tel manque de consensus en Occident, un tel fossé entre les dirigeants et les masses. En effet, il y avait toujours un certain écart, mais pas un mépris total. Aux États-Unis, le peuple veut la paix, ils ont voté pour Trump parce qu'il avait promis la paix, ils ont voté pour "l'Amérique d'abord", et tout ce qu'ils ont y ont gagné, c'est une nouvelle guerre pour les beaux yeux d'Israël. Tout comme à l'époque de Bush.
Le piège, c'est que les Démocrates ne veulent pas arrêter la guerre contre l'Iran. Ils ne veulent pas autoriser cette guerre extrêmement impopulaire, mais ils ne veulent pas la bloquer non plus. Les donateurs juifs de l'AIPAC veulent absolument cette guerre, et Ro Hanna et Massie sont les deux seuls représentants qui n'acceptent pas leur argent et leurs commandements. Il y a beaucoup d'Américains qui ne veulent pas d'une autre guerre pour Israël ; c'est pourquoi Tucker Carlson est l'influenceur le plus populaire. Mais au Congrès, c'est différent. C'est ainsi que la guerre a commencé. Les deux partis sont très bons pour argumenter en faveur et contre la chirurgie du genre sur les enfants, mais si les Juifs veulent quelque chose, ils l'auront, même si tous les Gentils y sont opposés.
Le jeune et dynamique vice-président américain JD Vance s'est adressé aux Européens à Munich, déclarant : "J'ai été frappé d'entendre un ancien commissaire européen apparaître récemment à la télévision et se réjouir de l'annulation des élections roumaines par le gouvernement. Il a averti que si les choses tournaient mal, la même chose pourrait se produire en Allemagne. Je pense à Bruxelles, où des commissaires européens ont averti les citoyens de leur intention de bloquer les réseaux sociaux en cas de troubles civils, dès qu'ils repéreraient un contenu jugé haineux. Ou encore à ce même pays où la police a mené des perquisitions chez des citoyens soupçonnés d'avoir publié des commentaires antiféministes en ligne, dans le cadre de la lutte contre la misogynie sur Internet".
Je me tourne vers la Suède, où, il y a deux semaines, le gouvernement a condamné un militant chrétien pour avoir participé à des autodafés de Corans qui ont entraîné la mort d'en de ses amis. Et comme l'a fait remarquer de manière glaçante le juge, les lois suédoises censées protéger la liberté d'expression n'accordent pas, en réalité, un "laissez-passer" pour faire ou dire n'importe quoi sans risquer d'offenser le groupe qui professe cette croyance.
Le vice-président Vance a fourni quelques exemples supplémentaires dans son excellent discours, débordant d'"injures" et d'"insultes" selon les termes de la presse européenne. On peut en conclure que l'Europe se trouve à un tournant historique.
L'heure est venue d'un changement radical de cap politique pour la bureaucratie bruxelloise, et le premier devoir est de raviver le mouvement pour la paix, si présent durant la guerre du Vietnam et qui fait cruellement défaut aujourd'hui. Quiconque appelle à la paix sera immanquablement qualifié d'"agent de Poutine" et diffamé dans les médias.
Ne demandez pas pour qui sonne le glas, il sonne pour nous. La guerre perse et la précédente, la guerre en Ukraine, s'avèrent être des guerres contre l'Europe. Cette triste vérité émerge désormais dans toute sa laideur. Notre civilisation reposait sur des carburants et des sources d'énergie plutôt bon marché et disponibles, et tout cela nous a été brutalement retiré. Les prix du pétrole, de l'essence, du fioul et du diesel augmentent, nous appauvrissant chaque jour. Cela s'est fait étape par étape. D'abord, le pétrole et le gaz russes, bon marché et abondants, ont été coupés. Et l'étape suivante, après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran et les ripostes défensives iraniennes, c'est que le pétrole et le gaz du golfe Persique nous sont désormais interdits. Avec ces évènements, nos prix alimentaires augmentent à grande vitesse. Les médicaments, engrais et articles synthétiques suivent la tendance. Ils disparaissent, ou deviennent plus chers.
Et c'est ainsi que s'est enclenchée la guerre contre l'Europe. Pratiquement tous les dirigeants européens se sont opposés aux peuples européens, dans la mesure où ils ont embrayé sur des guerres voulues par d'autres, en y rajoutant une couche de propagande et de sanctions.
