02/04/2026 ssofidelis.substack.com  12min #309778

Vigilance porcine

Par Edward Curtin, le 31 mars 2026

"Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme ; mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre". - George Orwell, La Ferme des animaux

Professeur de linguistique dans l'une des universités les plus prestigieuses des États-Unis, mon meilleur ami de toujours, craignant les conséquences de la publication de ce qui suit sous son propre nom en raison du climat politique créé par le président Donald Trump et de sa nature vindicative, m'a prié de publier ce texte sous mon nom. Il admet que ce n'est pas particulièrement courageux de sa part, mais la prudence est parfois de mise. Les recherches dont il rend compte ont longtemps été censurées et écartées, malgré leur portée considérable, et malgré mes efforts antérieurs pour l'aider à toucher un public de plus en plus enclin à ignorer leurs graves conséquences. C'est particulièrement vrai depuis l'entrée en fonction de Trump. Je suis fier de présenter ce qui suit sous mon nom, mais je ne peux en revendiquer ni la paternité ni la responsabilité. Mon ami et moi vous prions de nous excuser si cela vous choque, alors que des événements terribles sont sur le point de s'aggraver. Mais même dans les moments les plus sombres, on commence à y voir plus clair...

Les études dont je dois rendre compte peuvent sembler sans importance à première vue, mais je peux vous assurer qu'elles en ont, car des recherches scientifiques approfondies menées depuis plus de soixante-dix ans ont conclu que les cochons qui puent et grossissent en vieillissant ont de petits yeux et la fâcheuse tendance à fixer les gens. Comme vous le savez peut-être, les recherches universitaires pouvant sembler risibles peuvent entraîner de graves conséquences. Tant d'autres choses se font à notre insu et peuvent paraître absurdes, mais reçoivent des financements publics considérables pour de perfides raisons. J'ai déjà rendu compte de ce type d'études surprenantes, mais elles ont été ignorées.

Alors qu'on parle beaucoup ces jours-ci de "fausses nouvelles", omettre des informations importantes est peut-être tout aussi répandu et extrêmement préjudiciable à un public informé. C'est particulièrement vrai aujourd'hui, alors que les informations et les données submergent la capacité du public à les assimiler. Il est parfois utile de prendre un peu de recul en adoptant une approche différente, et se pencher sur des recherches scientifiques ignorées depuis des années par les médias peut nous aider à voir plus clair dans notre chaos actuel. Les petits détails revêtent souvent une grande importance.

L'objectif de cet article est de pallier l'ignorance dont les médias grand public font preuve depuis des années à l'égard de l'une des actualités les plus étranges, mais aussi les plus marquantes, des soixante-dix dernières années. Ses implications sont considérables, surtout au regard de l'essor exponentiel de l'espionnage et de l'érosion de la vie privée et de la liberté, conséquences des mesures extraordinaires prises par le gouvernement américain pour paralyser la société tout en la surveillant, en propageant le chaos et en déclenchant des guerres d'agression.

De nos jours, les yeux sont partout. Que nous soyons surveillés est incontestable, mais par qui, et pourquoi ?

Telle est la véritable question que les médias grand public ont omis d'aborder. Leur manquement à cet égard est vraiment consternant.

Je prie les lecteurs de ne pas sous-estimer l'importance des recherches suivantes, qui peuvent, à première vue, sembler dépourvues de pertinence dans un monde politiquement instable.

Des recherches scientifiques approfondies menées sur plus de soixante-dix ans ont conclu que les cochons qui puent et grossissent en vieillissant ont de petits yeux et et la fâcheuse tendance à fixer les gens. J'ai déjà rendu compte de ces études surprenantes, mais elles ont été ignorées. C'est vrai même dans ma propre université, l'un des instituts de recherche les plus célèbres au monde. Pourtant, des chercheurs audacieux à travers le monde continuent de reproduire et de confirmer les résultats de la recherche originale menée en 1953 au Kansas par le Dr Wilfred Jeffred Eftie. De plus, les médias mainstream, fidèles à eux-mêmes, continuent de ne pas rendre compte de ces études extraordinaires, ou les dénigrent en les qualifiant de pires que des fake news.

