01/05/2026 linvestigateurafricain.tg  3min #312592

Rdc : Joseph Kabila sur la « liste noire » américaine, l'étau se resserre

Komla YAWO

En République démocratique du Congo. L'administration américaine a annoncé des sanctions financières lourdes contre l'ancien président Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019. Accusé par Washington de "semer l'instabilité" en apportant un soutien actif à la rébellion du M23 et à sa branche politique, l'Alliance Fleuve Congo (AFC), l'ex-dirigeant voit désormais ses avoirs gelés et son accès au système financier international radicalement coupé par l'OFAC.

Washington durcit le ton pour protéger la paix. Cette décision marque un tournant brutal dans la stratégie diplomatique du président Donald Trump en Afrique centrale. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a justifié cette mesure en affirmant que ceux qui déstabilisent la région devront rendre des comptes. Cette offensive diplomatique s'inscrit dans la foulée des "Accords de Washington" signés fin 2025 entre Kinshasa et Kigali sous l'égide des États-Unis. Pour la Maison-Blanche, la neutralisation des acteurs perturbateurs est une condition sine qua non pour sécuriser l'approvisionnement en minerais stratégiques, tels que le cobalt et le coltan, essentiels à l'industrie de pointe américaine.

Le démenti formel du camp Kabila

Face à cet acte d'accusation, le camp de l'ancien président n'est pas resté silencieux et dénonce avec véhémence une cabale politique dénuée de fondement. Joseph Kabila nie toute implication avec le M23 et rejette en bloc les allégations de Washington. Ses proches rappellent avec insistance que c'est sous son propre mandat, en 2013, que cette même rébellion avait été militairement défaite par les forces régulières. Pour ses fidèles, ces sanctions ne sont que le prolongement d'un acharnement judiciaire entamé à Kinshasa, visant à faire de l'ex-chef de l'État un bouc émissaire idéal pour masquer les échecs sécuritaires du gouvernement actuel.

 Le M23 : un vecteur de chaos dans l'Est de la RDC

L'enjeu est d'autant plus grave que le M23 représente une menace existentielle pour l'intégrité de la RDC. Depuis sa résurgence, le groupe armé a provoqué une crise humanitaire sans précédent, forçant des millions de civils à fuir les combats dans le Nord-Kivu. Les exactions documentées sur le terrain, allant des exécutions sommaires au pillage organisé des ressources minières, ont placé le mouvement dans le collimateur permanent de la communauté internationale. Washington accuse directement Joseph Kabila d'avoir fourni le carburant politique et financier nécessaire à cette machine de guerre qui défie l'autorité de Kinshasa le long de la frontière rwandaise.

Kinshasa salue une victoire diplomatique

Pour le gouvernement du président Félix Tshisekedi, cette mise au ban internationale de son prédécesseur vient confirmer les soupçons de complicité qui pèsent sur lui. Les autorités congolaises, qui ont déjà condamné Kabila à la peine de mort par contumace en septembre dernier, voient dans la décision américaine une validation de leur thèse : l'instabilité à l'Est ne serait pas seulement le fait d'agressions extérieures, mais aussi d'une trahison interne au plus haut niveau. Entre une condamnation capitale dans son pays et une mort civile financière décrétée par les États-Unis, Joseph Kabila se retrouve aujourd'hui plus isolé que jamais sur l'échiquier mondial.

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