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Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise
Après sa libération de garde à vue dans la soirée du 2 avril, Rima Hassan sera jugée le 7 juillet pour "apologie du terrorisme". En attendant, elle a tenu une conférence de presse avec son avocat pour éclaircir certains points concernant des éléments qui ont fuité sur cette affaire et de l'accusation "totalement fausse" selon elle, à son encontre.
L'eurodéputée de La France insoumise, Rima Hassan, a tenu une conférence de presse ce 3 avril après avoir été libérée la veille au soir de garde à vue pour "apologie du terrorisme". Dès sa prise de parole, l'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a dénoncé une garde à vue "parfaitement illégale", estimant que "la procédure de flagrance a été construite de toute pièce par les autorités de poursuite, pour parvenir à tenter de faire échec à l'application de l'immunité parlementaire", dont la visée est "de mettre à l'abri les parlementaires des pressions, des menaces d'arrestation ou de poursuite judiciaire pour des propos et des prises de position qui sont politiques et qui relèvent de la liberté d'expression".
Tensions durant la garde à vue de Rima Hassan et fuites d'informations
L'avocat de l'eurodéputée a indiqué l'apparition de "tensions" avec les fonctionnaires "bien avant que l'inventaire des affaires de Rima Hassan soit effectué", faisant état d'une "montée en tension subite" lors de la garde à vue, à cause des "violations répétées du secret de l'enquête".
"J'ai découvert, grâce à la presse, les termes précis de la publication pour laquelle Mme Rima Hassan était placée en garde à vue, au moment où l'audition n'avait pas débuté", a affirmé Me Vincent Brengarth, qui a expliqué que les fuites d'informations "ont été planifiées, organisées depuis le début pour porter atteinte à l'image et la réputation de Rima Hassan". "Des informations ont fuité pendant la garde à vue et elles ont donné lieu à un récit de désinformation à l'encontre de Rima Hassan. Nous souhaitons que cette enquête aille jusqu'au bout, là c'est de la flagrance. Nous attendons des condamnations et des sanctions administratives", a martelé l'avocat de l'eurodéputée qui s'est d'ailleurs "réjoui" de l'ouverture d'une enquête après les fuites d'informations. Il a ensuite déclaré s'attendre à "des condamnations et des sanctions administratives".
Acquisition légale de CBD
Rappelant que "le CBD est autorisé sans restriction, car ce n'est ni un stupéfiant, ni un psychotrope", l'avocat de Rima Hassan a aussi précisé que l'eurodéputée LFI avait fourni aux enquêteurs l'adresse précise du lieu où elle a acheté cette substance "permettant aux services enquêteurs d'en tirer toutes les conséquences". Catégorique, il a ajouté que "Rima Hassan a acheté du CBD et le CBD est légal en France".
Dans une autre perspective, l'eurodéputée a martelé que "les tests montrent qu'il n'y a pas de trace de consommation de drogue et que si trace il y a dans ce contenant, ça n'est pas ma responsabilité", ajoutant qu'une situation du genre pourrait arriver à n'importe qui.
Volonté de diabolisation de La France insoumise
Dans sa prise de parole, l'eurodéputée LFI a affirmé qu'à l'approche de l'élection présidentielle, "nous rentrons dans une temporalité où nous savons que LFI va être une cible". Elle a également pointé une "volonté manifeste de diaboliser La France insoumise, de cibler ses militants et aussi de faire payer à LFI ses engagements sur la question palestinienne".
Rima Hassan évoque un "procès historique" à son encontre
Concernant le procès à son encontre pour "apologie du terrorisme", l'eurodéputée a souligné que si procès il y a, "ce sera un procès historique". Elle a également déclaré à ce propos qu'elle invitera "toutes les voix pertinentes pour commenter ce qui se joue sur la question palestinienne en termes de censure, de répression et également de dénonciation d'un lobby qui œuvre pour les intérêts d'Israël depuis la France et qui va jusqu'à sacrifier notre droit et nos libertés".