
Par George Tsakraklides, le 7 avril 2026
Les espèces intelligentes qui exploitent leurs capacités intellectuelles à des fins prédatrices finissent tôt ou tard par devenir des crétures aberrantes menaçant tout écosystème. De tels individus sont fondamentalement inaptes à la coexistence avec leurs congénères, car ils exploitent leur intelligence en tant qu'outil de survie pour transgresser chacun des principes fondamentaux qui sous-tendent l'équilibre environnemental : limitation de l'exploitation des ressources, étendue de l'habitat, ou encore densité de population.
Mais plus un environnement est altéré, plus il se contracte et se réorganise en mode guérilla. Il finit par asphyxier son ennemi. Cela peut se manifester sous forme de pandémies. Il peut même faire grimper la température du globe pour tuer le parasite. On peut déjà observer les manifestations de ces trois exemples, conséquences directes de nos méfaits sur la planète. Ce sont des épisodes funestes et irréversibles qui mènent à l'extinction et contre lesquels nous ne pouvons rien, aussi "futés" soyons-nous, tant que nous persistons à croire aux mythes expansionnistes.
Mais l'intelligence a encore un autre ennemi à combattre : elle-même. Les êtres humains sont des tumeurs cancéreuses non seulement pour la Terre, mais aussi pour leurs semblables. Personne n'en sera surpris : lorsqu'une civilisation entière repose sur des idéaux de conquête, de destruction et d'anéantissement de son environnement naturel, elle finit inévitablement par s'infliger ces mêmes concepts. Le génocide, la guerre nucléaire et l'extinction mutuelle sont l'exact prolongement du scénario que nous reproduisons depuis des milliers d'années dans notre guerre contre la nature.
L'écosystème riposte toujours, car, contrairement aux empires humains en expansion constante, il suit les lois immuables de la physique. La croissance n'est ni durable ni non durable. Toute croissance est d'ailleurs intrinsèquement non durable, ne pouvant durer éternellement. Tout ce qui monte doit redescendre. Les empires s'imaginent être intouchables, mais ils ne sont pas exemptés des lois universelles : leur ascension devient leur nemesis, et le processus d'auto-extinction les contraint à admettre leur responsabilité alors que leur déclin est déjà acté.
Traduit par Spirit of Free Speech