Qu'il s'agisse des Travaillistes contre les Conservateurs au Royaume-Uni, de gauche contre droite en Allemagne ou en France, ils ont tous été tenus d'approuver la guerre en Ukraine, et maintenant, sous la menace, la Guerre de Pourim.
Les partis opposés à la guerre ne sont pas autorisés à accéder au pouvoir, c'est une règle valable pour toute l'Europe. La Dame de fer, Ursula von der Leyen, présidente non élue de la Commission européenne, dirige le vieux continent comme une reine d'antan. La pauvre Marie-Antoinette était moins dissuasive. Le plus grand parti d'Allemagne, l'AfD, n'a pas le droit d'accéder au pouvoir, quel que soit le vote du peuple. En Roumanie, le candidat vainqueur à la présidence a été exclu et écarté. Il est interdit à la candidate de droite à la présidence de la France, Marine Le Pen, de se présenter. En Angleterre, le seul homme politique de premier plan qui se battait pour la paix, Jeremy Corbyn, a été écarté du pouvoir par la calomnie de l'antisémitisme, et un Starmer shabbat-goy a été intronisé à sa place.
Ursula se moque pas mal du bien-être des Européens - elle est totalement obsédée par sa passion : causer des dégâts à la Russie. L'industrie européenne a été endommagée dans le processus, mais elle s'en fiche, si cela contribue aussi à ravager la Russie. Tout l'argent qu'elle peut rafler se retrouve investi dans la guerre en Ukraine.
Les Européens font face à une crise majeure, à un effondrement de l'industrie et aux problèmes de chauffage. Et c'est la grande réussite d'Ursula et de son équipe. Les décisions funestes des dirigeants nous ont menés au bord de la catastrophe. La guerre de Pourim renforce le désastre, et cela nous saute aux yeux. Si l'impératrice Ursula interdit le pétrole russe, le Trumperator interdit le gaz russe. L'Iran attaqué a fermé le détroit d'Ormuz menant au golfe Persique. Cela appauvrit déjà les Européens, alors que la guerre est encore jeune.
Même si les Européens ne peuvent pas se débarrasser de Trump, ils peuvent certainement renvoyer leur impératrice non élue chez elle, avec l'idiote Kaja Kallas, car désormais, la guerre en Ukraine suscite un rejet croissant contre les plans de dévastation concoctés à Bruxelles.
Le moment est venu pour un changement radical de la politique poursuivie par la bureaucratie de Bruxelles, et notre premier devoir est de raviver l'immense élan du mouvement pour la paix, qui était si important pendant la guerre du Vietnam et qui manque cruellement de nos jours. Quiconque appelle à la paix sera certainement qualifié d'"agent de Poutine" et diffamé dans les médias unis pour la guerre.
Les Européens ont déjà vécu une situation semblable par le passé. Le continent, au XVIe siècle, s'abritait sous l'ombre profonde de la maison de Habsbourg, de l'Espagne à l'Autriche, tandis que l'Église catholique servait d'outil aux globalistes. Charles de Coster avait écrit sur cette époque dans sa Légende d'Ulenspiegel en 1830. Ensuite, les partisans de l'indépendance de l'Europe du Nord furent décrits comme des agents du sultan ; alors, au lieu de débattre, les rebelles levèrent la bannière avec le Croissant et le slogan "Plutôt Turcs que Papistes". Ils se faisaient appeler les "Mendiants" (en néerlandais Geuzen, ou les Gueux). Peut-être est-il maintenant temps de rappeler ces évènements, et de brandir le slogan "Plutôt Poutine qu' Ursula". Et le nom de Gueux convient aux rebelles modernes, car cette course aux guerres va nous appauvrir tous, c'est en bonne voie. On voit des élans de colère en Europe, mais ils cherchent encore leur nom. Les Gilets jaunes français aussi se targuaient d'être les gueux, mais nous devrions trouver un nouveau nom pour tous les Européens, unis par leur histoire commune basée sur une ethnie commune, une culture commune, une histoire chrétienne commune.
Certains ont décidé de choisir MEGA "Make Europe Great Again". Alors que les créateurs du MAGA aux États-Unis ont trahi ce nom, et cela amorce un tournant. Ils visent à restaurer la souveraineté nationale, à rejeter les politiques d'"ouverture des frontières" motivées idéologiquement, et l'agenda du "politiquement correct, du "wokisme" : et surtout il veulent s'accrocher à la paix.
