05/05/2026 reseauinternational.net  15min #312911

Comment l'Europe affronte la Byd-isation

par François Vadrot

Après avoir dévoré le monde, la vieille Europe serait en train de se faire "dévorer" à son tour.

Nous avions envisagé de terminer notre série sur la BYD-isation par la couche basse de la production, le silicium, après l'annonce officielle du nouveau processeur Ascend 950PR d'Huawei, mais nous nous sommes aperçus que l'essentiel du sujet avait déjà été traité dans notre article du 18 avril, " DeepSeek V4 sur silicium chinois (Huawei) : un signal pour l'Asie, un avertissement pour Nvidia". Puis notre "journal de référence" favori, Le Monde, a publié un dossier en quatre parties intitulé " Comment la Chine dévore l'Europe". Le détour s'est imposé, car ce dossier permet de mesurer l'écart entre la prise de conscience européenne et la réalité de la BYD-isation.

Le dossier du Monde : une prise de conscience tardive

Le dossier que Le Monde vient de consacrer à la puissance industrielle chinoise marque un moment dans la prise de conscience européenne. Dans quatre éditions successives, du 28 avril au 2 mai, le quotidien a documenté pour le grand public une réalité que les industriels directement exposés avaient déjà intégrée : la Chine a cessé d'être seulement l'atelier du monde, le fournisseur bon marché ou le sous-traitant discipliné des groupes occidentaux. Elle est devenue un centre de production, d'innovation, de financement, de normalisation et d'exportation de systèmes complets.

Le dossier suit une trajectoire classique. Le premier volet revient sur les erreurs européennes : coentreprises imposées, transferts de technologie, formation des ingénieurs chinois, adhésion de Pékin à l'OMC en 2001, sous-estimation durable de la montée en gamme chinoise. Olivier Lluansi, ancien conseiller industrie de François Hollande, résume cette séquence par une phrase sèche : "Nous leur avons donné nos plans". Le même article rappelle que les coentreprises à 50-50, promues dès la fin des années 1970 par Deng Xiaoping, ont apporté aux Chinois le partage des technologies, l'ouverture d'usines et la formation du personnel local.

Le deuxième volet dresse l'inventaire : batteries, véhicules électriques, panneaux solaires, TGV, drones, nucléaire, médicaments innovants, additifs alimentaires, intelligence artificielle industrielle. La Chine assemble, conçoit, finance, automatise, exporte, contrôle les matières premières, structure les fournisseurs et accélère les cycles de développement. Elle cherche à verrouiller l'ensemble des chaînes de valeur, des ressources critiques au produit fini.

Le troisième volet, le plus fort du dossier à nos yeux, quitte les discours européens pour suivre les routes industrielles du Yangzi et de la rivière des Perles. Ports, usines, villes spécialisées, fournisseurs proches, ingénieurs, robots, conteneurs, plateformes logistiques : la puissance chinoise y apparaît dans sa matérialité. Le quatrième volet revient en Europe et décrit une Union inquiète, divisée, incapable de transformer son diagnostic en stratégie commune.

Le cadrage émotionnel : une Chine qui dévore, une Europe qui subit

Le vocabulaire de la sidération européenne issu de la boite à clichés du journal Le Monde : la mutation industrielle chinoise est présentée comme une scène de panique - éléphant dans la pièce, animal pris dans les phares, ogre, rouleau compresseur, choc ravageur, raz-de-marée, menace systémique, danger de mort.

Le dossier acte un basculement mais se trouve limité par son cadrage, exprimé dans son titre. La Chine y apparaît comme une force qui avance de façon déloyale, l'Europe comme un corps débordé. Le vocabulaire reprend des clichés dans le registre du choc : images d'éléphant dans la pièce, d'animal pris dans les phares d'une voiture, d'ogre qui dévore, de rouleau compresseur qui écrase, de choc ravageur, de raz de marée, de menace systémique, de danger de mort. Cela traduit une inquiétude réelle. Et cela réduit aussi la situation à un face-à-face : la Chine attaque, l'Europe encaisse, le reste du monde demeure hors champ.

