par Candice van Eijk-Vacle
Aujourd'hui, 26 avril 2026, date anniversaire du 40ème anniversaire de l'accident nucléaire de Tchernobyl, parlons des projets de recherche visant à construire 27 réacteurs nucléaires SMR (Small Modular Reactor), aux Pays-Bas. Rien qu'à Hilversum, capitale des médias, la mairie souhaite investir 75 000 euros juste dans la recherche à ce sujet. 1, 2
J'ai écrit de nombreux articles sur le nucléaire 3 et, en 2022, un article sur les SMR, intitulé "SMR : Les nouveaux réacteurs nucléaires peuvent-ils répondre à l'urgence climatique ?", une interview de Roland Desbordes, physicien nucléaire, porte-parole et ancien président de la Commission pour la recherche et l'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) 4. Cet article est toujours d'actualité.
La technologie SMR n'est pas au point. Elle en est au stade expérimental. Sauf peut-être en Russie, ou bien il s'agit de propagande.
Il faudrait, dans tous les cas, de l'eau provenant de l'environnement (une rivière, un fleuve...) pour refroidir le réacteur nucléaire SMR. Même s'il existe un système de refroidissement par air (une technologie bien plus coûteuse), le refroidissement par eau reste indispensable pour le réacteur SMR produisant beaucoup de chaleur. Pour 15 MW d'électricité, il faut dissiper 30 MW de chaleur. Cela signifie que l'eau rejetée par un réacteur SMR réchaufferait l'eau de l'écosystème environnemental et, en même temps, polluerait ces eaux naturelles par des éléments et produits radioactifs ou chimiques, provenant de l'eau ayant circulé dans le réacteur.
Un SMR produirait autant de déchets nucléaires qu'une centrale nucléaire classique. La quantité dépend de la quantité d'électricité produite. À production d'électricité égale, la quantité et le type de déchets nucléaires produits sont identiques. Les déchets radioactifs émettent des rayonnements invisibles qui peuvent être dangereux (cancérigènes) voire mortels. Certains types de déchets ont une très longue demi-vie, de l'ordre des millions d'années, tel le neptunium 237. Les plus dangereux ont une concentration radioactive si élevée que seuls des équipements spécialisés peuvent manipuler leurs conteneurs. Nous ne savons pas encore comment les éliminer ou les stocker.
Il existe des risques, en cas d'incidents ou d'accidents (de centrale nucléaire ou d'avion...), de terrorisme ou de guerre, ayant pour conséquences la pollution de l'eau potable..., de la terre, de l'air. La pollution de l'air entraîne celle des pluies, et par conséquent, la pollution des paysages et de l'agriculture.
Un petit SMR a une puissance de 50 MW. Certaines éoliennes peuvent produire la même quantité d'énergie.
Les SMR rendraient les Pays-Bas dépendants des pays possédant de l'uranium, comme le Kazakhstan, ou la Russie.
Roland Desbordes écrit dans un mail le 25 avril 2026 : "Pour moi, le plus problématique est que les promoteurs... au nom de l'innovation proposent des modèles complètement nouveaux dans le principe (réacteurs à sels fondus, au plomb, à neutrons rapides, au Thorium,...). S'il s'agissait d'un prototype sur le modèle existant [classique de réacteurs]... mais en moins puissant, on saurait où on va". Il précise que des réacteurs militaires moins puissants existent déjà pour les "sous-marins", les "porte-avions chez nous" et les "barges en Russie..." Il souligne "pour vendre on nous propose de l'inédit [des réacteurs nucléaires inédits...] Grave erreur !"
Pour plus d'informations, vous pouvez contacter la CRIIRAD, association mondialement reconnue, créée après l'accident nucléaire de Tchernobyl dont l'objectif est d'informer gratuitement les citoyens sur les risques liés à la radioactivité : criirad.org
Sur le toit de la centrale de Tchernobyl, les "liquidateurs" ont 90 secondes pour jeter quelques pelletées de débris ultra-radioactifs dans le réacteur 4, éventré par l'explosion. Au-delà de deux minutes, c'est la mort assurée. Il faudra plus de 4 000 hommes pour venir à bout de cette tâche dantesque. Image extraite du documentaire "Tchernobyl, anatomie d'une catastrophe", d'Erica Jenkin et Tom Cook. IGOR KOBRIN'S CHERNOBYL ARCHIVE/ARTE
La salle de contrôle abandonnée du réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, image extraite du documentaire "Tchernobyl, anatomie d'une catastrophe", d'Erica Jenkin et Tom Cook. WINDFALL FILMS/ZDF
