22/03/2026 ssofidelis.substack.com  8min #308521

La posture schizophrénique de Trump nuit aux bonnes relations avec Pékin et Moscou

Par  Larry Johnson, le 22 mars 2026

Tenter de définir la position de Donald Trump vis-à-vis de l'Iran revient à suivre une girouette en plein ouragan... elle tourne frénétiquement tous azimuts. Prenons les déclarations suivantes du président Trump :

  • Vendredi : "Nous pouvons dialoguer, mais je ne veux pas conclure de cessez-le-feu".
  • Plus tard dans la journée de vendredi : Les États-Unis "envisagent de mettre fin" à la guerre avec l'Iran.
  • Tôt samedi matin : Axios rapporte que Trump prévoit "d'éventuelles négociations de paix avec l'Iran".
  • Dernière déclaration : "Si l'Iran n'ouvre pas le détroit d'Ormuz dans les 48 heures, les États-Unis détruiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES".

 Axios a rapporté samedi que l'équipe de Trump s'efforce désespérément de relancer les négociations directes :

"Le président Trump a déclaré vendredi qu'il envisage de  "mettre fin" à la guerre, bien que des responsables américains estiment que les combats dureront encore deux à trois semaines. En attendant, les conseillers de Trump souhaitent jeter les bases d'une initiative diplomatique.

"Les émissaires de Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, participent aux négociations autour d'une éventuelle initiative diplomatique, selon certaines sources.

"Tout accord de fin de guerre devra inclure la réouverture du détroit d'Ormuz, traiter de la question des stocks d'uranium enrichi de l'Iran, et établir un accord à long terme sur le programme nucléaire iranien, les missiles balistiques et le soutien apporté aux mandataires dans la région.

"Il n'y a eu aucun contact direct entre les États-Unis et l'Iran ces derniers jours, bien que l'Égypte, le Qatar et le Royaume-Uni aient tous transmis des messages entre les deux pays, ont déclaré un responsable américain et deux autres sources bien informées. L'Égypte et le Qatar ont informé les États-Unis et Israël que l'Iran souhaite négocier, mais à des conditions très strictes".

Trump continue de nourrir l'illusion qu'il dispose d'un moyen de pression sur l'Iran et que ce dernier est impatient de mettre fin à la guerre. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Après les attaques menées hier par Israël et les États-Unis contre les installations de traitement nucléaire iraniennes, l'Iran a riposté lourdement à Dimona, quartier général du programme nucléaire israélien. Notez dans les vidéos suivantes l'incapacité du système de défense aérienne israélien à détruire un missile iranien :

L'Iran maintient une emprise absolue sur le détroit d'Ormuz et continue de lancer des vagues de missiles - au moins trois par jour - sur des cibles dans le golfe Persique et en Israël.

La guerre choisie par Trump en Iran a fait dérailler le sommet prévu avec la Chine, selon Politico. Les préparatifs de la rencontre étaient déjà en cours, mais ils ont désormais été complètement suspendus, sans qu'aucune nouvelle date n'ait été fixée.

Netanyahu n'arrange rien. Lors d'une conférence de presse sur la frappe militaire contre l'Iran, Netanyahu a déclaré :

"Jésus-Christ n'a aucune supériorité sur Gengis Khan. Car si vous êtes assez puissant, impitoyable et influent, alors le mal l'emportera sur le bien".  EADaily

Ses propos ont déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux, en particulier de la part de chrétiens indignés par la comparaison entre Jésus - qu'ils considèrent comme Dieu incarné et "Prince de la Paix" - et Gengis Khan, fondateur de l'Empire mongol du XIIIe siècle dont les armées ont ravagé l'Asie, de la Chine à la Méditerranée.  CP24

Netanyahu a rapidement réagi à cette levée de boucliers. Il a déclaré s'être inspiré du grand historien américain Will Durant, et a ajouté :

"une civilisation moralement supérieure peut néanmoins succomber face à un ennemi impitoyable si elle n'a pas le pouvoir de se défendre. Il n'y avait aucune intention d'offenser".  South China Morning Pos t

Mais les critiques n'en sont pas restés là. Le pasteur luthérien palestinien Munther Isaac, de Bethléem, a déclaré sur X que cette déclaration est "offensante à plusieurs niveaux" - qu'elle ne se contente pas de

"comparer Jésus à Gengis Khan, mais suggère également que la voie de Jésus est ingénue, tandis qu'une approche impitoyable, fondée sur la loi du plus fort, est ce qui permet en fin de compte au bien de triompher du mal".  CP24Il a ajouté que "Netanyahu et ses partisans sionistes chrétiens ridiculisent l'éthique de Jésus".

