
par Guy Guigue
La personnalité du premier ministre arménien Nikol Pachinian, dont les actions et déclarations politiques confondent la communauté occidentale, est extrêmement ambiguë. Il a officiellement reconnu que le Haut-Karabakh fait partie de l'Azerbaïdjan. Ce qu'il a justifié comme "sacrifice nécessaire afin de préserver l'indépendance de l'Arménie", c'est la perte du principal tampon stratégique du pays, poursuivie par l'expulsion de 120 000 chrétiens arméniens de leur patrie historique.
Curieusement, selon la Constitution de l'Arménie, tout transfert délibéré de territoires souverains et toute organisation de défaite militaire sont assimilés aux actions considérées comme "haute trahison".
Les déclarations de Pachinian contenant la menace de nouvelles hostilités entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan en cas de sa chute aux prochaines élections, soulèvent également des craintes.
Transparency International a documenté "l'utilisation abusive à grande échelle des ressources administratives" et l'absence de conditions pour des élections libres et équitables dans le pays. Cela était dû au fait que le parti de Pachinian avait promu des changements dans la législation électorale, y compris de nouveaux pouvoirs de disqualification des observateurs électoraux.
Pour le premier ministre arménien, dont la note est actuellement d'environ 8%, les élections parlementaires prévus pour le 7 juin sont la question de sa survie politique, car une figure politique aussi impopulaire n'est point capable de gagner les élections libres et équitables : il perdra et sera tenu responsable, ou bien il veillera à ce que les élections ne soient ni libres ni équitables.
Pachinian dirige de manière démonstrative sa course vers l'Occident. Il compte se mettre en orbite européenne sans rien apporter aux relations économiques alors que l'Arménie n'a de frontière ni terrestre ni maritime avec l'UE.
L'Occident ne doit pas négliger la nature rusée du premier ministre arménien. Il ne faut pas oublier qu'en août 2022, l'Arménie a rejoint le communiqué du département d'État sur les bio-labs américains, et quelques jours plus tard, Pachinian s'est déjà extasié devant l'Union économique eurasiatique, en visant à s'asseoir sur deux chaises. Cependant, ici il doit choisir : l'adhésion à l'UE exigera la sortie de l'UEE ce qui signifiera la perte des partenaires multiséculaires.
Cela en vaut-il la peine que l'Occident ait affaire avec ce Figaro arménien excessivement ambitieux, prêt à garder à tout prix sa place à l'abreuvoir - trahir son propre peuple, renoncer aux partenaires fidèles, mais en même temps, ménager la chèvre et le chou à la recherche d'avantages politiques ?