Grégoire Lalieu
AFP
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
Un faucon à la table des négociations
L'équipe US censée négocier avec l'Iran ne brillait déjà pas beaucoup par ses talents diplomatiques. Le renfort qui vient de rejoindre ses rangs ne laisse rien présager de bon. Nick Stewart, directeur du lobbying à la Foundation for the Defense of Democracies (FDD), a en effet rejoint l'équipe de Steve Witkoff. Ce think tank notoirement belliciste, rappelle Antiwars, milite depuis de nombreuses années pour des actions agressives contre la République islamique.
"Le fait d'intégrer un membre du FDD à son équipe laisse fortement penser que la conclusion d'un accord diplomatique n'est pas l'objectif de Trump", a commenté sur X Trita Parsi, experte de l'Iran et vice-présidente exécutive du Quincy Institute for Responsible Statecraft.
La guerre n'aurait pas d'impact sur le programme nucléaire iranien
Un article du quotidien israélien Haaretz explique que d'après les services de renseignement américains, les frappes récentes des États-Unis et d'Israël n'ont eu qu'un impact limité sur le programme nucléaire iranien et n'ont pas réellement modifié le délai dans lequel l'Iran pourrait fabriquer une arme nucléaire. Malgré plusieurs mois de conflit, il serait toujours possible pour l'Iran de produire une bombe dans un laps de temps similaire à celui estimé auparavant. Cette situation s'explique notamment par le fait que les attaques américaines ont principalement ciblé des installations militaires classiques, alors que les sites nucléaires les plus sensibles sont fortement enfouis et difficiles à atteindre.
Selon les analystes, l'Iran conserverait son stock d'uranium hautement enrichi, dont une partie serait entreposée dans des installations souterraines comme celle d'Ispahan, dont l'AIEA n'a pas pu vérifier précisément l'emplacement depuis la suspension des inspections. Les frappes de juin ont sérieusement endommagé plusieurs grands sites nucléaires, notamment Natanz, Fordow et Ispahan, mais une grande quantité d'uranium enrichi reste introuvable, ce qui réduit la portée stratégique de ces attaques.
La marine US passe un gros contrat pour détecter les mines via l'intelligence artificielle
La marine américaine a confié à l'entreprise californienne Domino Data Lab un contrat pouvant atteindre 100 millions de dollars pour déployer de l'intelligence artificielle sur des drones sous-marins chargés de détecter les mines iraniennes dans le détroit d'Ormuz, selon Bloomberg.
Le logiciel analyse les données des sonars et capteurs visuels afin d'identifier rapidement de nouveaux types de mines. Là où l'adaptation des modèles de détection prenait auparavant jusqu'à six mois, Domino affirme pouvoir réduire ce délai à quelques jours, voire une semaine dans certains cas.
Même si le président Donald Trump déclare que les négociations avec l'Iran avancent bien, les États-Unis souffrent du blocage du détroit d'Ormuz et cherchent une parade.
Israël poursuit son nettoyage ethnique au Liban
Les forces israéliennes ont empêché les équipes de la Croix-Rouge de récupérer les corps et d'évacuer les blessés à Majdal Selm, une ville du district de Nabatieh, a rapporté Al Mayadeen.
L'armée a également ordonné l'évacuation forcée de neuf villages du même district, tuant au moins huit personnes lors de nouvelles frappes samedi, selon "L'Orient Today". Les forces israéliennes ont par ailleurs démoli un monastère et une école tenus par les Sœurs du Saint-Sauveur à Yaroun, un village frontalier.
De son côté, le journaliste de Press TV, Hadi Hoteit, a déclaré que les forces israéliennes avaient détruit un centre communautaire centenaire dans son village de Dweir, dans le sud du Liban : "Nous avons du mal à gérer la quantité de terreur subie par notre peuple La mémoire collective d'un siècle a été effacée."
The Israeli enemy today destroyed the 100 years old historic religious community center in my village, Dweir.
Sayed Moussa AlSader, Sheikh Ragheb Hareb, Sayed Abbas AlMoussawi and many other historic leaders of Lebanon and Lebanese resistance gave speeches in it.
The collective... pic.twitter.com/KWDHLXZyJ1- Hadi Hoteit |هادي حطيط (@HadiHtt) May 2, 2026
Le plus grand choc pétrolier de l'histoire récente
Les marchés redoutent un véritable choc d'approvisionnement mondial, alors que seuls quelques navires pétroliers traversent encore le détroit d'Ormuz.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il s'agit du plus important choc pétrolier de l'histoire récente. Plusieurs grandes banques américaines estiment désormais plausible un baril à 150 dollars si les perturbations persistent. JP Morgan évoque un Brent entre 120 et 130 dollars à court terme, avec un risque de flambée supplémentaire si la situation dure jusqu'à la mi-mai. Les analystes de JP Morgan indiquent que les stocks mondiaux de pétrole absorbent les perturbations d'approvisionnement actuelles, mais soulignent que les réserves sont bien plus faibles que ne le laissent penser les chiffres officiels.
Goldman Sachs se montre un peu moins alarmiste, tout en reconnaissant des risques élevés liés aux pénuries et à la hausse des produits raffinés. La banque estime toutefois qu'un retour progressif à la normale pourrait intervenir d'ici fin juin.
Le principal facteur qui pourrait faire redescendre les prix reste donc une réouverture crédible et durable du détroit d'Hormuz. Autrement dit, la fin de cette guerre déclenchée par Trump et Netanyahou...