Ignorer leur importance ne les fera pas disparaître. Les cochons surveillants ne sont peut-être pas immédiatement perceptibles, mais c'est précisément ce qui les rend si dangereux, surtout de nos jours.

Bien qu'elles semblent insignifiantes à première vue, ces études ont permis d'ouvrir de nouvelles perspectives à notre compréhension de la place de l'égoïsme dans la vie politique. L'épistémologie de l'égoïsme a longtemps laissé les scientifiques perplexes, mais les brillantes intuitions anticonformistes d'Eftie ont permis de réaliser des avancées majeures. Cependant, l'histoire de la découverte originale d'Eftie, ignorée pendant des années, mérite d'être redécouverte. J'y reviendrai en temps voulu. Il vaut mieux procéder par rétroaction. Se tourner vers le passé nous permettra de déterminer si nous en avons tiré les bons enseignements, si des erreurs nous rattrapent ou si nous nous contentons de stagner.

Examinons donc d'abord quelques-unes des études significatives qui ont enrichi notre compréhension du comportement humain. Dire que nous nous reposons sur l'héritage de géants tels qu'Eftie est un euphémisme. Cette approche nous permet de repousser les limites de notre compréhension si tant est que nous soyons prêts à nous hisser à leur niveau. Une étude reproduite 789 fois a révélé que les petits yeux chez les humains sont associés à une élévation notable de la production de dopamine et à une diminution de l'activité du cortex frontal, des résultats similaires à ceux observés chez les porcs.

Les chercheurs ont constaté que, dans la sphère politique, les politiciens aux petits yeux ont tendance à fixer les gens du regard à des fins de domination, et que ce langage corporel est corrélé à une tendance à prendre du poids avec l'âge. Leur regard fixe et leurs petits yeux semblent accentuer le rapport de force entre eux et ceux qu'ils scrutent, mais cette théorie n'a pas encore été prouvée de manière concluante et reste une simple corrélation. D'autres études sont en cours.

Contrairement aux études sur les porcs dont cette recherche est issue, aucune corrélation n'a été observée avec les odeurs corporelles, malgré l'engouement actuel pour les déodorants pour le corps. Un éminent chercheur basé à New York, le Dr Wilbur Shoat, a cependant fait une découverte surprenante : les odeurs sont très subjectives, et d'autres variables intermédiaires, telles que le nombre et la consistance des poils du nez ou l'utilisation de déodorants par exemple, peuvent jouer un rôle non négligeable. Il soupçonne également les parfums et les après-rasages. Cependant, Shoat a trouvé un possible lien nécessitant des investigations supplémentaires : chez les politiciens et les célébrités qui composaient son panel - apparemment bien distincts des cochons initialement étudiés -, l'odeur sulfureuse détectée provenait de leur bouche lorsqu'ils s'exprimaient, contrairement aux gros cochons aux petits yeux qui empestent de la tête aux pieds.

Mais le Dr Shoat, issu d'une longue lignée de scientifiques spécialistes du porc, a formulé cette hypothèse avec perspicacité, alors que le bon sens nous inciterait plutôt à nous attendre à l'inverse. Or, ce bon sens tend souvent à exagérer l'aptitude à saisir les nuances scientifiques et à appréhender le processus. C'est peut-être parce qu'une grande partie des articles scientifiques est rédigée dans une prose truffée de jargon plutôt que dans un langage clair, sans redondances, compréhensible pour tous. Autrefois, les journalistes et les médecins écrivaient clairement, comme en témoigne la citation suivante tirée d'une des études de suivi du Dr Eftie :

"Sans recourir au jugement de valeur, ce projet de recherche a pour objectif d'étayer une relation empirique entre la petite taille moyenne de l'œil du porc (amplifiée par le facteur odorat du porc/clignement des paupières) et les comportements étranges qui en résultent en famille. Les animaux du groupe témoin sont passés, sans exception, d'une petite à une grande taille au cours de leur croissance, donnant l'impression de mieux voir et réagir plus efficacement aux stimuli visuels".

