
© RS
La mine Tala Hamza-Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa en l'Algérie.
Avec le lancement de l'exploitation du gisement de Tala Hamza-Oued Amizour, l'Algérie se positionne comme un acteur majeur du marché mondial du zinc et du plomb. Porté par la transition énergétique et la diversification économique, ce projet minier stratégique pourrait hisser le pays parmi les premiers détenteurs de réserves mondiales.
L'Algérie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique avec le lancement du projet minier de Tala Hamza-Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, un gisement appelé à jouer un rôle central sur le marché mondial du zinc et du plomb.
Selon la plateforme énergétique Attaqa, basée à Washington, ce site figure parmi les dix plus grands gisements mondiaux de ces deux métaux, avec une capacité de production prévue de 170 000 tonnes par an, ce qui le place à la septième place mondiale.
Le projet, officiellement lancé le 17 mars dernier par le Premier ministre Sifi Ghrieb, s'inscrit dans un plan plus large visant à réduire la dépendance de l'économie algérienne aux hydrocarbures et à renforcer le secteur minier.
Avec des réserves estimées à 54 millions de tonnes, dont 34 millions de tonnes récupérables, le gisement d'Amizour se distingue par une composition particulièrement riche : 78 % de zinc et 22 % de plomb. Ces volumes font de l'Algérie l'un des pays les mieux dotés au monde, au point de la placer parmi les trois premiers pays en termes de réserves de zinc.
Le projet couvre une superficie de plus de 23 hectares et repose sur un partenariat entre Sonarem, qui détient 51 % des parts, et l'entreprise australienne Termin Australia, avec 49 %. L'investissement global est estimé à 471 millions de dollars, dont 400 millions de dollars d'investissements initiaux, pour des revenus annuels attendus pouvant atteindre 60 millions de dollars.
Un conjoncture favorable
Au-delà de son poids économique, le lancement de cette exploitation intervient à un moment jugé particulièrement favorable, alors que la transition énergétique mondiale stimule la demande en métaux stratégiques.
Le zinc joue en effet un rôle clé dans plusieurs industries liées aux énergies propres. Il est notamment utilisé pour le revêtement anticorrosion de l'acier, mais aussi dans la fabrication de panneaux solaires, d'éoliennes et de systèmes de stockage d'électricité.
D'après Attaqa, la production de 100 MW d'électricité nécessite environ 230 tonnes de zinc, tandis que les éoliennes offshore requièrent près de 40 tonnes pour une capacité équivalente.
La demande mondiale devrait encore s'intensifier dans les prochaines années, avec des projections visant à multiplier par dix l'utilisation du zinc dans les batteries de stockage d'ici 2030, pour dépasser 130 000 tonnes par an.
"Face à une demande mondiale croissante, ce projet pourrait devenir l'un des piliers majeurs du marché mondial des métaux", souligne la plateforme, qui estime que l'Algérie s'impose désormais comme un acteur émergent de la carte minière internationale.