Ce cadrage renseigne davantage sur l'état mental européen que sur la nature du phénomène. Car le sujet dépasse largement l'offensive chinoise contre l'Europe : il touche à la diffusion d'une nouvelle norme industrielle, technique et logicielle. Elle peut passer par des entreprises chinoises, des coentreprises, des fournisseurs, des plateformes, des logiciels ou des marques non chinoises. Elle se répand parce qu'elle produit moins cher, plus vite, avec une meilleure intégration entre matériel, logiciel, énergie, logistique et données.

Depuis plusieurs articles, nous avons proposé le concept de BYD-isation pour décrire ce déplacement. La BYD-isation commence lorsqu'une entreprise ou un écosystème chinois prend des parts de marché et modifie en même temps les critères de compétitivité dans un secteur. Les concurrents perdent des ventes. Ils perdent aussi la capacité de fixer la norme.

Le mot qui change de statut : "BYDisé" chez Veolia

L'un des signaux les plus intéressants du dossier vient de Veolia. Estelle Brachlianoff, directrice générale du groupe, explique que l'Europe conserve encore une avance dans le traitement de l'eau et le recyclage, tout en appelant à rester vigilante pour éviter d'être "BYDisé". Le mot compte, car il quitte l'automobile. Il entre dans la langue patronale française comme une catégorie de risque industriel.

La BYD-isation ne désigne donc plus seulement l'ascension de BYD. Elle décrit un mécanisme plus large : intégration verticale, coûts plus bas, cycles de développement raccourcis, maîtrise des composants, logiciel embarqué, usage du marché chinois comme laboratoire, financement public ou parapublic, capacité à proposer des systèmes complets. Dans notre premier article sur le sujet, nous la définissions déjà comme une reconfiguration des règles du jeu : le produit chinois devient la nouvelle référence et oblige les concurrents à se repositionner autour de lui.

Dans l'automobile, cette logique est déjà visible. Les constructeurs étrangers utilisent la Chine comme base industrielle, technologique et logicielle pour le reste du monde. Dans notre article sur Volkswagen et Nissan, nous rappelions que la formule a changé : elle n'est plus "en Chine, pour la Chine", elle devient "en Chine, pour le monde". Les constructeurs étrangers adoptent les méthodes chinoises pour rester dans la course, puis commencent à les exporter sous leurs propres marques.

Le dossier du Monde rejoint cette analyse sans la formuler. Son apport principal tient à la matière collectée : témoignages de dirigeants, exemples sectoriels, scènes de terrain, aveux d'industriels. Son angle mort tient à la manière de lire cette matière. Le quotidien voit une menace chinoise contre l'Europe. Il ne regarde pas la façon dont les standards chinois commencent déjà à s'intégrer dans les stratégies des entreprises européennes elles-mêmes.

Les industriels ont déjà commencé à s'adapter

Le dossier laisse apparaître une fracture qu'il ne traite pas frontalement : les industriels européens et les responsables politico-technocratiques ne parlent plus la même langue.

Les industriels raisonnent en coûts, délais, usines, plateformes, batteries, logiciels, fournisseurs, débouchés. François Jackow, directeur général d'Air liquide, voit dans l'évolution chinoise une "opportunité à saisir" pour l'industrie européenne. Il reconnaît que la Chine est devenue un moteur d'avancées technologiques et que les groupes européens apprennent désormais de leurs partenaires locaux, y compris au niveau opérationnel. Son propos relève du langage de la production. Il regarde ce qui fonctionne, ce qui réduit les coûts, ce qui maintient les positions.

