
Par Gman pour I Fucking Love Australia, le 1er avril 2026
Le reste du monde se fout royalement de vous. On dirait un môme de 9 ans qui menace de fuguer, mais qui fait demi-tour arrivé au coin de la rue parce qu'il a oublié de prendre son goûter.
Donc Marco Rubio est là, sur le tarmac, à fixer son téléphone comme le type qui vient de découvrir que sa femme a changé le mot de passe Netflix, en annonçant au monde entier que les États-Unis pourraient quitter l'OTAN.
Pourraient quitter l'OTAN.
L'alliance militaire qui a évité à l'Europe de se transformer en remake de ses deux pires films depuis 75 ans. Celle que l'Amérique a littéralement construite. Où les soldats américains sont toujours stationnés. Et cette administration la traite comme un abonnement à la salle de sport qu'elle a oublié de résilier.
C'est d'ailleurs tout à fait ça. On dirait un gamin de 9 ans qui met une chaussette et un Fruit Roll-Up dans son sac à dos, qui tape du pied jusqu'à la porte d'entrée en hurlant "JE PARS ET JE NE REVIENDRAI JAMAIS". Il arrive au coin de la rue. Il s'arrête. Il se rend compte qu'il a oublié son goûter et fait demi-tour comme si de rien n'était. Voilà la politique étrangère de l'administration Trump. C'est tout. Rien de plus.
Et vous savez quoi ? Allez-y. Foutez le camp. Faites vos valises. Et laissez les clés sur le tableau. Parce que je vais vous révéler un petit secret, chers Washingtoniens : le reste du monde en a ras-le-bol.
On n'oublie pas l'Amérique, que ce soit bien clair. On aime encore le concept de l'Amérique. La Constitution, le jazz, l'alunissage, l'époque où vous faisiez semblant de vous soucier de la démocratie, le temps de quelques décennies. C'était beau. Du grand art.
Mais cette administration ? Ce foutu cirque ? On n'en peut plus.
Le reste de la planète est pour l'essentiel assis à la table des grands, tapotant des doigts, regardant l'horloge. Dans l'attente. Dans l'attente que le cholestérol fasse son devoir patriotique, ou que quelqu'un au Congrès trouve enfin le courage de destituer ce connard, ou que le mandat s'achève enfin, avec un peu de chance, comme une carte SIM prépayée douteuse.
Car voici ce que personne à la Maison Blanche ne semble comprendre : vous ne faites plus peur à personne. Vous ne négociez pas. Vous ne jouez pas aux échecs en 4D. Vous êtes cet ivrogne du pub qui n'arrête pas de clamer à la cantonade qu'il est sur le point de partir, mais qui ne décolle pas parce qu'il n'a pas encore fini son show.
Sortir de l'OTAN. Bien sûr, mon gars. Vous n'arrivez même pas à sortir d'une conférence de presse sans vous contredire au moins trois fois. Vous ne sortiriez pas d'un sac en papier même si on vous faisait un croquis et qu'on vous offre les ciseaux.
Le reste du monde admirait autrefois l'Amérique. Aujourd'hui, on regarde l'Amérique comme on regarderait un pote qui se pointe en short de surf à un enterrement. On s'intéresse toujours à vous. Mais bon sang, voyez la réalité en face.
Les dirigeants européens viennent d'apprendre la nouvelle, et vous savez ce qu'ils ont fait ? Ils n'ont pas paniqué. Ils se sont envoyés un SMS collectif pour se dire : "Alors, on va se débrouiller sans eux ?" Parce que voilà où nous en sommes. Le plan d'urgence n'est pas de "faire plaisir aux États-Unis". Le plan d'urgence, c'est "contourner le problème jusqu'à ce que les adultes remettent de l'ordre dans tout ça".
L'OTAN sans les États-Unis, c'est toujours 30 pays dotés de démocraties qui fonctionnent vaguement, d'un système de santé universel qui certes se délite, et de dirigeants à peu près capables de tenir un verre d'eau d'une seule main. Ils s'en sortiront très bien. Est-ce que ce sera plus difficile ? Évidemment. Est-ce que ce sera plus calme ? Sans aucun doute.
Et pendant ce temps-là, Trump se dit que menacer de quitter l'OTAN est un moyen de pression. Il croit que le monde frémit. Mais non, le monde s'en moque. Parce qu'on se fiche royalement d'eux, et qu'on regarde le show parce qu'on a déjà payé le billet et qu'il n'y a rien d'autre à voir sur les autres chaînes.
Alors allez-y. Menacez de quitter l'OTAN. Menacez de quitter l'ONU. Menacez de quitter le système solaire, on s'en fout. Nous autres, on sera là. On fera tourner la boutique. On fera du commerce ensemble. On construira des choses. On dirigera nos pays comme des adultes.
Et quand l'Amérique aura enfin cuvé et rejoindra le débat, on sera là. On n'en parlera sans doute même pas. On vous servira un petit café et on fera comme si les quatre dernières années n'avaient jamais existé.
Comme le ferait un bon pote après une très, très grosse cuite.
Traduit par Spirit of Free Speech