20/04/2026 francais.rt.com  2min #311618

Les Émirats arabes unis envisagent d'abandonner le dollar pour leurs transactions pétrolières

Source: Gettyimages.ru

[Photo d'illustration]

Les Émirats discutent avec Washington d'un soutien financier en cas de crise. La guerre américano-israélienne contre l'Iran perturbe gravement les flux énergétiques et financiers du Golfe. Abou Dhabi envisage des alternatives au dollar en cas de tensions prolongées.

Face à l'enlisement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, les Émirats arabes unis ont engagé des discussions discrètes avec Washington pour sécuriser un éventuel soutien financier d'urgence. L'idée évoquée par le gouverneur de la banque centrale, Khaled Balama, repose sur la mise en place d'une ligne de swap en dollars, qui permettrait d'accéder rapidement à des liquidités en cas de crise. Pour l'heure, cette option reste préventive, mais elle traduit une inquiétude croissante à Abou Dhabi.

Après plusieurs semaines de guerre, les effets économiques commencent à se faire sentir. Les perturbations dans le détroit d'Ormuz, les tensions sur les routes maritimes et les dommages aux infrastructures énergétiques ont fragilisé les flux pétroliers et gaziers, essentiels pour les recettes du pays. Malgré des réserves de change importantes - environ 270 milliards de dollars - et une monnaie indexée sur le dollar, les Émirats redoutent une fuite des capitaux, une volatilité accrue des marchés et un affaiblissement de leur statut de hub financier régional.

Une alternative avec le Yuan ?

Dans leurs échanges avec l'administration américaine, les responsables émiratis ont également laissé entendre qu'en cas de pénurie de dollars, ils pourraient être contraints de diversifier leurs transactions, notamment en se tournant vers le yuan chinois. Une telle évolution représenterait un signal fort, voire une remise en cause partielle de la domination du dollar dans le commerce pétrolier mondial.

Côté américain, aucune décision n'est actée. Les lignes de swap relèvent en principe de la Réserve fédérale, qui les réserve à des partenaires stratégiques ou à des crises systémiques. Des alternatives existent toutefois, comme des mécanismes via le Trésor américain, déjà utilisés dans d'autres contextes récents.

Parallèlement, les pays du Golfe s'organisent : ils lèvent des milliards sur les marchés, renforcent leur trésorerie et multiplient les consultations internationales, notamment dans le cadre des réunions du FMI et de la Banque mondiale. Tous anticipent désormais une reprise lente, même en cas de fin rapide des hostilités.

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