
La salle réunie à Dakar pour une soirée culturelle de RT en français le 15 avril.
À Dakar, une soirée culturelle organisée au Musée des Civilisations noires a marqué les 60 ans du premier Festival mondial des arts nègres. La projection d'un film soviétique, prolongée par des échanges entre les participants, a mis en lumière le rôle de la culture comme levier de dialogue et de compréhension entre les peuples.
Le 15 avril 2026, le Musée des Civilisations noires de Dakar a accueilli une soirée culturelle organisée par RT en français à l'occasion du 60e anniversaire du premier Festival mondial des arts nègres. L'événement, placé sous le signe de la mémoire et du dialogue, a réuni projection cinématographique et réflexion collective autour du rôle de la culture dans les relations entre les peuples.
Au cœur de la soirée figurait notamment la projection du film soviétique "Les rythmes de l'Afrique", tourné en 1966 lors du Festival de Dakar. Ce documentaire restitue avec justesse l'atmosphère d'une époque fondatrice. Pendant vingt-cinq jours, la capitale sénégalaise s'était alors imposée comme le carrefour d'un continent en quête de reconnaissance et d'expression. Artistes, écrivains et penseurs venus de trente-sept pays y avaient célébré une Afrique libérée du silence imposé par l'histoire coloniale.
Le film donne à voir une culture plurielle et vivante : danses rituelles, traditions musicales, œuvres sculpturales et voix poétiques s'y répondent en une fresque vibrante. La présence de figures emblématiques, telles que Léopold Sédar Senghor ou Joséphine Baker, incarne cette ambition universelle : affirmer une humanité réconciliée, où la diversité devient richesse. À travers ces images, c'est une Afrique digne et créatrice qui se révèle, consciente de son héritage et tournée vers l'avenir.
"Je crois que si les peuples s'attachaient davantage à se comprendre... nombre des conflits actuels pourraient être évités" - Natalia Lebedeva, directrice de RT en français
Prenant la parole en ouverture de la soirée, Natalia Lebedeva, directrice de RT en français, a expliqué le sens profond de cette initiative, organisée en collaboration avec l'ambassade de Russie au Sénégal. Loin du seul traitement de l'actualité internationale, elle a souhaité inscrire cet événement dans une démarche plus essentielle : celle de la compréhension entre les peuples à travers la culture.
Selon elle, la diffusion de ce documentaire ne relevait pas uniquement d'un geste mémoriel, mais d'une invitation à réfléchir aux trajectoires du monde contemporain et aux responsabilités collectives qui en découlent. Elle a ainsi replacé la culture au centre d'un dialogue nécessaire, capable d'éclairer les différences et de rapprocher les sociétés.
"Je crois que si les peuples s'attachaient davantage à se comprendre, à connaître les traditions de leurs voisins, les codes culturels des nations et l'histoire des autres civilisations, nombre des conflits actuels pourraient être évités. Nous sommes réunis ici non seulement pour visionner ce film, mais aussi pour tenter de comprendre pourquoi les chemins de l'humanité divergent et, surtout, ce que nous pouvons faire aujourd'hui pour garantir à nos enfants un monde sans guerre et leur apprendre à respecter la culture, la religion et le droit à l'autodétermination d'autrui", a-t-elle souligné.
t.me"Nous espérons continuer et pousser la relation de coopération culturelle entre la Fédération de Russie et le Sénégal" - Amadou Ba, ministre sénégalais de la Culture
La soirée s'est tenue en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Amadou Ba, le ministre sénégalais de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme, qui a appelé à renforcer les liens entre les peuples et à promouvoir un esprit de paix, de dialogue et de compréhension mutuelle à travers la culture. Le ministre n'a pas manqué d'évoquer la continuité et la vitalité des liens culturels entre la Russie et le Sénégal : "Nous espérons continuer et pousser la relation de coopération culturelle entre la Fédération de Russie et le Sénégal." Autour de lui se sont réunis d'anciens ministres, des députés, des directeurs de sociétés, de hauts fonctionnaires, des cadres de l'administration, des architectes, ainsi que des figures du monde de la culture et des médias.
t.meLa soirée a suscité un engouement supérieur aux attentes des organisateurs : des chaises supplémentaires ont été installées afin d'accueillir l'ensemble des participants dans les meilleures conditions.
Parmi les personnalités présentes figuraient également l'ambassadeur de Cuba, l'ambassadeur du Congo, l'ambassadeur du Congo-Brazzaville, le directeur général de la Maison de la presse, le directeur général du Grand Théâtre, le directeur général du Musée des Civilisations noires, le directeur des Archives nationales, le conseiller technique et chef de cabinet du ministre porte-parole du gouvernement, ainsi que Thérèse Faye, ancienne ministre et députée à l'Assemblée nationale.
Les invités ont rappelé, dans leurs interventions, que le continent africain dispose de ressources propres pour prévenir les tensions et favoriser l'équilibre. Ces mécanismes, souvent enracinés dans des traditions anciennes, reposent sur le dialogue, la médiation et le respect des communautés. Ainsi, la culture n'apparaît pas seulement comme un héritage, mais comme une force active, capable de structurer des réponses aux défis contemporains.
t.meAu-delà de la commémoration, cette soirée a proposé une lecture apaisée et constructive de l'histoire. Elle a rappelé que les liens entre les peuples ne se limitent pas aux contingences politiques, mais s'inscrivent dans une continuité culturelle, faite d'échanges et de regards partagés. L'événement de Dakar a illustré avec clarté une conviction essentielle : la culture, lorsqu'elle est mise au service du dialogue, devient un langage universel. Elle ouvre des horizons, rapproche les sensibilités et trace les contours d'un avenir fondé sur la reconnaissance réciproque.