Le Dr Edward Edwards, un brillant chercheur ethnométhodologiste connu pour ses études déterministes sur les jumeaux, s'est récemment inspiré de ces études sur les cochons aux petits yeux pour analyser les stratégies autopromotionnelles des personnalités en vue, c'est-à-dire des célébrités et des politiciens. Il a passé en revue trente-cinq ouvrages écrits par ces personnages publics, y compris des autobiographies et des mémoires politiques, et a conclu que les personnalités aux yeux les plus petits (d'après des scans optiques des photos de couverture) présentent un ego surdimensionné. Bien que la taille de son échantillon ait été restreinte, il a estimé que le regard l'emporte sur la taille. Il a déclaré avoir été frappé par l'intensité du regard de tous ces personnages.

Ce que ses sujets avaient en commun, outre l'argent et les liens avec les dossiers Epstein, c'est qu'ils se percevaient clairement en tant que "personnalités" (selon ses termes). En bon chercheur, il a défini le terme "personnalité" comme "non inconnu" pour rester précis. Il a cependant réservé la définition de ce qu'est exactement "quelqu'un" pour son étude de suivi, au cours de laquelle il prévoit d'interroger les trente-cinq personnes concernées. Il s'attend à obtenir des réponses venant étayer ses conclusions empiriques.

L'un des aspects les plus fascinants de cette recherche novatrice réside dans la façon dont elle souligne la nécessité de répéter les expériences et les vérités dérangeantes que les gens préfèrent ignorer. La répétition est la clé, une condition sine qua non de la méthode scientifique, et la meilleure méthode de communication, comme l'a enseigné Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud et mentor de certains politiciens allemands, à nos leaders. Cependant, ces leaders ont tendance à répéter des statistiques qui, bien souvent, embrouillent les gens plus qu'elles ne clarifient les choses. Les gros titres actuels sur les guerres que nous menons à travers le monde en sont un exemple typique : les grands chiffres n'aident pas le public à comprendre. Il serait plus judicieux d'admettre simplement que nous sommes fous et assoiffés de sang. Ce serait dérangeant, mais honnête et direct, gage de leur probité.

Bien sûr, les médias mainstream ne relaient rien sur les travaux majeurs du Dr Eftie, et n'en ont jamais fait état. Leur focalisation sur les fake news distrait notre attention de cette censure par omission. On pourrait raisonnablement en conclure qu'ils ne s'intéressent pas à l'autologie ou à l'observation des cochons, ce qui est une véritable honte. Comme vous voyez, je proteste, mais les découvertes rapportées ici sur les cochons nécessitent une grande et incessante couverture des médias mainstream dont nous sommes tributaires. Martelez le même propos, et la vérité finira par émerger. Les gens ont besoin qu'on leur rappelle plusieurs fois une information pour qu'elle s'inscrive dans leur esprit.

Malheureusement, les premiers cochons observés par le Dr Eftie sont morts depuis longtemps. Ils ne fixent plus rien du regard. Aussi absurde que cela puisse paraître, nous leur devons pourtant beaucoup. En effet, la vie d'un cochon n'est qu'un bref prologue au bacon dans un pays voué à dévorer les preuves de ses crimes. La plupart des chercheurs ont donc dû étudier la progéniture des cochons d'Eftie. Heureusement, celle-ci s'est épanouie. Les cochons se reproduisent vite et en grand nombre, et les chercheurs d'aujourd'hui ont l'embarras du choix, toutes espèces confondues.

Il est toutefois essentiel de souligner la nécessité de se concentrer non seulement sur la recherche consacrée aux cochons politiques aux petits yeux et aux egos surdimensionnés, mais aussi sur ce qu'ils racontent, sur ce que nous pensons de leurs propos, et sur ce que les médias relaient de nos opinions à leur sujet.

