04/05/2026 francais.rt.com  3min #312822

Londres refuse d'ouvrir une enquête sur des Britanniques accusés de crimes de guerre à Gaza

© Getty Images

Soldats israéliens dans la bande de Gaza. [Image d'illustration]

La police britannique refuse d'enquêter sur dix ressortissants accusés de crimes de guerre à Gaza. Un dossier de 240 pages évoquait des attaques contre civils, hôpitaux et travailleurs humanitaires. Les autorités invoquent l'absence de perspectives de condamnation pour justifier leur décision. Les ONG dénoncent un refus prématuré.

La police métropolitaine de Londres a décidé de ne pas ouvrir d'enquête contre dix ressortissants britanniques, dont des binationaux, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour leur participation présumée aux opérations militaires israéliennes à  Gaza, rapporte un article de Middle East Eye paru le 2 mai.

La procédure faisait suite à un dossier de 240 pages déposé en avril dernier par le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR) et le Centre de droit d'intérêt public (PILC), accompagné du soutien de plus de 70 juristes et experts des droits humains.

Ce rapport détaillait des allégations graves : attaques contre des civils et des travailleurs humanitaires, frappes sur des zones résidentielles, tirs délibérés sur des hôpitaux et déplacements forcés de populations, en lien avec les opérations militaires israéliennes à Gaza.

Manque de partialité de la justice ?

Dans sa réponse du 27 avril, la police a estimé qu'il n'existait pas de perspectives réalistes de condamnation et que les conditions ne permettaient pas de mener une enquête efficace, tout en reconnaissant que certaines actions à  Gaza pourraient relever du droit international humanitaire.

Les organisations plaignantes dénoncent une décision "prématurée" et estiment que les autorités ont appliqué un seuil juridique trop strict, empêchant l'ouverture même d'une phase d'enquête destinée à vérifier les éléments disponibles.

Selon leurs avocats, cette position risque de créer un vide juridique concernant d'éventuelles responsabilités de citoyens britanniques impliqués dans des conflits à l'étranger, alors que la collecte de preuves exige précisément une enquête approfondie.

Cette décision intervient dans un contexte sensible au Royaume-Uni, où les débats sur la guerre à Gaza, la liberté d'expression et les manifestations pro-palestiniennes se sont intensifiés ces derniers mois.

Elle s'ajoute à d'autres controverses liées à la présence de ressortissants britanniques dans l'armée israélienne et aux questions de responsabilité internationale dans un conflit ayant fait des dizaines de milliers de victimes à Gaza.

 francais.rt.com