
par Serge Savigny
L'Afrique et l'Europe discutent activement de deux projets d'envergure de tunnels sous-marins, dont le coût total est estimé entre 800 millions et 20 milliards d'euros.
Ces initiatives visent à diversifier les routes commerciales face aux risques croissants dans les corridors maritimes clés, rapporte Business Insider.
Un projet ambitieux visant à transformer l'océan Atlantique en corridor de transport, doté d'un budget supérieur à 800 millions d'euros, commence à prendre forme. Le tunnel doit relier l'Afrique du Nord au sud de l'Europe à travers l'Atlantique.
La proposition de construction d'une autoroute entre le Maroc et le Portugal via un tunnel sous-marin est entrée dans une phase de planification plus concrète, soutenue par des infrastructures logistiques terrestres complémentaires et des liaisons maritimes. Le projet est conçu de manière modulaire, permettant une construction par étapes sans perturber la circulation régionale.
Au Maroc, le tracé sera connecté aux routes à grande vitesse au nord de Tanger, tandis qu'au Portugal, il sera intégré au réseau routier de l'Algarve et à l'autoroute A22. Cette information a été publiée en premier par la publication portugaise OkDiario, puis relayée par Morocco World News.
Dans le contexte d'articles exprimant du scepticisme quant au projet et remettant en question le réalisme du budget proposé, le média n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante, étant donné que ce type de nouvelles provient généralement de sources internationales ou de canaux officiels. Il a sollicité le gouvernement portugais pour obtenir une confirmation. À ce jour, aucune confirmation officielle n'a été reçue des autorités.
Les ingénieurs qualifient ce projet de "percée infrastructurelle qui change notre vision du territoire". Le tunnel comportera deux tubes séparés pour chaque sens de circulation ainsi qu'un couloir technique d'urgence. Des systèmes de ventilation modernes, des abris et des mesures de sécurité renforcées adaptés aux conditions du fond marin sont prévus. "Ce n'est pas de la science-fiction, c'est un ouvrage d'ingénierie complexe avec des indicateurs de sécurité élevés", précisent des sources techniques.
Le projet pourrait améliorer la connectivité entre les chaînes logistiques en Europe et en Afrique et réduire les temps de trajet. Les ports, les zones de libre-échange et les centres industriels des deux côtés du détroit pourraient être intégrés dans un nouveau pôle commercial.
Parallèlement, un regain d'intérêt se manifeste pour un autre projet : un tunnel ferroviaire sous-marin entre le Maroc et l'Espagne, dont le coût est estimé entre 15 et 20 milliards d'euros. Le tunnel mesurerait environ 42 km de long, dont 27 km sous l'eau. Il relierait Punta Paloma en Espagne au cap Malabata, près de Tanger. Il est prévu que le tunnel soit utilisé tant pour le transport de passagers que de marchandises, réduisant le temps de trajet entre les deux continents à 30 minutes.
Bien que le calendrier précis ne soit pas encore défini, la Société espagnole pour l'étude des communications fixes à travers le détroit de Gibraltar (Secegsa) estime que le projet pourrait être achevé entre 2030 et 2040.
Les deux projets reflètent un tournant stratégique de l'Afrique en matière de développement des infrastructures de transport. Les pays du continent cherchent à créer des corridors plus résilients et diversifiés face aux risques croissants dans les voies maritimes clés, notamment le détroit d'Ormuz.
source : Observateur Continental