19/04/2026 ssofidelis.substack.com  4min #311541

Pourquoi craindre les tyrans ? C'est de nous qu'ils devraient avoir peur

Par  Caitlin Johnstone, le 18 avril 2026

Si mille personnes vivent sur une île et que l'une d'entre elles casse les pieds à toutes les autres, il est probable que l'île ne compte bientôt plus que 999 habitants.

C'est tout de même curieux que quelques oligarques et dirigeants d'empire puissent dicter leur loi à toute une planète peuplée d'humains.

Après tout, en ce moment même, nous sommes tous là à espérer que quelques sociopathes à Washington et Tel Aviv n'entraînent pas l'effondrement de l'économie mondiale avec leur bellicisme irresponsable contre l'Iran. Nous sommes si nombreux et eux si peu nombreux, et pourtant nous sommes tous là à nous dire : "Bon sang, j'espère pouvoir me nourrir ces prochains mois, et que le type au teint orange redevienne à peu près sensé pour quelques temps, histoire que ma famille ait de quoi manger".

Ce ne sont pourtant pas des dieux assis sur le mont Olympe exerçant un contrôle omnipotent sur notre destin depuis les sphères célestes. Ce ne sont que des hommes ordinaires, avec des corps de chair et d'os, marchant sur la même terre que nous. Ils ont la peau douce et des organes internes. Leur tête doit rester solidement attachée à leur cou s'ils veulent continuer à respirer.

Et pourtant, on leur permet de terroriser ceux avec qui ils partagent la planète.

Cela me rappelle une  citation de Scientific American sur le point de vue d'une tribu inuite sur le problème de la psychopathie :

"Dans une étude de 1976, l'anthropologue Jane M. Murphy, alors à l'université de Harvard, a découvert qu'un groupe isolé d'Inuits parlant le yupik, près du détroit de Béring, utilise un terme (kunlangeta) pour qualifier 'un homme qui... ment, triche et vole sans cesse et... abuse sexuellement de nombreuses femmes - quelqu'un qui ne tient pas compte des avertissements et que l'on amène sans cesse vers les anciens pour être sanctionné'. Lorsque Murphy a demandé à un Inuit ce que le groupe fait généralement d'un kunlangeta, il a répondu : "Quelqu'un finit toujours par le pousser de la banquise quand personne ne regarde".

Dans notre société, nous ne poussons (malheureusement) pas les psychopathes de la banquise quand personne ne regarde. Dans notre société, nous les laissons dominer le monde.

Nous avons instauré des mécanismes qui valorisent et protègent ceux qui sont prêts à tout pour se hisser au sommet. Les plus riches sont toujours ceux qui écrasent leurs concurrents et exploitent la classe laborieuse avec une cruauté sans limites. Ceux qui sont élus aux postes de pouvoir s'engagent à défendre les intérêts des riches et des puissants, quels que soient les coups bas requis. Et ceux qui sont promus à des postes de direction dans l'armée et les agences du renseignement font preuve d'une loyauté sans faille envers l'empire sanguinaire qu'ils servent.

Ces mécanismes les protègent des conséquences pourtant logiques de leurs agissements. Si vous disposez d'une bonne cagnotte, votre survie ne dépend pas de votre capacité à faire bon ménage avec les autres représentants de votre tribu. Il vous suffit d'acheter les services de votre choix, et vous êtes libre de jeter vos prestataires aux chiens si vous les rétribuez en conséquence. Si vous êtes élu à une fonction publique, votre survie ne dépend pas des intérêts de votre électorat. Vous êtes libre des pires excès et pouvez compter sur vos agents de sécurité pour assurer votre protection.

C'est une perversion de l'ordre naturel des choses. Nous ne devrions pas laisser les riches et les puissants nous maltraiter à leur guise en toute impunité. Nous représentons une supériorité numérique écrasante. Leur richesse et leur pouvoir ne reposent que sur nous.

Leur fortune dépend des salariés et des consommateurs. Leur pouvoir dépend de notre consentement collectif à appliquer des règles arbitraires établies par nos gouvernements en tant que principes absolus. La survie de ces individus ne dépend que de notre renoncement collectif à nous soulever en masse et à les mettre en pièces.

Nous sommes les seuls à pouvoir initier des changements révolutionnaires à tout moment. Nous sommes la majorité. Ce qui nous manque, c'est la volonté.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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