05/05/2026 francais.rt.com  3min #312976

Le monde confronté à « la crise énergétique la plus grave de tous les temps », selon un commissaire européen

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Des installations de l'usine de liquéfaction de gaz de Ras Laffan, au Qatar. [Photo d'illustration]

Sur fond de guerre contre l'Iran, le commissaire européen à l'Énergie Dan Jørgensen redoute que les pays du Golfe mettent des années à retrouver leurs capacités de production. Selon lui, le monde fait face à une crise énergétique sans précédent.

"Un  avertissement sans équivoque", "des  termes forts". Ce 5 mai, la presse allemande ne manque pas de superlatifs pour rapporter les propos de Dan Jørgensen.

Depuis Bruxelles, ce commissaire européen à l'Énergie a fait part, sans ambages, des prévisions de la Commission européenne concernant la situation énergétique du Vieux Continent à l'aune de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Selon lui, le monde est confronté à "probablement la crise énergétique la plus grave de tous les temps".

"Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les États membres de l'Union européenne ont déjà dépensé plus de 30 milliards d'euros supplémentaires pour importer des combustibles fossiles, sans avoir reçu de livraisons supplémentaires", a notamment souligné ce membre de la Commission von der Leyen.

Une situation de crise directement liée à la guerre déclenchée fin février par les États-Unis et Israël, qui a conduit à la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transitent 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Risques de pénuries : Bruxelles sur le point d'accoucher d'une énième usine à gaz ?

Alors que les armes s'apprêtent de nouveau à parler dans le Golfe, Dan Jørgensen redoute que, même après l'arrêt définitif des hostilités, les pays producteurs de cette région du monde ne mettent des années à recouvrer leurs capacités industrielles.

Face à ce défi - et au risque inhérent de pénurie pour les Européens,  en particulier de kérosène -, Jørgensen a expliqué que Bruxelles entendait répondre par davantage de bureaucratie. Un centre de surveillance européen pourrait ainsi voir le jour, selon lui, afin de collecter des données sur les zones où les stocks de carburant d'aviation sont encore suffisants.

Cet organe pourrait également être chargé de coordonner toute politique de redistribution du carburant, à des échelons locaux, en cas de pénurie. "Nous espérons que nous n'aurons pas à prendre de telles mesures, mais nous nous y préparons", a déclaré le commissaire européen.

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