Le passage sur EDF raconte la même inversion. Des ingénieurs chinois venus autrefois se former au nucléaire en France se désignaient comme la "dream team". Aujourd'hui, la France envoie à son tour une équipe d'ingénieurs en Chine pour se former aux meilleures technologies chinoises. Le déplacement du centre de compétence ne relève plus de l'hypothèse. Il s'observe dans la circulation des ingénieurs.

Stellantis suit la même logique. Le groupe distribue les voitures de Leapmotor en Europe, dont il a acquis 20%, et envisage d'utiliser sa technologie sur ses propres modèles électriques. Dongfeng pourrait aussi produire en Europe, dans une usine Stellantis, des modèles électriques destinés à contourner les droits de douane et à remplir des capacités sous-utilisées.

Ces choix industriels ne relèvent pas d'une fascination pour la Chine. Ils répondent à une contrainte pragmatique : produire avec des briques chinoises vaut mieux que sortir du marché.

Nous avions déjà observé le même mouvement chez Volkswagen, Nissan, Honda ou Renault. Volkswagen s'adosse à Xpeng et Horizon Robotics. Nissan travaille avec Dongfeng et Momenta. Honda introduit au Japon une voiture électrique fabriquée en Chine. Renault s'appuie sur Geely, notamment au Brésil et en Corée. Les standards chinois - batteries, puces, logiciels, conduite autonome, assistants embarqués - voyagent sous d'autres pavillons. Le client achète une marque connue, avec une architecture technologique de plus en plus chinoise.

La BYD-isation avance ainsi par adaptation. Elle n'a pas besoin de remplacer toutes les marques étrangères par des marques chinoises. Elle peut passer par leur appareil productif, leurs catalogues, leurs réseaux de distribution, leurs coentreprises et leurs plateformes.

Les technocrates rêvent d'un retour de balancier

Les responsables politiques et technocratiques européens parlent autrement. Leur vocabulaire est celui de la réciprocité, du rapport de force, du réarmement industriel, des droits de douane, de la menace systémique. Nicolas Dufourcq appelle à traiter les Chinois comme ils auraient traité les Européens. François Godement évoque un "Deng Xiaoping inversé", censé renverser les rôles entre l'Europe et la Chine.

La Commission européenne avance dans la même direction. Le projet de loi sur l'accélération industrielle introduit de la préférence européenne dans les marchés publics et dans les aides d'État, tout en renforçant le contrôle des investissements étrangers. Le dossier du Monde cite une formule de la Commission assumant l'idée d'appliquer aux entreprises chinoises la méthode longtemps utilisée par Pékin avec les entreprises européennes.

Cette fermeté arrive tard. Elle regarde surtout vers un passé que l'Europe imagine pouvoir rejouer à l'envers. Les industriels cherchent des solutions opérationnelles dans un monde déjà transformé. Les technocrates cherchent une doctrine de revanche dans un monde qu'ils ont cessé de structurer.

Industriels et technocrates apparaissent décalés : les premiers remplissent les usines, négocient avec les fournisseurs, intègrent des plateformes, raccourcissent les cycles, acceptent des dépendances partielles pour rester dans la course ; les seconds parlent de souveraineté, de fermeture temporaire, de réciprocité, de défense commerciale.

Les politico-technocrates nomment enfin le problème, mais au moment où les instruments de réponse se sont affaiblis : énergie chère, sous-traitance éclatée, capital industriel insuffisant, formation technique dévalorisée, chaînes de valeur abandonnées.

Pourquoi l'histoire ne se rembobine pas

L'idée du "Deng Xiaoping inversé" repose sur une symétrie trompeuse. La Chine des années 1980 voulait apprendre. Elle disposait d'un marché immense, d'une main-d'œuvre abondante, d'un État stratège, mais dépendait encore largement des technologies étrangères. Les groupes européens, japonais et américains voulaient accéder à ce marché. Pékin a transformé cet accès en monnaie d'échange : produire sur place, former les ingénieurs, accepter les coentreprises, partager une partie des savoir-faire.