L'archevêque de Jérusalem s'est également exprimé, affirmant que les "propos incendiaires" de Netanyahu

"reflètent le narcissisme, l'arrogance et un sentiment de domination", et que ses déclarations provocatrices "exigent des réponses de la part des Églises du monde entier".

Pour les non-chrétiens, il faut rappeler ce que Jésus a dit sur la manière de traiter les individus tels que Netanyahu et Gengis Khan... Jésus a enseigné "tend l'autre joue" dans le Sermon sur la montagne, rapporté en Matthieu 5:38-39. Il a dit :

"Vous avez entendu ce qui a été dit : 'Œil pour œil, dent pour dent'. Mais moi, je vous le dis, ne résistez pas au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre joue".

La stupidité de Netanyahu s'illustre dans l'image suivante :

Les manœuvres malveillantes de Trump dans le golfe Persique ont encore davantage sapé les espoirs d'une amélioration des relations entre la Russie et les États-Unis. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a récemment fait plusieurs déclarations depuis début mars 2026 critiquant la politique étrangère américaine et les relations avec la Russie. Ses remarques soulignent son scepticisme envers les intentions américaines, ses accusations d'unilatéralisme et le manque de respect envers les intérêts russes.

  • Dans un extrait d'interview du 21 mars 2026 pour l'émission télévisée "Looking Back" (animée par Leonid Mlechin), Lavrov a exprimé un profond pessimisme quant aux relations bilatérales, accusant les États-Unis de donner la priorité à leur propre domination sur les marchés énergétiques mondiaux et de tenter d'en exclure la Russie. Il a cité les actions menées au Venezuela et en Iran comme exemples où Washington cherche à s'approprier des ressources par des coups d'État ou des agressions, affirmant que les États-Unis "ne se cachent pas" leur doctrine de domination énergétique. Il a décrit le monde actuel comme glissant vers un monde dépourvu de droit international, où les États-Unis déclarent ouvertement ne se soucier que de leurs propres intérêts et de leur propre bien-être, sans égard pour les autres - présentant cela comme un retour à une logique du "tout au vainqueur".
  • Lors d'une table ronde des ambassadeurs sur la crise ukrainienne et les menaces numériques, le 5 mars 2026 (selon les transcriptions du ministère russe des Affaires étrangères), M. Lavrov a appelé à un dialogue approfondi sur la vision américaine du monde et son rôle, s'interrogeant sur la manière dont les événements actuels s'alignent sur les normes précédemment établies. Il a fait remarquer que, bien que les États-Unis prônent la fin des conflits comme celui en Ukraine, ils maintiennent les sanctions et les mesures d'escalade de l'ère Biden (par exemple, contre les pétroliers liés à la Russie), ne montrant aucun changement réel sous Trump.
  • Le 3 mars 2026, Lavrov a souligné "l'absence de clarté" sur les objectifs américains en Iran, qualifiant les frappes américano-israéliennes d'agression et appelant à un arrêt immédiat des hostilités. Il a souligné qu'une médiation significative nécessite de comprendre les orientations des parties, ce qui, selon lui, fait défaut à Washington.
  • Plus tôt en mars (par exemple, dans ses commentaires du 8 mars sur "Moscou. Le Kremlin. Poutine"), il a réitéré la nécessité pour les États-Unis d'expliquer leurs plans et de respecter les normes internationales, proposant une réunion des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU pour traiter des questions mondiales.

Lavrov soutient que la Russie est ouverte à la coopération si celle-ci repose sur le respect mutuel et les intérêts nationaux, mais voit peu de perspectives d'amélioration - en particulier sur le plan économique - en raison des sanctions en cours, de l'hostilité envers les pays des BRICS et de ce qui est perçu comme une quête de domination de la part des États-Unis. Ces déclarations reflètent une ligne russe cohérente : un dialogue prudent est possible, mais la confiance reste faible, et aucun "avenir radieux" n'est envisageable sans évolutions majeures de la politique américaine.

Il semble que les chances de Trump de remporter le prix Nobel de la paix s'amenuisent de jour en jour. Au lieu d'essayer d'apaiser les tensions dans le golfe Persique, Trump a redoublé d'efforts dans la bêtise et l'imprudence :

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com