Nous avons besoin de la vérité pure et dure, et si nous nous répétons compulsivement, nous avancerons certainement vers la lumière. Mais cela demande de la persévérance. Si nous restons humbles, nous obstinons et continuons à répéter, nous découvrirons peut-être que même les cochons aux grands yeux fixent les gens. Voilà qui devrait faire réfléchir.

Après tout, les idées novatrices du Dr Eftie ont connu d'humbles débuts, mais il n'a pas baissé les bras. Les origines de son génie remontent à son enfance, comme le montre sa première étude observationnelle. Il était un enfant extrêmement intelligent et précoce. À l'âge de sept ans, alors qu'il entamait tout juste sa deuxième année d'école primaire, son enseignante, Mme Schmidt, eut l'idée avant-gardiste de demander à ses élèves d'écrire sur leurs vacances d'été. C'est avec cette dissertation que la carrière universitaire de Wilfred a démarré, et elle est devenue la base des recherches de toute sa vie. Il a ensuite obtenu deux doctorats et occupé la prestigieuse chaire Newman de linguistique à l'université de Grynchester. Voici son histoire :

Wilfred E., 2A, Mes vacances d'été

J'ai passé deux semaines cet été chez mon grand-père Eftie, dans une ferme à Conzu Canz Canzus. J'y ai vu beaucoup de cochons. Certains cochons m'ont vu au moins deux fois. Avec leurs petits yeux. Les gros cochons étaient très gros. Des petits cochons sont nés pendant mon séjour. Ils étaient tout petits. Mon grand-père Eftie sortait nourrir les cochons tous les jours. C'est peut-être pour ça que les cochons sentent aussi fort mon grand-père.

Bien que cet écrit enfantin fût humoristique, il a inspiré les travaux scientifiques du Dr Eftie des années plus tard. En 1973, l'écrivain Tom Koch a rédigé un article fascinant décrivant comment Eftie a évolué tout au long de son parcours jusqu'à décrocher ses doctorats. Cela se lit comme une étude de cas des quatre stades du développement cognitif de Piaget ou des cinq stades du deuil du Dr Kubler-Ross : déni, colère, négociation, dépression, acceptation (DABDA), ou quelque chose comme ça. Tous les chercheurs de toutes les disciplines devraient s'y intéresser, car ils ont tendance à apprécier les classifications en phases.

Cependant, rares sont les articles consacrés aux avancées réalisées par les docteurs Shoat et Edwards dans le cadre de leurs études de suivi. Après tout, des études aussi approfondies méritent qu'on s'y attarde, surtout après de telles conclusions. J'espère que cette mise à jour convaincra les sceptiques qu'il y a plus de vérité dans l'œil d'un cochon qu'il n'y paraît.

Ce genre d'informations est souvent boudé par les médias mainstream, qui privilégient ce qu'ils appellent les "vraies informations", soit les histoires sensationnelles. Mais il nous incombe de soutenir le Dr Eftie et l'importance de ses observations sur les cochons, en particulier ceux aux petits yeux, car ils nous observent, et nous les observons. L'État de surveillance a fini par s'installer et nous en sommes au stade terminal.

"Je te regarde, petit".

L'œuvre de toute une vie du Dr Eftie, y compris "Mes vacances d'été", est présentée de manière exhaustive par Tom Koch dans le numéro d'avril 1973 du magazine Mad, qui fut peut-être, pendant bien des années, la meilleure revue de recherche aujourd'hui disparue de ce pays.

Traduit par  Spirit of Free Speech

* Edward Curtin est sociologue, chercheur, poète, essayiste, journaliste, romancier... écrivain - au-delà des catégories. Son dernier ouvrage s'intitule  AT THE LOST AND FOUND: Personal & Political Dispatches of Resistance and Hope (Clarity Press).

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