
Un entretien crucial avec le colonel Lawrence Wilkerson
par Claudio Resta
Le dernier entretien de Glenn Diesen avec le colonel Lawrence Wilkerson vient d'être publié. Il offre une analyse extrêmement critique et alarmante du conflit avec l'Iran et de l'avenir d'Israël.
Il est important de souligner que le colonel Wilkerson a acquis une expérience directe au cœur du pouvoir américain : en tant qu'officier de l'armée de terre américaine, professeur, puis figure clé de la formation militaire, mais surtout comme chef de cabinet de Colin Powell (2002-2005), et donc au cœur du processus décisionnel durant la guerre en Irak.
Concernant la gestion de Trump et l'influence de Netanyahu, Wilkerson estime que le président Trump est "débordé" par une crise qu'il ne sait pas gérer et qu'il instrumentalise les comptes à rebours incessants concernant la destruction des infrastructures iraniennes pour "gagner du temps".
D'après le colonel, Trump a été entraîné dans cette situation par Benjamin Netanyahu, qui, apparemment, n'a aucune sympathie pour le président américain et est prêt à "l'entraîner dans sa chute".
Critique de la stratégie militaire américaine - Wilkerson qualifie la gestion du commandement militaire actuel de "pire performance" jamais vue. Il dénonce le détournement des forces d'opérations spéciales (telles que les Rangers et le 160e régiment d'aviation des opérations spéciales) lors de tentatives de frappes éclair sur des îles du Golfe, dans le but de reproduire ce qui s'est passé au Venezuela.
Il affirme qu'il n'existe aucune mission claire et que les dirigeants militaires gaspillent des milliards sans résultat.
L'effondrement possible d'Israël - Un des aspects les plus marquants de l'interview est la prédiction de la disparition d'Israël en tant qu'État juif au Levant.
Lawrence Wilkerson : Israël pourrait disparaître et lancer une frappe nucléaire.
Lawrence Wilkerson : Israël pourrait disparaître et lancer une frappe nucléaire Le colonel Lawrence Wilkerson, ancien colonel de l'armée américaine et ancien chef de cabinet du secrétaire d'État américain, explique pourquoi une guerre contre l'Iran pourrait anéantir Israël et quelles seraient les conséquences si l'Iran développait une force de dissuasion nucléaire. Suivez le professeur Wilkerson.
Wilkerson cite plusieurs signes de cet effondrement imminent :
• Crise du personnel : Le rappel de 400 000 réservistes supplémentaires est perçu comme un acte de désespoir, étant donné que 30% des 300 000 réservistes précédents ne se sont pas présentés.
• Échec militaire : Tsahal n'est pas parvenue à vaincre le Hamas à Gaza et subit de lourdes pertes au Liban face au Hezbollah.
• Effondrement interne : Wilkerson décrit une direction israélienne en proie à l'hystérie et une armée au bord de l'effondrement structurel.
• Risque nucléaire : Le colonel cite des informations reçues du professeur Ted Postol, selon lesquelles il existe une probabilité de 75 à 80% que l'Iran possède déjà l'arme nucléaire et la technologie nécessaire pour la monter sur des missiles.
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• Il craint également que Netanyahu, acculé, ne décide de "lâcher le génie de la lampe" et d'utiliser l'arme nucléaire en premier, déclenchant un échange de tirs international impliquant la Russie et la Chine. Conséquences économiques mondiales - Wilkerson avertit que le monde est déjà en récession et se dirige vers une dépression mondiale.
• Le blocus du détroit d'Ormuz, où environ 4000 navires sont immobilisés, perturbe l'approvisionnement en matières premières essentielles comme l'hélium (indispensable à la fabrication de puces électroniques sophistiquées) et l'urée, mettant l'économie mondiale à genoux.
• Évaluation du leadership américain - L'analyse conclut par une critique acerbe des dirigeants de Washington, les qualifiant de ramassis d'"imbéciles" et de "babouins" (citant notamment des personnalités comme Pete Hegseth et Mike Johnson) qui instrumentalisent la religion à des fins politiques et manquent d'expertise technique, en particulier dans des domaines critiques comme la gestion de l'énergie nucléaire.
Selon Wilkerson, cette "arrogance impériale" découle d'une mauvaise interprétation de la fin de la Guerre froide, perçue à tort comme une victoire militaire plutôt que comme un succès diplomatique.
source : VT Foreign Policy via Marie-Claire Tellier
