Les États membres de l'Union européenne se sont accordés, lundi 13 avril, sur le doublement des droits de douane sur l'acier en provenance de l'étranger, les portant à 50 %, manière de protéger l'industrie sidérurgique européenne déjà fragilisée, face à l'afflux d'importations chinoises bon marché. Cet accord réduit de 47 % les volumes d'importations en franchise de droits.
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, estime que la surcapacité mondiale menace la puissance industrielle de l'Europe.
"La structure et le rayonnement international du secteur sidérurgique européen sont fondamentaux pour notre autonomie stratégique et notre puissance industrielle. Nous ne pouvons donc pas nous permettre d'ignorer la surcapacité mondiale qui atteint des niveaux critiques", a commenté le commissaire européen.
"Cet accord contribue à instaurer la stabilité indispensable à la prospérité de nos producteurs en Europe", a poursuivi ce responsable.
Conformément à une proposition de la Commission européenne de l'année dernière, cet accord ramène les quotas d'importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit le volume total d'acier importé par l'UE en 2013.
Cette année a été choisie car l'UE estime que le marché s'est déséquilibré depuis lors en raison d'une surproduction, principalement due à la Chine, qui subventionne massivement ses sidérurgistes locaux et produit aujourd'hui plus de la moitié de l'acier mondial.
Ces nouvelles mesures s'appliqueront aux produits importés de tous les pays, à l'exception de l'Islande, du Liechtenstein et de la Norvège, membres de l'Espace économique européen.
Elles remplaceront le régime de sauvegarde actuel, qui impose des droits de douane de 25 % au-delà des quotas d'importation fixés, mais qui prendra fin à la fin du mois de juin.
Il est à noter que cet accord est provisoire et doit être officiellement approuvé par le Conseil européen, qui représente les États membres, et par le Parlement européen avant son adoption formelle.
