11/05/2026 francais.rt.com  5min #313573

Jd Vance ou Marco Rubio : Trump teste déjà sa succession pour 2028

Source: Gettyimages.ru

Le vice-président américain James David Vance, le président américain Donald Trump et le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

Donald Trump évoque de plus en plus souvent 2028 avec son entourage, sans annoncer de choix officiel. Deux noms s'imposent déjà dans les discussions républicaines : le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio. Le premier reste le dauphin, tandis que le second gagne du terrain à mesure que la politique étrangère se durcit.

La bataille pour l'héritage politique de Donald Trump n'est pas encore ouverte, mais elle commence déjà à structurer les débats au sein du Parti républicain.  Dans un article du New York Times publié le 11 mai, le journal rapporte que le président américain interroge parfois ses proches, à la Maison Blanche ou à sa résidence de Mar-a-Lago, sur leur préférence entre James David Vance et Marco Rubio. Officiellement, ses conseillers minimisent ces échanges : il s'agirait surtout d'un jeu politique, 2028 n'étant pas encore sa priorité.

Ces conversations prennent toutefois un autre sens au moment où Vance et Rubio gagnent en visibilité. Trump les appelle ses "enfants", mais il leur confie déjà des rôles de premier plan à l'approche des élections de mi-mandat. Vance a été envoyé dans l'Iowa pour soutenir un élu républicain en difficulté électorale et mobiliser les donateurs du Midwest. Rubio, lui, occupait le terrain plus sensible de la politique étrangère : il a répondu aux journalistes à la Maison Blanche sur le sujet de la guerre contre l'Iran, avant de se rendre en Italie pour rencontrer  le pape Léon XIV et Giorgia Meloni. Reuters a résumé cette séquence comme un "écran partagé" entre les deux possibles successeurs.

Mais aucun des deux ne dispose encore d'un large soutien national : selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé du 24 au 27 avril, 35 % des Américains ont une opinion favorable de Vance, contre 33 % pour Rubio.

Vance, favori naturel mais vulnérable

Pour l'instant, Vance reste le dauphin le plus évident. Sa fonction de vice-président lui donne une longueur d'avance, et il est plus connu des électeurs que la plupart des membres de l'administration Trump. Le Pew Research Center indique aussi que 75 % des électeurs républicains ont une opinion favorable de lui, contre 64 % pour Rubio.

Mais cet avantage n'efface pas ses fragilités. Vance s'était imposé avec un discours hostile aux nouvelles interventions militaires américaines.  La guerre contre l'Iran le place désormais dans une position plus inconfortable : il doit défendre une ligne présidentielle plus offensive, alors qu'une partie de son image repose sur la promesse de retenue à l'étranger.

Cette contradiction pèse sur sa dynamique. Vance conserve un accès direct aux réseaux du parti et aux donateurs, notamment parce qu'il est chargé des finances du Comité national républicain. Mais sa proximité avec Trump peut devenir un handicap si les choix de la Maison Blanche, en particulier sur l'Iran, affaiblissent les républicains lors des élections de mi-mandat.

Rubio, visage d'une ligne plus dure

Face à lui, Rubio gagne du terrain à mesure qu'il concentre davantage de pouvoir. Il cumule plusieurs fonctions, dont celles de secrétaire d'État et de conseiller à la sécurité nationale, tout en devenant l'un des visages centraux de la politique étrangère américaine. Cette accumulation nourrit de nombreux "memes" sur les réseaux sociaux, que Rubio partage lui-même. Pour ses partisans, elle renforce l'image d'un responsable compétent, mais elle confirme aussi son rôle croissant dans le durcissement de la ligne américaine.

Rubio garde l'image d'un républicain "faucon", favorable à une politique de pression contre les gouvernements qu'il juge hostiles à Washington, notamment  à Cuba et  au Venezuela. Il est désormais l'un des principaux exécutants de la ligne "America First",  entre démantèlement de l'USAID, fermeté migratoire et position offensive en Amérique latine.

Pour l'instant, Vance et Rubio évitent toute rivalité ouverte. Les deux hommes affichent leur bonne entente et ne veulent pas apparaître comme des concurrents directs. Rubio a même déclaré à Vanity Fair que si JD Vance se présentait, il serait le candidat des républicains et qu'il serait l'un des premiers à le soutenir.

Mais la décision finale dépendra d'abord de Trump. Vance tient encore la corde, Rubio gagne du terrain, et le débat est désormais lancé à Washington. Pour le reste, cette compétition montre surtout que l'avenir du Parti républicain se jouera aussi sur la politique étrangère américaine, entre promesses de retenue et volonté de maintenir la pression sur les pays qui défendent une ligne souveraine face à Washington.

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