L'alimentation artificielle de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, la mise hors-la-loi et la diabolisation de la paix
Les efforts pacifiques pour mettre fin à la guerre se heurtent au projet de diviser l'Europe et de l'éloigner de l'élan populiste du MAGA originel, et surtout de la Russie. - MEGA plaide pour une Europe unie qui inclurait tous les peuples, y compris Russes, Ukrainiens et Biélorusses. Au lieu de prolonger inutilement la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, il est urgent de soutenir les efforts de paix, au lieu de brûler des trillions de dollars dans la militarisation de l'Europe pour soutenir l'Ukraine et l'approvisionner en équipements militaires, tous les efforts devraient être dirigés vers le renforcement des services frontaliers, y compris avec les forces navales, pour consolider le pourtour de l'Europe. Et aussi vers la protection sociale des peuples d'Europe. Que les Européens aient de meilleures retraites et du gaz moins cher, au lieu de subventionner des WC en or pour Zelensky ou d'envoyer davantage d'armes à Israël.
Keir Starmer, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont été accusés lors de la deuxième conférence de fondation de MEGA à Bruxelles de sacrifier les intérêts nationaux à l'agenda mondialiste, qui comprend une migration incontrôlée, la priorité donnée aux droits des communautés LGBT, et l'abandon des méthodes diplomatiques de résolution des conflits sanglants au cœur de l'Europe. En Angleterre, en Allemagne et en France, les cotes de Starmer, Merz et Macron chutent rapidement parce que ces politiciens préconisent des coupes dans les dépenses sociales en raison des engagements internationaux croissants de leurs pays, principalement pour fournir une assistance financière et militaire à l'Ukraine. Pendant ce temps, selon les données sociologiques, en Allemagne, par exemple, environ 62 pour cent de la population constate une augmentation de l'injustice sociale dans la société allemande, et le pourcentage de personnes préoccupées par les disparités et la pauvreté ne fait que croître.
MEGA vise à créer une fédération d'États européens indépendants au lieu d'une UE bureaucratique, dont la politique intérieure se borne à réprimer la dissidence et les libertés pour protéger la bureaucratie de Bruxelles, et dont la politique extérieure vise à maintenir à flot des États pseudo-démocratiques dont les gouvernements sont essentiellement des marionnettes des euro-globalistes. En somme, comme dit France-soir, "le retour au bon sens".
Le Premier ministre hongrois Orbán et le Premier ministre slovaque Fico sont devenus des symboles du défi au modèle qui anime la société européenne. En France, il y a un homme de bien, Florian Philippot, qui s'efforce d'agir en ce sens, et il bénéficie du soutien total de Philippe de Villiers "le Vendéen". Son parti, appelé Les Patriotes, est né du combat pour la liberté face au contrôle mondial prévu par les Schwabistes sur la santé, sur les esprits et sur notre mobilité, en manipulant la surprise et la peur de la peste covidique. Des scientifiques honnêtes et des combattants indépendants contre le projet criminel de Pfizer visant à affaiblir les populations du monde entier ont développé une véritable guérilla commune contre le projet d'un Nouvel Ordre Mondial totalitaire. L'unité sur le champ de bataille pour la défense de nos vies s'est faite sur le tas, dans la bataille pour le bien commun, sans aucune barrière idéologique. Le Dr Raoult, grande figure médicale de gauche de Marseille, refusant d'obéir à Macron, a découvert ce qui était inconcevable pour lui : il était attaqué en tant que conspirationniste, et il a été chassé comme un malpropre de son poste prestigieux !
Les lois sur les discours de haine adoptées par le Parlement européen et les restrictions à la liberté d'expression dans l'UE, telles que la loi sur les médias et services numériques, signifient que personne ne peut plus ou n'a plus le droit de s'exprimer librement. L'Union européenne est en train de se transformer en une dictature "politiquement correcte", où, sous le prétexte de protéger la démocratie, seule l'opposition contrôlée est tolérée dans le cadre de "débats encadrés".
- MEGA n'est pas un vassal de l'Amérique ou de la Russie, ni un appendice du MAGA trumpien, mais plutôt un mouvement national et patriotique émergent qui appuie là où ça fait mal, sur les points faibles de l'Europe et dit la vérité sur les excès de l'immigration de masse et la campagne ratée d'imposition du multiculturalisme à l'échelle de tout le continent. En somme, comme dit France-soir, "le retour au bon sens".
