01/04/2026 ssofidelis.substack.com  7min #309612

Trump en prime time mercredi soir sur l'Iran

A-10 Warthog

Par  Larry C. Johnson, le 1er avril 2026

Que va bien pouvoir raconter Donald Trump sur l'Iran mercredi soir ? Avant d'évoquer trois scénarios possibles, examinons les dernières mesures de Trump sur certains moyens militaires clés (toutes ces informations proviennent de sources ouvertes).

Un escadron supplémentaire d'A-10C Thunderbolt II (Warthogs) a été déployé. Six A-10 du 190e escadron de chasse de la Garde nationale aérienne de l'Idaho ont atterri à la base de la Garde nationale aérienne de Pease, dans le New Hampshire, dans le cadre d'une opération de transit. Le 30 mars, douze A-10 du 107e escadron de chasse de la Garde nationale aérienne du Michigan (Selfridge ANGB) ont quitté Pease à destination de la RAF Lakenheath, au Royaume-Uni (escale de transit fréquente) en deux vols de six appareils. Six autres les ont suivis le 31 mars. Ces 12 à 18 appareils sont en route vers le Moyen-Orient pour renforcer, voire presque doubler, la présence actuelle d'A-10 dans la région.

Des A-10 opèrent déjà en zone de combat (le 75e escadron de chasse expéditionnaire) pour assurer un appui aérien tactique, mener des frappes anti-navires dans le détroit d'Ormuz, intercepter des drones et lancer des frappes côtières. Ce renfort vient soutenir une intensification des opérations à basse altitude contre les navires de la "flotte de moustiques" iranienne, les mines et d'éventuels navires restants, dans le cadre d'une campagne plus étendue.

Escadron d'hélicoptères Apache (AH-64)

Le Commandement central américain a confirmé publiquement mi-mars avoir déployé des hélicoptères d'attaque AH-64 Apache (confirmation officielle le 26 mars). L'unité concernée est l'escadron de reconnaissance aérienne 6-17 (qui relève de la brigade d'aviation de combat de la 4e division d'infanterie et exploite des versions AH-64D/E). Déjà déployé en avant-poste dans le cadre de rotations antérieures, comme lors de l'opération Inherent Resolve, l'escadron a récemment été intégré aux frappes "Epic Fury" contre les bateaux, drones et cibles côtières iraniens sur le flanc sud et dans la zone d'Ormuz.

Plusieurs publications Facebook et vidéos YouTube virales (provenant de comptes tels que "MovieFans.Lich", "Live WWIIIRE" et d'autres pages au contenu sensationnaliste similaire) affirment qu'une "immense flotte de C-17" déploie des escadrons d'hélicoptères Apache aux côtés de troupes, de véhicules blindés et de matériel. Ces publications décrivent "des dizaine" ou "plus de 112 C-17" affluant dans la région, les Apaches étant vantés pour leurs capacités de lutte antichar, d'appui aérien rapproché et de lutte anti-navire sur les terrains côtiers accidentés. Certaines vidéos montrent des images génériques d'Apaches repliés dans les soutes des C-17 ou d'équipages entièrement féminins s'activant rapidement.

Des publications provenant de comptes X axés sur l'OSINT (comme @TheIntelFrog, @Faytuks, @JewishWarrior13) décrivent en détail des dizaines de vols de C-17 depuis la mi-mars (par exemple, environ 35 à 50 vols suivis entre le 12 et le 24 mars, et d'autres sont en cours) au départ de bases telles que Fort Bragg/Pope AAF, Fort Campbell, Hunter AAF et McChord AFB. Les destinations comprennent Ovda (Israël), des bases jordaniennes (King Faisal, King Hussein) et d'autres bases du CENTCOM. Ces vols sont associés à des renforts de troupes (notamment des éléments de la 82e division aéroportée) et aux forces d'opérations spéciales, certains utilisateurs spéculant ou affirmant que des hélicoptères d'attaque comme les Apaches font partie du matériel lourd transporté par avion. Une analyse a relevé des liens avec des unités disposant de moyens aériens, comme le 160e SOAR (qui exploite des hélicoptères, bien qu'il s'agisse principalement de MH-6/MH-60 plutôt que d'AH-64).

Ce nouveau déploiement s'inscrit dans la logique d'une option militaire impliquant un appui aérien rapproché et/ou des attaques contre des patrouilleurs rapides et des drones aquatiques iraniens.

Alors, que va annoncer Trump ?

  • Option 1 - Déclarer que les négociations avec l'Iran par l'intermédiaire de tiers (par exemple, le Pakistan) progressent et que les États-Unis vont cesser les opérations offensives contre l'Iran pour favoriser les négociations et parvenir à une résolution pacifique.
  • Option 2 - Déclarer que la victoire est acquise et que les forces américaines commenceront à se retirer de la région, avec l'incertitude quant au statut du détroit d'Ormuz.
  • Option 3 - Annoncer une opération aérienne et terrestre de grande envergure pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.

