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Entrée des forces fédérales somaliennes à Baidoa, le 31 mars 2026
L'armée nationale somalienne a pris, le 31 mars, le contrôle de Baidoa, capitale administrative de l'État du Sud-Ouest, poussant le dirigeant régional Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen à la démission. Cet épisode met en lumière les tensions persistantes entre Mogadiscio et les administrations régionales dans un système fédéral fragilisé.
L'armée fédérale somalienne a pris le 31 mars le contrôle de Baidoa, principale ville de l'État du Sud-Ouest, dans un nouveau développement de la crise politique qui oppose cette région au pouvoir central de Mogadiscio. Située à environ 245 kilomètres au nord-ouest de la capitale, cette ville stratégique abrite des forces internationales de maintien de la paix ainsi que plusieurs agences humanitaires opérant dans une zone touchée par la sécheresse, les déplacements de populations et l'insécurité.
Selon des habitants, les troupes fédérales se sont rapidement déployées dans plusieurs secteurs de la ville. Un notable local a indiqué que Baidoa était désormais calme, tout en décrivant une cité largement désertée après le départ de nombreux habitants, inquiets d'éventuels affrontements entre les forces nationales et les troupes loyales à l'administration régionale.
Dans la foulée, le président de l'État du Sud-Ouest, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, a annoncé sa démission dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, quelques jours seulement après sa réélection pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette décision intervient deux semaines après que son administration a annoncé la suspension de ses relations avec le gouvernement fédéral.
Le différend trouve son origine dans l'opposition de l'administration régionale aux amendements constitutionnels soutenus par le pouvoir central. Le ministère somalien de l'Information a accusé l'ancienne administration du Sud-Ouest d'avoir provoqué une crise politique, affirmant que les forces fédérales avaient été accueillies favorablement à Baidoa.