- Le Réseau européen des Patriotes, qui organise des rencontres dans les capitales européennes, joue un rôle important dans la promotion des idées patriotiques sur le continent européen. Il a organisé un évènement à Bruxelles, auquel ont assisté • l'ancien membre du Congrès américain et chef de la Western Civilisation Foundation, Steve King • le député américain Brian Babin • l'Allemande membre du Parlement européen (AfD) Irmhild Bossdorf • le dirigeant du parti tchèque (PRO) Jindřich Rajhl • le président du parti roumain (AUR) George Simion • le président de l'AAESA d'Espagne Enrique Ravello • le leader du parti belge flamand, Philip Dewinter • le député belge Sam van Rooij • le député belge Frederik Erens • la sénatrice belge Anke Van Dermersch • Barbara Bonte, membre du Parlement européen • Johan Deckmyn, membre de l'Assemblée Parlementaire de l'OTAN. Les participants à la conférence ont lié le problème de "l'islamisation de l'Europe" au conflit armé dévastateur en Ukraine, qui a "fêté" son quatrième anniversaire en février.
C'est encore plus pertinent concernant la guerre contre l'Iran, car elle enverra fatalement des millions de réfugiés musulmans en Europe. Les intervenants ont noté que les efforts pour mettre fin aux combats ont été à plusieurs reprises sapés par Keir Starmer, Emmanuel Macron et Friedrich Merz. Les participants ont critiqué à plusieurs reprises les dirigeants de l'UE, en particulier Ursula von der Leyen, pour leur attitude contre-productive.
Or dès à présent, de petites mesures concrètes peuvent être prises pour restaurer l'identité perdue de l'Europe dans le cadre du programme MEGA, et surtout pour mettre fin au financement de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient.
L'alimentation artificielle de la guerre en Ukraine, ainsi que la diabolisation et la stigmatisation des efforts pacifiques visant à mettre fin à la guerre, concourent pour diviser l'Europe et à créer un fossé entre l'Europe, les États-Unis et la Russie.
Les dirigeants actuels de l'Europe - Macron, Merz et Starmer, qui s'est aligné avec eux - mettent des bâtons dans les roues non seulement du processus de paix en Ukraine, mais aussi des relations avec la Chine. La seule issue à cette confrontation 'souterraine' est un basculement dans l'élite dirigeante européenne. Ils doivent être remplacés par des représentants des cercles patriotiques nationaux.
Car l'attaque barbare israélienne contre l'Iran rend manifestes les profondes erreurs stratégiques des Maîtres du Discours, et nous montre comment utiliser le retour de boomerang offert par l'Iran à la surprise générale, pour la libération des Européens.
Pour une mobilisation populaire sans frontières
Qui en Europe pourrait soutenir un mouvement de paix très large réunissant les Européens derrière le slogan "Rendre l'Europe Grande à Nouveau") ? Les revers subis par Trump et Netanyahou dans leur guerre contre l'Iran marquent un tournant merveilleux-à la fois émotionnel et stratégique-dans chaque pays européen. Il est déjà remarquable que les partis au pouvoir refusent de céder aux exigences du lobby supposément invisible, même s'ils avaient été facilement et unanimement convaincus d'envoyer des armes et des fonds publics en Ukraine, en attendant d'envoyer gaiement nos enfants à la mort là-bas (c'est Florian Philippot qui a su donner tout son retentissement aux déclarations du général Mandon, chef d'état-major français).
Les arguments en faveur de l'isolationnisme européen sont variés, et s'additionnent :
- Les populistes ne veulent pas alimenter une nouvelle vague de réfugiés fuyant l'Iran, le Liban, etc. S'ils sont cohérents avec eux-mêmes, ils doivent défendre l'idée d'une Europe englobant l'Ukraine et la Russie, comme le voulait De Gaulle. Ils ne se reconnaissent pas comme des "fascistes" fourbissant les armes de la tyrannie, comme les accable l'extrême gauche, ils croient en la démocratie.
- Les antifascistes demandent le respect du droit international et veulent rétablir l'autorité de l'ONU dans le cadre d'un véritable mouvement anti-impérialiste. En France, Mélenchon, un politicien particulièrement habile, vise à séduire le vote arabo-musulman, la petite bourgeoisie, les citadins prudents mais romantiques, et le "prolétariat diplômé du lycée", comme le disait Dostoïevski : les universités et la jeunesse embrassent ces idéaux enracinés dans une forme sécularisée du christianisme. Ils n'ont nullement l'impression de détruire notre âme collective, comme l'extrême droite les accuse de le faire, en défendant les civils innocents de Gaza.
