Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la politique actuelle de l'Iran consiste à maintenir une résistance continue face à l'agression américano-israélienne non provoquée, tout en écartant toute négociation et tout cessez-le-feu en l'absence de garanties nécessaires.
"À l'heure actuelle, notre politique est de poursuivre la résistance, et aucune négociation n'a eu lieu", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne lors d'une interview télévisée mercredi.
Il a réitéré qu'"aucune négociation n'est en cours", exprimant en parallèle des doutes quant à la fiabilité des assurances extérieures.
Araghchi a précisé que des échanges diplomatiques avaient eu lieu au niveau régional, mais que la position de Téhéran était restée inchangée.
"De nombreux ministres des Affaires étrangères de la région ont contacté Téhéran, mais la position de l'Iran est demeurée ferme et fondée sur des principes."
"Les garanties internationales ne sont pas fiables à 100 %", a déclaré Araghchi, évoquant les tentatives de certains pays tiers de jouer les intermédiaires pour mettre fin à l'agression illégale qui a provoqué une riposte décisive de la part de la République islamique d'Iran.
"Grâce à la garantie intrinsèque que nous avons nous-mêmes établie, personne n'osera plus jamais faire la guerre au peuple iranien", a ajouté Araghchi.
Il a rappelé que cette riposte avait impliqué au moins 81 vagues de contre-attaques menées par les forces armées iraniennes contre des cibles américaines et israéliennes sensibles et stratégiques dans la région.
"L'ennemi doit en tirer une leçon durable"
Selon le chef de la diplomatie iranienne, "un cessez-le-feu sans garanties n'est qu'un cercle vicieux qui ne peut que conduire à la répétition de la guerre."
"L'ennemi doit tirer les enseignements nécessaires pour ne plus envisager de nouvelle attaque, et les dommages infligés au peuple iranien doivent être réparés", a-t-il réaffirmé.
"Les bases américaines, un fardeau pour les pays hôtes"
Le haut diplomate iranien a par ailleurs estimé que les récents événements avaient démontré que la présence de bases américaines dans la région compromettait la sécurité des pays hôtes plutôt que de la renforcer.
"Cette guerre a mis en lumière de nombreuses réalités, notamment le fait que les bases américaines n'ont pas garanti la sécurité des pays hôtes ; elles sont au contraire devenues une source d'insécurité", a-t-il affirmé.
Araghchi faisait référence aux frappes menées par les forces iraniennes contre des positions américaines situées dans plusieurs pays de la région- Qatar, Bahreïn, Koweït, Arabie saoudite et Jordanie- en représailles à l'agression et à la collaboration des pays hôtes avec les agresseurs.
"Si ces pays sont touchés, c'est à cause de la présence de ces bases", a-t-il insisté.
Il a adressé un message clair aux pays de la région : "Ils doivent absolument se désolidariser de cette agression américano-sioniste contre le territoire et le peuple iraniens, et se dissocier de cette guerre."
Le ministre a également regretté que certains pays de la région, après avoir assuré qu'ils ne permettraient pas l'utilisation de leur territoire contre l'Iran, soient revenus sur leur engagement. "Il est difficile de croire qu'une telle situation ait pu se produire sans leur accord", a-t-il déclaré.
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"Une riposte qui marque un moment historique pour l'Iran"
Araghchi est revenu sur la dynamique de l'agression et sur la riposte iranienne, au cours de laquelle les forces armées ont tiré des centaines de missiles balistiques et hypersoniques, ainsi que des drones d'attaque contre des cibles hostiles.
Selon lui, l'ennemi n'a pas atteint plusieurs de ses objectifs, notamment la division interne du pays, une victoire rapide ou la rupture de la cohésion nationale.
Il a qualifié la riposte iranienne de "moment historique", affirmant qu'elle avait empêché deux agresseurs dotés de l'arme nucléaire d'atteindre leurs objectifs.
Le triomphe manifeste de la riposte, a-t-il ajouté, se reflétait dans le fait que les agresseurs évoquent désormais la possibilité de pourparlers avec l'Iran, alors qu'ils exigeaient auparavant une "capitulation sans condition".
"Le simple fait qu'ils parlent maintenant de négociations est un aveu de défaite. N'étaient-ce pas eux qui réclamaient une"capitulation sans condition" ? Alors pourquoi mobilisent-ils maintenant leurs plus hauts responsables pour négocier ?" s'est interrogé Araghchi.
Concernant le détroit d'Ormuz, que l'Iran a fermé à ses ennemis et à leurs alliés depuis le début de l'agression à la fin du mois dernier, Araghchi a souligné que cette voie maritime stratégique demeurait ouverte aux pays amis.
"Nous avons autorisé le passage pour certains pays que nous considérons comme amis : la Chine, la Russie, l'Inde, l'Irak et le Pakistan", a-t-il indiqué.
"Il n'y a aucune raison pour que nous laissions nos ennemis franchir le détroit d'Ormuz", a martelé le chef de la diplomatie iranienne.
