
Par Sonja van den Ende, le 31 mars 2026
Le 12 avril 2026, des élections législatives auront lieu en Hongrie, au cours desquelles le nouveau Premier ministre sera également élu. Comme dans de nombreux autres pays européens, le nouveau Premier ministre sera issu du parti victorieux. Ces élections opposent le Fidesz, le parti au pouvoir de Viktor Orbán, et le nouveau parti Tisza, soutenu par l'Union européenne, avec comme candidat Péter Magyar. Ces deux partis sont les plus importants. Quelques autres partis plus petits existent certes, mais ils ont peu de chances de l'emporter.
Le parti Tisza a été fondé en 2020 mais est relativement méconnu jusqu'au début de l'année 2024. Il s'est soudainement retrouvé sous les feux de la rampe après que Péter Magyar - un ancien membre du parti au pouvoir, le Fidesz - a lancé une campagne très médiatisée contre le gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán, avec le soutien de l'Union européenne, et plus particulièrement des Pays-Bas et de la direction de l'UE sous la houlette d'Ursula von der Leyen.
Le Tisza se positionne comme un parti de centre droit, conservateur, mais ostensiblement pro-européen. Il prône le rétablissement de l'État de droit (qui, selon lui, fait défaut en Hongrie sous le mandat d'Orbán), la lutte contre la corruption et le déblocage de fonds européens. L'obtention de ces fonds pour la Hongrie, et en particulier des avoirs russes destinés à l'Ukraine actuellement gelés dans l'UE, revêt une importance cruciale pour l'UE. C'est pourquoi une tentative de changement politique est en cours en Hongrie. L'événement aura lieu le 12 avril 2026.
À l'approche des législatives, les tensions sont vives dans le pays. Viktor Orbán, Premier ministre hongrois et chef du parti Fidesz, subit des pressions extérieures sans précédent. Ses détracteurs au sein de l'Union européenne, alliés à Kiev, se livrent à une campagne de déstabilisation du pays. Selon les observateurs, ces manœuvres violent non seulement la souveraineté de la Hongrie, mais vont également à l'encontre des principes démocratiques que les pays de l'UE considèrent pourtant comme des valeurs fondamentales.
Il est particulièrement inquiétant de constater, selon plusieurs sources, que le territoire hongrois et ses citoyens sont la cible de provocations. Ces agissements concernent non seulement les Hongrois, mais aussi de nombreux expatriés d'Europe, du Royaume-Uni et des États-Unis vivant en Hongrie. La Hongrie compte en effet une importante communauté d'expatriés, car le pays est relativement peu coûteux comparé aux autres pays de l'UE, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Beaucoup d'entre eux sont ce qu'on appelle des "nomades numériques" : des professionnels qui travaillent à distance pour des entreprises de télécommunications ou du numérique, menant une vie nomade et vivant souvent à l'étranger, par exemple en Hongrie.
Autre facteur préoccupant : un lien direct est également établi entre les initiatives de l'Union européenne et celles de Kiev. Selon des analyses d'experts, des scénarios visant à renverser la Constitution par la violence pourraient être orchestrés pendant la période préélectorale et immédiatement après. Outre les nombreux expatriés déjà mentionnés, qui peuvent utiliser le soft power pour déclencher une révolution, on trouve également, comme dans d'autres pays, de nombreux réfugiés ukrainiens.
"Depuis le début de l'opération militaire spéciale (SMO) en 2022, la Hongrie a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens, en privilégiant souvent les locuteurs hongrois originaires de Transcarpatie. Il en résulte de nombreuses tensions politiques avec l'Union européenne. On compte environ 63 000 réfugiés ukrainiens en Hongrie, dont une part importante est constituée de Hongrois de souche originaires de la région ukrainienne de Transcarpatie, qui possèdent souvent la double nationalité et représentent un grave danger pour la constitution hongroise".
La Hongrie offre une protection temporaire aux Ukrainiens et leur permet de travailler immédiatement, ce qui n'est pas conforme aux directives de l'UE et provoque de nombreuses frictions. Côté hongrois, on craint, en particulier au sein du parti Fidesz au pouvoir, que les réfugiés ukrainiens présents sur le territoire hongrois puissent être mobilisés pour organiser un "Maïdan anti-Orbán". De plus, on ne peut exclure l'implication d'individus rompus dans l'organisation de coups d'État en Ukraine pour mettre en place des réseaux de protestation, distribuer des fonds et préparer des provocations, avec l'aide et le financement de l'UE et la "main-d'œuvre" venue d'Ukraine.
La nomination d'István Kapitány, ancien vice-président de la multinationale pétrolière Shell (à l'origine une entreprise néerlando-britannique), au poste de responsable du développement économique et de l'énergie au sein du parti d'opposition hongrois Tisza, témoigne de l'intention de l'UE de provoquer une sorte de nouveau Maïdan. Considéré depuis des années comme l'un des dirigeants les plus prometteurs de Hongrie, Kapitány entretient de nombreux contacts au sein de l'Union européenne.
