Par Manlio Dinucci

La déclaration de Trump "Dieu est avec les USA" n'est pas simplement l'expression d'un mégalomane exalté. C'es l'expression d'un impérialisme qui depuis des siècles s'arroge le droit de dominer le monde, en le présentant comme une sorte de mandat divin comme faisait aussi le nazisme hitlérien avec son slogan "Gott Mit Uns" (Dieu est avec nous).
Trump a affirmé que Dieu soutient les actions des Etats-Unis dans la guerre contre l'Iran. "Je le crois, parce que Dieu est bon", a-t-il dit, "Et Dieu veut qu'on prenne soin des personnes". Le secrétaire de la guerre Hegseth lui a fait écho en utilisant la métaphore de la crucifixion, mort, sépulture et résurrection de Jésus pour décrire le sauvetage du colonel du chasseur-bombardier USA abattu en Iran. "Voyez, abattu le vendredi, le Vendredi Saint ; caché dans une grotte, dans une fissure, pendant tout le samedi ; et sauvé dimanche" a dit Hegseth. "Transporté hors d'Iran pendant que se levait le Soleil du dimanche de Pâques, un pilote ressuscité". Tandis qu'il affirmait cela, Trump écrivait sur son réseau social Truth (Vérité) en faisant référence à l'Iran :
"Une civilisation entière va mourrir, pour ne plus jamais revenir ; 47 ans d'extorsions, de corruption et mort vont enfin se terminer. Que Dieu bénisse le grand peuple de l'Iran !".
Le Pape, sans toutefois nommer directement Trump, a affirmé que "Dieu n'écoute pas les prières de qui fait la guerre". Le sous-secrétaire du Dicastère du Vatican pour la Culture et l'Instruction, Antonio Spadaro, a expliqué :
"Ce que le Pape entend faire est démonter cette logique selon laquelle Dieu, avec son armée céleste, se rangerait d'un côté. C'est une façon de s'approprier le divin. À partir de l'époque nazie, et même avant,"Gott Mit Uns"("Dieu avec Nous") a toujours été une façon de justifier la guerre, répandre le sang et les conflits, en élevant le conflit à un niveau métaphysique et théologique, ou la victoire du bien sur le mal".
La déclaration de Trump que "Dieu est avec les USA" n'est pas simplement l'expression d'un mégalomane exalté. C'est l'expression d'un impérialisme qui depuis des siècles s'arroge le droit de dominer le monde, en le présentant comme une sorte de mandat divin comme faisait aussi le nazisme hitlérien avec son slogan "Gott Mit Uns" ("Dieu est avec nous"). Il n' y a rien d'étonnant à ce qu'aujourd'hui il soit répété par le président Trump, le milliardaire qui représente les intérêts de la partie la plus riche des Etats-Unis : elle est composée de 900 milliardaires qui possèdent ensemble un patrimoine supérieur à 6.700 milliards de dollars. Il y a un peu plus de dix ans, aux Etats-Unis il y avait la moitié des milliardaires actuels, avec un patrimoine total estimé à 2.600 milliards de dollars net d'inflation. Dans l'ensemble, les milliardaires se sont rangés en faveur du Parti Républicain de Trump. Dans la campagne électorale de 2024, plus de 80% des donations provenant des 100 plus riches Etasuniens sont allées aux Républicains.
"La guerre contre l'Iran -écrit le Wall Street Journal- est en train de rendre l'économie étasunienne plus dominante que jamais. Le fait d'être un des principaux exportateurs d'énergie confère à Trump un avantage sur les autres pays".
Le confirme le fait que, alors que les fournitures de gaz russe à bas prix à l'Union européenne ont drastiquement chuté à la suite des sanctions à la Russie et au sabotage du gazoduc Nord Stream par les Etats-Unis, ont fortement augmenté les fournitures à l'Union européenne de gaz étasunien à prix élevé. Et ce n'est pas par hasard que les deux plus grandes opérations militaires de l'administration Trump ont été effectuées contre le Venezuela, le pays avec les plus grandes réserves pétrolières du monde, et l'Iran qui est au troisième rang mondial comme réserves pétrolières et au deuxième rang après la Russie en réserves de gaz naturel.
La guerre contre la Russie, le Venezuela, l'Iran, la Palestine et d'autres pays du Moyen-Orient -à quoi se joignent les préparatifs de guerre contre la Chine - font partie de la même stratégie : l'Occident, qui pendant des siècles a dominé le monde perd du terrain et a de plus en plus recours à la guerre pour maintenir à tous prix sa domination, en risquant d'amener le monde à la guerre nucléaire.
Dans cette situation significatives sont les paroles du Pape :
"Nous sommes en train de nous habituer à la violence, nous sous résignons face à elle et devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux retombées de haine et de division que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu'ils produisent et que pourtant nous connaissons tous. Il y a une globalisation de plus en plus marquée de l'indifférence, pour rappeler une expression chère au Pape François".
Sur ce concept fondamental Don Carlo Maurizi lance un Appel fondamental.
Manlio Dinucci
Bref résumé de la revue de presse internationale Grandangolo de vendredi 10 avril 2026 à 21h30 sur la chaîne TV italienne
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio
VIDÉO (en italien) :
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Manlio Dinucci est géographe et journaliste, ex-directeur exécutif pour l'Italie de l'International Physicians for the prevention of Nuclear War, association qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985. Porte-parole du Comitato no Guerra no Nato (Italie) et chercheur associé du Centre de recherche sur la Mondialisation (Canada). Prix international de journalisme 2019 pour Analyse géostratégique du Club de Periodistas de México. Son dernier livre traduit en français : " Guerre nucléaire. Le jour d'avant", Éditions Delga, 2021.
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