En France, Jean Jaurès savait comment combiner patriotisme et pacifisme, et il reste un point de référence pour tous les secteurs politiques, car il avait été assassiné en essayant de prévenir la Première Guerre mondiale, cette stupide guerre fratricide entre l'Allemagne et la France. À noter qu'il y a quelques personnes quand même pour vitupérer contre son "antisémitisme"...
- Le président Macron se présente comme anti-sioniste et pacifiste pour regagner un niveau minimum de popularité, sachant que personne n'osera s'opposer à lui en ce moment sur ces questions, au point qu'il ne craint plus un front organisé contre lui ; avec sa nouvelle démagogie, il désamorce la révolte contre son adhésion enthousiaste au clan Epstein. Mais comme le dirait Trump, sur la scène internationale, les postures de Macron n'ont aucune importance, et personne n'oublie qu'il a été le premier Européen à préparer l'opinion publique au plan consistant à envoyer notre jeunesse mourir en masse en Ukraine.
Aussi opportunistes, autocensurés, incohérents et vacillants que puissent être les arguments officiels de chaque secteur contre la guerre pour l'atomisation de l'Iran, le peuple peut, en ce moment unique, prendre l'isolationnisme des différents leaders d'opinion au pied de la lettre et les obliger à construire conjointement un front pacifiste sur l'ensemble de l'Europe.
Le pays leader en Europe en ce moment est l'Espagne, exemplaire dans sa politique étrangère : elle applique déjà un embargo sur les armes contre l'impérialiste USraélien, dans une fidélité remarquable à l'histoire diplomatique de l'Espagne remontant au moins au XVe siècle. Le soutien populaire unanime à cette position ferme et pacifiste ramène à des proportions secondaires la rhétorique (qui pourrait inciter à la guerre civile) que les "anti-fascistes" et les supposés fascistes, l'extrême droite et l'extrême gauche, opposent les uns aux autres.
La menace d'une guerre nucléaire terrifie à juste titre les Européens : c'est le moment ou jamais de lancer des initiatives de paix à l'échelle du danger - une échelle qui englobe toute l'Europe.
Et l'Eglise ?
Le Vatican, qui a toujours condamné les armes nucléaires, doit s'exprimer avec force et faire entendre sa voix sur cette question unificatrice en ce moment même. L'Église peut prendre des initiatives œcuméniques et s'affirmer sur la scène diplomatique pour tempérer le zèle belliciste des sionistes chrétiens, des musulmans qui estiment qu'il est de leur devoir immédiat de venger les crimes juifs (sans prendre en compte les effets secondaires de la colère incontrôlée), des Juifs délirants, qui devraient se souvenir du terrible prix qu'ils ont payé en Europe lorsqu'ils se sont laissés emporter par le suprémacisme racial, enveloppé de messianisme mythologique, symétrique du délire d'Hitler obsédé par l'illusion d'incarner un empire allemand mondial.
Nous pouvons désormais, sous la bannière du pacifisme, arrêter la guerre civile qui mijote dans tous les pays occidentaux, entre la gauche et la droite, alimentée par le sionisme, qui spécule toujours sur les guerres horizontales, afin que les gens oublient de mener la guerre verticale contre ceux qui veulent piller notre richesse au profit de prédateurs prétendant posséder le monde, et saigner physiquement les jeunes idéalistes de tout bord pour affaiblir leur capacité d'insurrection.
N'oublions pas la Première Guerre mondiale, celle qui a décimé toute une génération et n'a été rien de plus qu'une guerre civile intra-européenne précipitant l'agonie de l'Europe, comme l'écrivait la philosophe espagnole María Zambrano au printemps 1940 - aussi profondément catholique qu'impliquée du côté républicain (démocrates et gauches diverses, selon la terminologie espagnole), tout comme la philosophe française Simone Weil.
Il est urgent de résister aux tentations de massacres enthousiastes de tous côtés et à toutes les échelles, dans la politique intérieure comme internationale, et nous devons mettre en pratique la foi du poète Hölderlin, qui savait dire que "là où se trouve le danger, là se trouve le salut".
source : Entre la plume et l'enclume