L'Europe de 2026 se trouve dans une autre position. Elle reste un marché riche, mais vieillissant, fragmenté, politiquement divisé, largement désindustrialisé. Une part importante de son capital humain s'est déplacée vers la finance, le conseil, le droit, les services, les fonctions de conformité. Les entreprises chinoises qui s'installent en Europe arrivent avec des chaînes structurées, des coûts plus bas, des cycles plus rapides, des batteries, des plateformes, des logiciels, des clouds, des ingénieurs à profusion, des financements et des débouchés alternatifs à l'Europe.

Leur implantation européenne sert à contourner des droits de douane, localiser une partie de la production, accéder à un marché solvable et installer leurs standards au plus près des consommateurs. Elle peut aussi occuper des capacités sous-utilisées lorsque cela a un intérêt, mais les industriels chinois savent construire des sites neufs, conçus dès l'origine autour de leurs propres standards d'automatisation, de robotique et de pilotage par l'IA. Ils ne viennent pas principalement chercher en Europe des capacités de production matérielles ou humaines, ni un moyen de monter en gamme.

Une coentreprise imposée à Peugeot ou Volkswagen en Chine dans les années 1980 participait à l'apprentissage chinois. Une coentreprise imposée aujourd'hui à BYD, CATL, Geely ou Huawei en Europe risque surtout d'ancrer davantage les standards chinois dans l'appareil productif européen. Le moment historique, le rapport de force et l'objet même du transfert ont changé.

La Chine a utilisé les transferts de technologie pour apprendre à se passer de l'Europe. L'Europe risque aujourd'hui de les utiliser pour continuer à produire avec la Chine.

Cette irréversibilité reste peu traitée dans le dossier du Monde. Le quotidien raconte très bien comment l'Europe a cédé une partie de son expertise. Il évoque ensuite la tentation d'un retour du balancier. Entre les deux, le contexte a changé. La Chine de Deng cherchait à rattraper un monde industriel dont l'Europe, le Japon et les États-Unis détenaient les clés. La Chine de 2026 participe désormais à la définition de ces clés.

La vraie faiblesse européenne : réguler sans produire les standards

Cette irréversibilité tient aussi à une confusion européenne ancienne. L'Union s'est pensée comme puissance normative alors qu'elle a surtout produit des règles d'accès à son marché.

L'Union européenne sait réglementer, certifier, contrôler, sanctionner. Le RGPD, les règles de concurrence, les normes environnementales et les procédures de conformité lui ont donné l'image d'un continent capable d'imposer ses règles. Mais réglementer un marché ne suffit pas à produire les architectures dont les autres dépendent.

Dans le numérique, l'Europe vit depuis longtemps sous standards usaméricains : Windows, iOS, Android, AWS, Google, Apple, Microsoft, Nvidia, CUDA. Les systèmes d'exploitation, les clouds, les magasins d'applications, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les environnements de développement sont venus d'ailleurs. Cette dépendance paraissait acceptable tant qu'elle appartenait à l'espace occidental transatlantique.

L'émergence des standards chinois met à jour la faiblesse de ces choix. Les standards usaméricains dominent encore le numérique au sens large, mais les standards chinois s'imposent déjà dans les batteries, le solaire, certaines chaînes industrielles, et avancent rapidement dans l'automobile, l'IA embarquée, la robotique, les infrastructures et les systèmes complets.

L'automobile connectée condense ce basculement. Une voiture moderne est un écran, un assistant vocal, une connexion cloud, un système de données, un logiciel de conduite, une batterie, des capteurs, des mises à jour. Les véhicules produits en Chine intègrent déjà des puces de Horizon Robotics, des systèmes de conduite autonome de Momenta, des assistants Huawei, des services cloud et des interfaces natives. La marque visible peut rester allemande, française ou japonaise ; l'architecture devient partiellement chinoise.