Le déploiement des A-10 et des Apaches ne peut signifier que deux choses : depuis le lundi 30 mars 2026, le président Donald Trump a fait plusieurs déclarations publiques sur l'opération "Epic Fury" en cours contre l'Iran, principalement via des publications sur Truth Social, des interviews (notamment avec le New York Post) et des déclarations aux journalistes. Ses déclarations soulignent les succès militaires américains, la menace d'une nouvelle escalade si les exigences de Washington ne sont pas satisfaites, des critiques envers les alliés, ainsi qu'un éventuel retrait à court terme de l'implication directe des États-Unis.

  1. C'est une démonstration de force destinée à faire pression sur l'Iran pour qu'il revienne à la table des négociations.
  2. Les États-Unis s'apprêtent à lancer une attaque massive contre les cibles iraniennes dans le golfe Persique, en particulier dans et autour du détroit d'Ormuz.

Lundi, Trump a décrit l'Iran comme étant de fait "décimé" ou "anéanti", avec son armée de l'air, sa marine et de nombreux navires coulés ou détruits. Il a présenté la campagne comme un franc succès et "bien en avance sur le calendrier", tout en continuant à mettre en avant les frappes contre des "cibles convoitées de longue date". Il a partagé sur Truth Social des images vidéo d'une explosion massive et de déflagrations secondaires à Ispahan (liées aux frappes sur des sites censés abriter de l'uranium ou des installations militaires), sans autre commentaire supplémentaire.

Trump a également indiqué que les États-Unis sont engagés dans des "pourparlers sérieux avec une nouvelle autorité plus raisonnable" pour mettre fin aux opérations. Il a averti que si le détroit d'Ormuz n'est pas "immédiatement rouvert au trafic" et qu'un accord n'est pas conclu rapidement, les États-Unis "anéantiront complètement" les centrales électriques, les puits de pétrole, l'île de Kharg et éventuellement les usines de dessalement de l'Iran. Il a présenté ces propos comme la conclusion du "charmant séjour" des États-Unis en Iran. Dans des commentaires ultérieurs, il a laissé entendre que les États-Unis pourraient riposter aux actions iraniennes "vingt fois plus durement" par "la mort, le feu et la fureur".

Dans l'ensemble, les messages de Trump depuis le 30 mars combinent un triomphalisme sur les réalisations américaines, des menaces d'escalade concernant le détroit d'Ormuz et les objectifs énergétiques, sa frustration vis-à-vis des alliés, et enfin des signaux de désescalade avec un calendrier serré pour réduire l'implication américaine. Ces déclarations ont influencé la réaction des marchés (comme le cours du pétrole et les actions) et suscité des réactions des autorités iraniennes et observateurs internationaux.

Les remarques de Trump depuis lundi ont boosté la confiance des acteurs de Wall Street et contribué à une forte hausse du marché boursier, le Dow Jones gagnant 1 125 points. Le prix du Brent a chuté de 118 à 103 dollars [101,74 le 1er avril à 10:45] lors des échanges de mardi. Ce qui signifie que les acteurs financiers pensent que la guerre va prendre fin.

Trump mise, selon moi, sur de potentielles concessions de l'Iran face au déploiement supplémentaire de ressources aériennes américaines. Netanyahu aurait déclaré que l'Iran ne représente plus de menace pour l'existence d'Israël... Un revirement spectaculaire si cette information est avérée. Cependant, au cours des dernières heures, Israël et les États-Unis ont lancé une vague massive d'attaques à travers l'Iran. Ils ont frappé plusieurs quartiers de Téhéran, ainsi que dans les villes de Karaj, Shahriar, Ahvaz, Shiraz, Abadeh, Ispahan et Bandar Abbas. L'Iran ripostera énergiquement à ces dernières attaques.

En bref, Donald Trump devrait annoncer une offensive majeure pour tenter de forcer l'Iran à assouplir son emprise sur le détroit d'Ormuz... Cette offensive va échouer et la guerre s'intensifiera, à moins que les États-Unis et Israël n'acceptent deux exigences iraniennes cruciales : la levée de toutes les sanctions et le retrait des bases militaires américaines des pays arabes du golfe Persique.

La Russie et la Chine sont les deux jokers susceptibles de changer le cours de la guerre actuelle. Si elles s'engagent et exercent une pression sur le front diplomatique - notamment en offrant des garanties de sécurité solides à l'Iran - Donald Trump pourrait décider d'opérer un retrait.

Qu'en pensez-vous ?

Traduit par  Spirit of Free Speech

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