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D'après un sondage mené sur un échantillon de 1 200 adultes tunisiens en mars 2024, les résultats indiquent une division des opinions concernant le libre-échange, alors qu'une majorité des personnes interrogées se dit favorable à l'influence russe et chinoise et à une meilleure représentation de la Tunisie et de l'Afrique à l'international.
Un sondage paru le 31 mars, mené par Afrobarometer, un réseau panafricain et non partisan de recherche produisant des données sur les expériences et appréciations des Africains, indique qu'une majorité de Tunisiens perçoit négativement l'influence des puissances occidentales dans le pays. Près d'un Tunisien sur dix déclare apprécier positivement l'influence des États-Unis d'Amérique (11 %) et de la France (12 %).
Une légère majorité de 51 % des Tunisiens estime que l'Union du Maghreb arabe (UMA) reconnaît les besoins et les intérêts de leur pays dans son processus de décision. Ce chiffre augmente légèrement à 53 % concernant l'Union africaine (UA). Dans l'ensemble, la plus grande majorité, soit 82 % des Tunisiens, estime que les pays africains devraient avoir davantage leur mot à dire dans les instances décisionnelles internationales comme les Nations unies.
Les Tunisiens favorables aux influences de la Russie et de la Chine
En matière d'influence économique et politique des puissances étrangères sur la Tunisie, les Tunisiens se montrent défavorables aux puissances occidentales et plutôt favorables à l'influence de l'UMA, de l'UA, de la Russie et de la Chine.
D'après le sondage, 59 % des Tunisiens pensent que les activités économiques de la Chine ont influencé "quelque peu" ou "beaucoup" l'économie tunisienne entre 2015 et 2024. Un chiffre en nette baisse par rapport aux 74 % relevés précédemment.
Concernant l'opération spéciale russe en Ukraine, parmi les 88 % de Tunisiens qui en ont connaissance, 65 % sont favorables à une position neutre.
Une légère préférence du libre-échange
Sur le plan économique, une courte majorité (54 %) se prononce en faveur du libre-échange plutôt qu'à une limitation du commerce international pour protéger les producteurs nationaux.
Si le gouvernement décidait de faciliter le commerce international, 72 % des Tunisiens seraient favorables à un commerce ouvert avec les pays du monde entier. Ce chiffre recule à 15 % concernant les personnes favorables au commerce avec les pays africains et à 7 % avec les pays de l'UMA.
L'enquête révèle cependant que 5 % des Tunisiens déclarent avoir entendu parler de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
En faveur d'une voix plus importante des pays africains à l'international
À peine plus de la moitié des Tunisiens, 51 %, estiment que les besoins et les intérêts de la Tunisie sont bien représentés dans les décisions prises par l'Union du Maghreb arabe (UMA). Cette même question recueille 25 % d'opinions défavorables et 24 % sans opinion. Les Tunisiens se disent aussi confiants, à 53 %, dans la prise en compte des intérêts de la Tunisie par l'Union africaine (UA).
Pour 82 % des personnes interrogées, les pays africains doivent peser davantage dans les décisions internationales. Une majorité estime également que la Tunisie reste sous-représentée dans les instances mondiales, telles que les Nations unies.