02/05/2026 ismfrance.org  4min #312626

 Le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan dénonce les pressions américaines et britanniques qu'il a subies

Karim Khan, procureur de la Cpi, révèle les pressions américaines et britanniques concernant les mandats d'arrêt israéliens

Quds News Network, 1er mai 2026.- Karim Khan, procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), a révélé les détails des fortes pressions politiques exercées par les États-Unis et le Royaume-Uni pour bloquer les mandats d'arrêt visant des responsables israéliens. Il a souligné que la Cour demeure indépendante malgré les menaces et les ingérences directes.

Dans un entretien avec le journaliste Mehdi Hasan, M. Khan a  déclaré que les pressions se sont intensifiées après qu'il a annoncé, en mai 2024, son intention de demander des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Cette démarche visait les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis lors du génocide perpétré par Israël à Gaza, qui a débuté en octobre 2023.

M. Khan a décrit des messages directs provenant de hauts responsables américains. Il a évoqué les propos du sénateur Lindsey Graham, qui lui avait déclaré lors d'un appel téléphonique que la CPI "est pour l'Afrique et les voyous comme Poutine", et non pour les "démocraties" telles qu'Israël et les États-Unis. Khan a présenté cette déclaration comme la preuve d'une tentative plus large de limiter la compétence de la Cour lorsqu'il s'agit d'alliés occidentaux.

Il a également confirmé les informations faisant état de pressions exercées par Londres avant un changement de gouvernement. Khan a indiqué que l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, l'avait averti lors d'un appel téléphonique en avril 2024 que le Royaume-Uni pourrait se retirer de la CPI et couper les vivres si des mandats d'arrêt étaient émis contre des dirigeants israéliens. Khan a ajouté que la position britannique s'était améliorée après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, sans toutefois fournir davantage de détails.

Malgré ces pressions, la CPI a persisté. En 2024, la Cour a émis des mandats d'arrêt contre Netanyahu et Gallant pour crimes de guerre commis à Gaza. Cette affaire a marqué l'une des actions les plus politiquement sensibles de l'histoire de la Cour et a suscité de vives réactions de la part d'Israël et de ses alliés.

Khan a également abordé les allégations d'inconduite sexuelle apparues durant la même période. Il a déclaré qu'un panel judiciaire indépendant de trois juges, nommé par la CPI, avait examiné l'affaire et l'avait innocenté en mars 2026. Le panel n'a trouvé aucune preuve de faute, d'abus d'autorité ou de manquement à ses obligations.

"J'ai coopéré avec la procédure et celle-ci m'a innocenté", a déclaré M. Khan, ajoutant qu'aucune des conclusions de l'enquête menée sous l'égide de l'ONU ne corroborait les accusations de comportement inapproprié.

L'enquête a débuté en novembre 2024 suite à une plainte déposée par un membre du cabinet de M. Khan. Une seconde allégation a suivi quelques mois plus tard. Ces accusations ont émergé alors que le cabinet de M. Khan menait une enquête très médiatisée sur les actions israéliennes à Gaza, soulevant des questions quant au calendrier et au contexte politique.

M. Khan a indiqué que l'affaire pourrait être de nouveau inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée des États parties, l'organe directeur de la CPI. Cette assemblée, qui compte 125 États membres, a le pouvoir de voter des mesures disciplinaires, y compris une éventuelle destitution, malgré l'acquittement.

M. Khan a critiqué la procédure en cours. Il a suggéré que certains pays pourraient tenter de prolonger la procédure pour des raisons politiques plutôt que juridiques. Selon lui, cette approche compromet le respect des procédures légales et risque de nuire à la crédibilité de la Cour.

Ces développements mettent en lumière les tensions croissantes entre la CPI et les puissants gouvernements occidentaux. Ils soulèvent également des inquiétudes quant à l'influence politique sur la justice internationale, notamment dans les affaires concernant les crimes israéliens et le génocide à Gaza.

Article original en anglais sur  Quds News Network / Traductrion MR

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