L'Iran affirme que sa production et ses exportations de pétrole se sont poursuivies sans interruption pendant les 40 jours de la guerre déclenchée par l'alliance américano-israélienne, tandis que les autorités examinent de nouvelles sources de revenus liées à un contrôle plus strict du détroit d'Ormuz.
Selon le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, l'Iran a conservé un niveau stable de production de pétrole brut durant les quarante jours de la guerre américano-israélienne commencée le 28 février, malgré les attaques menées par les États-Unis et le régime israélien contre des installations énergétiques et en dépit de l'escalade des tensions dans le détroit d'Ormuz.
M. Paknejad a assuré que le secteur pétrolier continuait de fonctionner normalement.
"Pendant les 40 jours de guerre, nous n'avons pratiquement constaté aucune baisse de la production de pétrole brut et nos exportations se sont poursuivies normalement, sans aucun problème", a-t-il déclaré. Il a salué aussi le "travail remarquable" du personnel du secteur durant cette période.
Le ministre du Pétrole a reconnu que certaines installations ont subi des dommages lors des attaques de l'ennemi américano-sioniste, mais il a assuré que les opérations de réparation ont été immédiatement entreprises.
Il a précisé que la reconstruction avançait rapidement pour remettre en service les installations endommagées dans les délais prévus et pour garantir la continuité de l'approvisionnement énergétique à travers le pays.
Les déclarations du ministre iranien du Pétrole interviennent dans le contexte de fortes tensions au détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale du transit d'une part importante du commerce mondial de l'énergie.
Téhéran a fermé le détroit d'Ormuz à ses ennemis et à leurs alliés après la guerre non provoquée déclenchée contre l'Iran par l'alliance américano-israélienne.
Les autorités iraniennes ont commencé à appliquer un contrôle beaucoup plus strict sur le détroit d'Ormuz le mois dernier suite à l'annonce par le président américain Donald Trump d'un blocus visant les navires et les ports iraniens.
Téhéran affirme que cette décision américaine a violé les termes du cessez-le-feu négocié par le Pakistan, entré en vigueur le 8 avril et prolongé unilatéralement par Washington.
Malgré le blocus, le trafic maritime lié au pétrole brut iranien semble se poursuivre. Vendredi, le service de suivi des pétroliers TankerTrackers a signalé que trois pétroliers vides de la Compagnie nationale iranienne de transport maritime avaient franchi la ligne de blocus imposée par la marine américaine. Ces pétroliers entraient en Iran après leur escale à la zone économique exclusive du Pakistan. La capacité totale de ces pétroliers s'élève à environ cinq millions de barils de brut.
Dans le même temps, les autorités iraniennes sont en train d'étudier de nouveaux moyens de tirer parti du potentiel économique du détroit d'Ormuz.
D'après Ali Khezrian, membre de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, le ministre de l'Économie a récemment présenté au gouvernement les estimations de son ministère quant aux revenus potentiels liés à la gestion du trafic maritime dans cette zone stratégique.
Dans son rapport, le ministre de l'Économie a examiné le potentiel économique de ce corridor maritime, l'un des points de passage géopolitiques et commerciaux les plus importants de la région.
Bien qu'aucun détail officiel n'ait été publié, les spéculations se focalisent sur les revenus potentiels provenant des droits de transit, des services maritimes et de la gestion du trafic.
Selon des analystes cités par les médias iraniens, grâce à de nouveaux mécanismes juridiques et opérationnels, Téhéran pourrait convertir une partie du potentiel économique du détroit d'Ormuz en revenus stables en devises étrangères.
L'Iran annonce que cette voie maritime restera fermée aux pays hostiles tant que le blocus américain des ports iraniens se poursuivra. En effet, l'Iran considère le blocus maritime imposé par les États-Unis comme un acte de piraterie maritime et de crime de guerre.
Un haut responsable parlementaire iranien a salué la position de la Corée du Sud face à l'escalade américaine dans le détroit d'Ormuz.
