11/05/2026 francais.rt.com  3min #313572

L'Égypte envisage l'importation de 6 millions de barils de brut algérien

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Pour diversifier ses sources énergétiques et répondre aux besoins locaux, le gouvernement égyptien étudie l'importation de brut algérien dans le cadre d'un partenariat entre la Sonatrach et la Compagnie pétrolière nationale égyptienne, afin de bénéficier de coûts avantageux dans un contexte de tensions géopolitiques.

Dans le cadre de sa stratégie visant à diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique, l'Égypte envisage d'importer six millions de barils de  pétrole brut algérien, selon un mémorandum d'entente signé le 5 mai entre Sonatrach et la Compagnie pétrolière nationale égyptienne (EGPC). L'information a été rapportée le 10 mai par Al Arabiya Business, citant un responsable égyptien.

Ce mémorandum constitue une étape préalable à la conclusion de contrats pétroliers estimés à plus d'un milliard de dollars. Dans un communiqué relayé par la presse algérienne,  Sonatrach a indiqué que l'accord permettra aux deux parties "d'identifier, d'examiner et de concrétiser les opportunités de commercialisation du pétrole brut et des produits pétroliers algériens et égyptiens", tout en renforçant la coopération bilatérale dans le secteur des hydrocarbures.

65 000 à 70 000 barils par jour

Selon les autorités égyptiennes, Le Caire prévoit de recevoir près de deux millions de barils par mois en provenance d'Algérie, soit entre 65 000 et 70 000 barils par jour. Ces volumes pourraient augmenter en fonction des besoins du marché local et des capacités de raffinage, alors que le pays s'apprête à entrer dans la saison estivale, période de forte consommation énergétique.

Dans un contexte de  tensions géopolitiques sur les marchés mondiaux de l'énergie et de perturbations des chaînes d'approvisionnement entraînant une hausse des coûts de transport du brut depuis les pays producteurs, le pétrole algérien bénéficie d'un avantage lié à la proximité géographique entre l'Égypte et l'Algérie, explique le responsable égyptien. Cette proximité permet de réduire les coûts de transport du brut par rapport à d'autres fournisseurs, notamment ceux du golfe Persique, actuellement théâtre d'un bras de fer entre les États-Unis et l'Iran.

Entre ambitions régionales et besoins domestiques

L'Égypte cherche ainsi à consolider son ambition de devenir un hub régional du commerce énergétique. Avec une production nationale estimée entre 510 000 et 525 000 barils par jour, bien inférieure aux besoins des raffineries locales évalués entre 700 000 et 750 000 barils quotidiens, le pays reste fortement dépendant des importations pour couvrir sa demande intérieure.

Au-delà des livraisons de brut, la coopération énergétique entre Alger et Le Caire pourrait également s'étendre aux domaines du raffinage, du marketing pétrolier et des investissements communs dans le secteur énergétique.

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