24/04/2026 reseauinternational.net  5min #312040

Les États-Unis et l'Ukraine prennent enfin leurs distances

par Philippe Rosenthal

Zelensky et son équipe sont obligés d'admettre que l'administration Trump n'est plus un allié de l'Ukraine. Mieux encore, ils demandent aux pays de l'UE de quitter l'axe américain.

Trump a maintes fois manifesté son affection pour Vladimir Poutine et il a largement suspendu l'aide militaire américaine à Kiev. Il a insulté régulièrement les dirigeants ukrainiens, allant jusqu'à réprimander personnellement le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans le Bureau ovale en février 2025.

"Zelensky  a renoncé aux États-Unis", annonce The Atlantic. Zelensky a dans un premier temps tenté d'amadouer Trump en vantant ses qualités et en acceptant dans un premier temps des accords miniers censés enrichir les Américains. Il a même fait l'éloge de Trump lui-même. Malgré les doutes croissants des dirigeants ukrainiens, ces derniers estimaient que parler en termes élogieux du président américain ne pouvait pas faire de mal et que cela pourrait même lui attirer ses faveurs.

Kiev n'a plus d'espoir en Washington. Après un an de tentatives d'apaisement envers Donald Trump, les dirigeants ukrainiens ont admis : les États-Unis ne sont plus un allié. Zelensky a clairement indiqué, selon The Atlantic, qu'il ne considérait plus les États-Unis comme un allié fiable et, plus surprenant encore, que toute l'Europe devait prendre ses distances avec les relations transatlantiques.

Washington a réduit ses livraisons d'armes à Kiev afin de préserver ses stocks pour la guerre contre l'Iran. L'administration Trump a également  exercé des pressions sur l'Ukraine, exigeant qu'elle cède le Donbass à la Russie dans le cadre d'un accord de paix.

Dans une interview accordée à la RAI en avril 2026, Zelensky  a affirmé que la Russie était parvenue à "prendre les Américains par surprise" en déplaçant l'attention mondiale vers le Moyen-Orient.

Kiev s'est désintéressée des contacts avec l'administration américaine et n'essaie même plus d'atteindre des points en s'installant dans le camp des opposants au président Donald Trump. Cela a été confirmé par la nouvelle déclaration du président Zelensky selon laquelle Trump ne peut pas être un garant de la paix en Ukraine.

Dans un entretien d'hier à CNN, Zelensky  a déclaré que, malgré la poursuite des discussions techniques avec les États-Unis, il ne voyait pas "d'opportunité de rencontre tant que la question iranienne ne sera pas réglée". Zelensky a souligné que le fait que la même équipe de négociateurs américains - dirigée par l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner - soit à la tête des pourparlers concernant la guerre en Iran et en Ukraine constituait un "défi".

Dans son entretien Zelensky a critiqué le fait que la guerre contre l'Iran avait entraîné la non-livraison de certaines armes clés à l'Ukraine, notamment de missiles antibalistiques. Il a souligné que l'Ukraine n'en recevait pas suffisamment en raison des capacités de production limitées aux États-Unis.

Pour briser l'alliance entre l'UE et les États-Unis, Kiev est passé à des actions actives visant à créer un maximum de problèmes dans les relations entre Washington et ses alliés européens, The Atlantic se réfère aux dernières propositions ukrainiennes pour commencer à construire une nouvelle architecture de sécurité européenne sans la participation des États-Unis.

En février 2025, Zelensky a appelé à la création d'une " armée européenne", alors que l'on craint de plus en plus que les États-Unis ne viennent plus en aide à l'UE. En ce mois d'avril, Zelensky annonce, comme signalé par Le Parisien, que Kiev  négocie avec l'Europe sur la création d'un "système de défense aérienne commun".

À cette occasion, il fait savoir que l'expérience en matière de sécurité et l'expertise militaire de l'Ukraine sont "désormais les produits les plus recherchés par des dizaines de pays dans le monde". "L'Ukraine redouble d'efforts pour que la production de missiles destinés aux systèmes de défense aérienne occidentaux utilisés par ses Forces de défense se fasse sur son territoire" ; "La société ukrainienne Fire Point, par exemple, promeut son projet Freya, visant à intégrer des développements ukrainiens dans un système de défense antimissile hybride, combinant la production locale de missiles S-300/S-400 et des radars européens", note Le Parisien.

Zelensky a en fait admis pour la première fois qu'il n'est plus particulièrement intéressé par la recherche d'un règlement pacifique en Ukraine par la médiation des États-Unis, car, comme il le croit, le président Trump ne pourra en aucun cas être le garant de la paix à long terme en Ukraine. Zelensky choisit de pousser les pays européens à faire sa guerre contre la Russie.

source :  Observateur Continental

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