HarmonyOS donne la forme la plus claire de cette bataille. Huawei a bâti un système d'exploitation pensé pour fonctionner sur téléphones, montres, téléviseurs, électroménager et automobiles. Dans la voiture, il ne projette pas simplement un smartphone sur un écran ; il vise l'intégration native du véhicule dans un écosystème connecté. Si un tel système équipe des modèles exportés par des constructeurs non chinois, le standard logiciel chinois circule sous pavillon étranger.

L'enjeu porte donc sur l'architecture complète : rythme de développement, composants, données, logiciel, mises à jour, services, financement, matières premières, système d'ensemble. La défense commerciale peut ralentir certains flux. Elle ne produit pas à elle seule une architecture de remplacement.

Le monde que le dossier du Monde laisse en marge

La réversibilité devient encore plus improbable dès que l'on sort du tête-à-tête Europe-Chine. Le dossier du Monde regarde le marché européen. Les standards chinois, eux, circulent déjà ailleurs.

L'Asie du Sud-Est offre l'exemple le plus net. L'ASEAN ne choisit pas simplement entre Washington et Pékin. Elle segmente, retarde, combine. Dans notre article sur le sommet de Kuala Lumpur de fin octobre 2025, nous avions décrit cette méthode : signer vite avec l'un, lentement avec l'autre, utiliser le temps comme instrument de souveraineté, gérer deux systèmes incompatibles plutôt que choisir un camp. L'ASEAN organise sa compatibilité avec plusieurs centres de puissance.

Kuala Lumpur a résumé ce déplacement. En quelques jours, la Malaisie a accueilli un accord bilatéral avec les USA, la mise à niveau 3.0 de l'accord de libre-échange ASEAN-Chine et des consultations sino-américaines. L'Asie du Sud-Est n'apparaît plus seulement comme un terrain traversé par la rivalité des grands. Elle devient un lieu de régulation, de temporisation, d'arbitrage.

Le Brésil suit une logique comparable. Il accueille les constructeurs chinois en négociant usines, contenu local, emplois, transferts partiels, implantations régionales. Il dispose d'un marché, d'une base industrielle, d'une diplomatie, d'une appartenance aux BRICS, d'un poids agricole, énergétique et minier. Renault avec Geely au Brésil en donne un exemple : la plateforme chinoise devient un outil pour rester présent sur des marchés non européens.

Le Golfe investit dans l'IA, les data centers, les véhicules électriques et les infrastructures énergétiques. L'Afrique tente de convertir l'investissement chinois en routes, ports, énergie, télécommunications et industrialisation locale. Ces trajectoires restent fragiles, parfois contradictoires, souvent dépendantes. Elles indiquent malgré tout que l'Europe ne définit plus seule les conditions du développement industriel.

Les 450 millions de consommateurs de l'Union restent attractifs. Le marché européen demeure riche. Mais il est aussi lent, fragmenté, administrativement lourd, politiquement divisé. Une fermeture brutale ne ferait pas disparaître les standards chinois. Ils circuleraient ailleurs, se renforceraient ailleurs, puis reviendraient par d'autres voies, sous pavillon extra-européen.

La réponse européenne ne peut donc pas tenir dans la seule réciprocité. Protéger certains secteurs, filtrer des investissements sensibles, défendre des infrastructures critiques, exiger du contenu local ou des implantations productives peut avoir un intérêt. Aucune de ces mesures ne remplace une stratégie de standards, de formation, d'énergie, de capital industriel, de logiciel et de commande publique.

Le dossier du Monde nomme le choc. Il montre aussi, par contraste, le décalage européen. Les industriels s'adaptent parce qu'ils doivent produire. Les technocrates parlent de revanche parce qu'ils arrivent tard. La tâche européenne consiste désormais à retrouver une place dans un monde où les standards se forment ailleurs, circulent vite, s'hybrident dans les usines, les batteries, les logiciels et les plateformes, puis reviennent sous des marques que l'on croyait familières.

source :  François Vadrot

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