The Cradle
Le journaliste Steve Sweeney juste avant l'impact du missile israélien
Depuis le début de la guerre en 2023, Israël a régulièrement procédé à l'assassinat délibéré de journalistes libanais
Les médias occidentaux ont passé sous silence la tentative d'Israël d'assassiner le journaliste de guerre britannique Steve Sweeney et son caméraman libanais Ali Rida alors qu'ils diffusaient en direct depuis le sud du Liban le 19 mars.
Les images filmées par Rida montrent Sweeney en train de présenter un reportage sur une frappe israélienne précédente lorsqu'il se rend compte qu'une autre frappe se dirige vers eux. Il se jette rapidement à terre alors que le missile explose en touchant le sol à quelques mètres seulement derrière lui.
The moment Israel targeted British journalist Steve Sweeney in southern Lebanon. pic.twitter.com/sbxhDAK5fI- Lowkey (@Lowkey0nline) March 19, 2026
Sweeney a été soigné à l'hôpital afin de lui retirer les éclats d'obus qui s'étaient logés dans son bras.
Dans son reportage sur cette frappe, la BBC a utilisé le titre suivant : "Un missile tombe à côté d'un présentateur lors d'un reportage en direct depuis le Liban."
Le titre ne mentionnait pas qu'Israël avait tiré le missile, ni ne présentait Sweeney comme un journaliste ou un correspondant de guerre, tout en laissant entendre que la frappe n'était qu'un coup de hasard ou un simple accident.
Le journal The Independent a décrit l'incident de manière similaire, en écrivant : "Un missile a atterri à quelques mètres seulement d'un journaliste britannique alors qu'il réalisait un reportage en direct depuis le Liban."
"Des images diffusées jeudi 19 mars par la chaîne publique russe RT montrent Steve Sweeney, son chef du bureau au Liban, courant se mettre à l'abri alors qu'une explosion se produisait derrière lui", a ajouté The Independent, omettant lui aussi de mentionner qu'Israël été à l'origine de la frappe.
Le Daily Mail, un tabloïd britannique, a reconnu le rôle d'Israël, mais a qualifié de simple "allégation" la déclaration de Sweeney selon laquelle Israël avait tenté de le tuer.
"Le journaliste britannique Steve Sweeney a affirmé qu'Israël avait"tenté de le tuer"lors d'une frappe aérienne ciblée qui l'a blessé légèrement, ainsi que son caméraman", a écrit le Daily Mail.
Le New York Post et CNN ont utilisé des titres similaires, omettant de mentionner la responsabilité d'Israël, tout en reprenant pour argent comptant les affirmations d'Israël selon lesquelles son armée ne cible pas les journalistes dans le corps de l'article.
"Moment de folie : un missile explose à quelques mètres d'un journaliste au Liban", titrait le New York Post.
CNN a écrit : "Une équipe de journalistes échappe de justesse à une frappe dans le sud du Liban". CNN a publié la vidéo mais aucun autre détail sur son site web.
Les reportages de la BBC, de The Independent et du Daily Mail passent sous silence les assassinats délibérés, commis par Israël depuis 2023, de journalistes libanais qui couvraient les crimes de guerre israéliens.
Les attaques visant Sweeney et Rida sont survenues à peine un jour après la mort du journaliste d'Al Manar Mohammad Sherri et son épouse à la suite d'une frappe israélienne brutale sur la capitale libanaise, Beyrouth. Ces événements se sont déroulés dans le cadre d'une série d'attaques meurtrières qui ont fait au moins une douzaine de morts.
Prominent Lebanese journalist and Al-Manar TV correspondent Mohammad Sherri and his wife were reportedly killed in a pre-dawn Israeli airstrike on Beirut's Zuqaq al-Blat district. pic.twitter.com/VclXjKwbYA- The Cradle (@TheCradleMedia) March 18, 2026
Au cours de sa précédente guerre contre le Liban, qui a débuté en 2023 et s'est achevée par un supposé cessez-le-feu en 2024, l'armée israélienne a assassiné trois journalistes libanais lors d'une frappe aérienne alors qu'ils dormaient dans une résidence réservée aux médias, dans le sud-est du Liban.
"La frappe aérienne à 3 h du matin a réduit en ruines le site - une série de chalets nichés parmi les arbres qui avaient été loués par divers médias couvrant la guerre. Des voitures portant la mention"PRESSE"ont été renversées et recouvertes de poussière et de débris, et au moins une antenne parabolique destinée à la diffusion en direct a été totalement détruite", a rapporté l'AP.
Ces frappes ont coûté la vie au caméraman Ghassan Najjar et au technicien de diffusion Mohammed Rida, de la chaîne Al Mayadeen TV, ainsi qu'au caméraman Wissam Qassim, qui travaillait pour la chaîne Al Manar TV, affiliée au Hezbollah.
"Les journalistes pensaient être en sécurité car cette région du sud du Liban ne faisait pas partie de la zone à évacuer définie par Israël", a écritla journaliste de PBS Leila Molana-Allen sur X.
Molana-Allen, qui couvre actuellement l'actualité depuis le Liban, a déclaré que les journalistes avaient communiqué leurs déplacements aux casques bleus de l'ONU afin qu'ils les transmettent à l'armée israélienne.
"Il s'avère que l'armée israélienne a utilisé ces informations pour les bombarder alors qu'ils dormaient tous à l'intérieur", a rapporté Molana-Allen.
Les journalistes libanais travaillaient déjà depuis près d'un an dans l'ombre des assassinats par Israël du vidéojournaliste de Reuters Issam Abdullah, le 13 octobre 2023, et de la journaliste d'Al Mayadeen Farah Omar, de son caméraman Rabih al-Maamari et de leur assistant Hussein Akil, le 21 novembre 2023.
Israeli strike kills two reporters working for Arabic-language news network Al Mayadeen in south Lebanon, the channel reports.
Driver working with them also killed, according to reports. pic.twitter.com/JviwqwHMkK- Timour Azhari (@timourazhari) November 21, 2023
Tous les quatre ont été tués alors qu'ils couvraient l'actualité depuis la zone frontalière entre le Liban et Israël après le début de la guerre entre le Liban et Israël, le 8 octobre 2023, au lendemain du lancement de l'opération "Al-Aqsa Flood" par le Hamas et du génocide des Palestiniens à Gaza perpétré par Israël.
Une enquête de Reuters a conclu qu'Abdullah avait été tué et que six autres personnes avaient été blessées lorsque les troupes israéliennes ont tiré deux obus de char directement sur un groupe de journalistes de Reuters, de l'AFP et d'Al Jazeera qui filmaient dans un espace dégagé situé à un kilomètre de la frontière.
Selon le Comité pour la protection des journalistes, un nombre record de 129 journalistes et professionnels des médias ont été tués dans le monde en 2025, Israël étant responsable des deux tiers de ces décès, dont un grand nombre à Gaza.
The Independant, Le New York Post, Euronews et la BBC adoptent les mêmes codes. Le titre ne mentionne pas qu'Israël a tiré le missile, laissant entendre que la frappe n'était qu'un coup de hasard ou un simple accident
Source : The Cradle

