Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a demandé au tribunal chargé de son procès pour corruption de reporter son témoignage, invoquant des "raisons de sécurité". Son avocat a formulé cette demande dans un document déposé auprès du tribunal vendredi.
Le procès pour corruption de Netanyahu, qui dure depuis longtemps, devait reprendre dimanche, après la levée par Israël de l'état d'urgence décrété en raison de sa guerre d'agression contre l'Iran, à la suite de l'annonce du cessez-le-feu mercredi.
La défense a déclaré être prête à poursuivre l'audition du témoin à charge.
"Pour des raisons de sécurité et diplomatiques classifiées, liées aux événements dramatiques survenus ces derniers temps, le Premier ministre ne pourra pas témoigner au cours de la procédure pendant au moins les deux prochaines semaines", indique le document.
Il précise qu'une enveloppe scellée détaillant les raisons classifiées a été remise au tribunal, qui statuera une fois que l'accusation aura soumis sa réponse. Benyamin Netanyahu, premier ministre israélien en exercice à être inculpé, nie les accusations de corruption, de fraude et d'abus de confiance portées contre lui en 2019 après des années d'enquête.
Son procès, qui a débuté en 2020 et pourrait aboutir à des peines de prison, a été reporté à plusieurs reprises en raison des différents conflits déclenchés par son cabinet, notamment le génocide à Gaza depuis 2023, qui a tué au moins 72 000 Palestiniens, les deux guerres d'agression contre l'Iran en 2025 et 2026, et les attaques répétées contre le Liban depuis 2023, sans perspective de fin.
Les accusations portées contre Netanyahu, ainsi que l'opération "Tempête d'Al-Aqsa" menée par les mouvements de résistance palestiniens en octobre 2023, ont nui à sa popularité.
Israël doit tenir des élections en octobre, élections que la coalition de Netanyahu, la plus à droite de l'histoire de l'entité sioniste, est susceptible de perdre, selon les sondages.
Le 28 février, Israël, sous la direction de Netanyahu et avec le soutien des États-Unis, a lancé une guerre d'agression non provoquée contre l'Iran en attaquant 30 cibles dans la capitale, Téhéran, et en assassinant plusieurs hauts responsables iraniens, dont le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Les forces armées iraniennes ont riposté en lançant des opérations quasi quotidiennes de missiles et de drones visant des positions dans les territoires occupés, ainsi que des bases et des installations militaires américaines dans toute la région.
Le 8 avril, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien (CSSN) a annoncé un accord de cessez-le-feu temporaire négocié par le Pakistan, après que les États-Unis ont accepté la proposition iranienne en dix points.
Après l'annonce du cessez-le-feu, le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a condamné les actions de Netanyahu, affirmant qu'il n'avait atteint aucun des objectifs de la guerre, tandis que les forces armées iraniennes étaient parvenues à infliger de graves dommages aux intérêts américano-israéliens dans la région.