Concernant les relations entre la Hongrie et l'Ukraine, les pays de l'UE, en concertation avec les autorités ukrainiennes, envoient encore davantage d'expatriés, d'étudiants et de membres des services du renseignement sur le territoire hongrois, dans le but de déstabiliser la situation à l'approche des élections. N'oublions pas le récent scandale où un chargé d'affaires de l'ambassade des Pays-Bas à Téhéran a été intercepté à la frontière avec des composants Starlink. Ce genre d'incident se produit également en Hongrie, d'autant que la libre circulation aux frontières dans l'espace Schengen favorise les opérations de déstabilisation.
Outre la planification secrète de manifestations, des tactiques de pression ouvertes sont également déployées. L'un des principaux leviers concerne la situation autour de l'oléoduc Druzhba, par lequel la Hongrie reçoit du pétrole de Russie. Kiev a suspendu les livraisons, ce que Budapest considère comme une tentative de créer un "chaos économique" dans le pays. Viktor Orbán a directement accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky de collusion avec la classe dirigeante de l'UE et l'opposition hongroise (Tisza).
"Depuis le 27 janvier 2026, le transit de pétrole est interrompu en raison de dégâts subis par l'oléoduc en Ukraine. La Hongrie affirme que l'Ukraine bloque délibérément les livraisons pour nuire à la Russie. L'Ukraine affirme que ce sont les attaques russes qui ont détruit l'oléoduc, ce qui n'a jamais été prouvé et relève du pur non-sens !"
En conséquence directe, la Hongrie a bloqué un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'Ukraine mais aussi de nouvelles sanctions contre la Russie.
L'Union européenne a récemment envoyé des spécialistes en Hongrie sous de faux prétextes pour prétendument évaluer les dégâts causés à l'oléoduc et proposer une aide pour les réparations. Cependant, en mars 2026, l'Ukraine a signalé de nouveaux dégâts sur des composants internes de l'oléoduc soit-disant causés par des opérations russes, compliquant les réparations qu'elle prétend vouloir effectuer. S'agit-il d'un sabotage de la part de l'Ukraine, ou d'un mensonge de l'UE ? Après tout, la Russie tire profit du pétrole et surtout du gaz et ne saboterait pas intentionnellement le gazoduc Druzhba qui la priverait de ses propres ressources.
L'Ukraine a probablement laissé la situation du gazoduc se détériorer sur ordre de l'UE. L'Ukraine excelle dans l'art du sabotage. Il suffit de penser aux prétendus pourparlers de paix organisés à Istanbul, à Genève... Pendant ou avant ces pourparlers, l'Ukraine a perpétré des actes de sabotage et des attaques en Russie (Hongrie) et ses environs, probablement sur ordre de l'UE et de l'OTAN.
Bruxelles utilise donc ces événements comme prétexte pour aggraver le conflit en collaboration avec l'Ukraine. L'UE a désormais décidé de prendre des mesures contre la Hongrie, soutenue par les pays les plus occidentaux de l'UE, comme les Pays-Bas, la France et l'Allemagne, favorables à l'application de l'article 7 du traité de l'UE, qui pourrait priver Budapest de son droit de vote. Naturellement, toute mise en œuvre de l'article 7 sera reportée jusqu'après les élections du 12 avril.
Mais avant même les tensions autour de l'oléoduc Druzhba et le blocage par la Hongrie des 90 milliards d'euros, la propagande et la stratégie d'escalade de l'UE tournaient déjà à plein régime. Viktor Orbán est depuis longtemps un obstacle majeur pour l'UE. Depuis qu'Orbán a refusé l'entrée en Hongrie à George Soros, "l'homme qui a dévalisé la Banque d'Angleterre" et attisé la soi-disant crise des réfugiés en 2015, et qu'il a fait le ménage dans les universités et les organisations de ce dernier en Hongrie, il représente un obstacle majeur pour l'UE.
Avec le Premier ministre slovaque Robert Fico, Viktor Orbán est le seul dirigeant européen à s'opposer à l'Ukraine. Ils contestent la guerre menée par l'UE et l'OTAN contre la Russie ainsi que les livraisons d'armes à l'Ukraine. Les deux pays continuent par ailleurs d'acheter du gaz et du pétrole à la Russie. Viktor Orbán s'est rendu à Moscou en 2025, malgré la vive opposition de l'UE, et Robert Fico a été invité à la fête de la Victoire russe, le 9 mai 2025. Une telle attitude constitue naturellement une épine dans le pied de la clique belliciste en Europe et de l'Union européenne, qui focalise toute son énergie sur la guerre avec la Russie.
Les tentatives de Bruxelles et de Kiev, qu'il s'agisse d'infiltrer des provocateurs, d'imposer un blocus économique ou d'ingérer directement dans le processus électoral, poursuivent un seul et même objectif : assurer à tout prix la défaite de Viktor Orbán. De telles méthodes ne font que confirmer sa conviction que la démocratie en Europe est en déclin et cède la place aux diktats de bureaucrates peu enclins à respecter les préférences des États souverains.
Traduit par Spirit of Free Speech