
par Geoffrey Delavallée
Résumé du livre (sans les détails, donc)
Si tu as du mal à payer tes factures, à manger sainement, à correctement te chauffer l'hiver...
Si tes voisins sont comme tes collègues de travail : des gros sociopathes ou des cas sociaux, le bruit et l'odeur en plus...
Si ton patron - lui - est plutôt du genre psychopathe, qui prend manifestement plaisir à t'humilier en public...
Si les politiciens te dégoûtent, si tu ne crois plus en la soi-disant démocratie...
Si l'insécurité dans ton quartier ou dans les transports en commun se dégrade d'année en année...
Si tu es continuellement fatigué, avec des problèmes de santé chroniques...
Si tu souffres de la solitude alors que tu es en couple...
Si - en clair - tu as une vie de merde mais sans vraiment réaliser pourquoi, sache que cet opuscule 1 a été écrit pour toi. Pour que tu comprennes enfin les raisons de ta situation. Pour enfin avoir les explications véritables.
Spoiler : cette vie de merde, tu la dois avant tout à la société.
Mais pas à n'importe quelle société... à la société CAPITALISTE !
C'est là le lot de tout prolétaire 2 précaire. Car objectivement, le capitalisme est responsable d'à peu près 3 tous tes problèmes (...et oui !). Et si tu veux comprendre en détails ce qu'il en est, il te suffit de poursuivre ta lecture.
Avant-propos
Pour comprendre la société, il faut déjà savoir ce qu'est une société. Comment elle fonctionne. Et à quoi elle sert.
C'est l'objet des 6 premières leçons. C'est l'occasion d'une remise à niveau.
Ensuite, on peut entrer dans le dur : comprendre la société... actuelle ! Pas celle du Moyen Âge ou de la Rome antique. Celle d'aujourd'hui, la nôtre : la société capitaliste.
C'est l'objet de la leçon 7. Elle est très courte mais elle arrache : elle t'explique ENFIN la nature réelle du capitalisme.
Et le reste du livre ?
Le développement en 7 leçons de la leçon 7. 4
Mon propos se termine par une conclusion impitoyable.
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Leçon 1 : la dialectique
Quel grand mot ! Un mot qui impressionne toujours...
En fait, tu connais déjà une forme de logique, la dialectique en est une autre.
Celle que tu connais s'appelle la logique causale : cause/conséquence.
Par exemple, en échange de ton travail tu obtiens un salaire, que tu peux à ton tour échanger contre des biens et des services. Une cause entraîne une conséquence. C'est un processus linéaire.
Mais il existe une autre façon d'aborder les phénomènes sociaux - comme la guerre ou l'économie - et c'est la dialectique. De quoi s'agit-il ? C'est une logique circulaire, qu'une illustration t'aidera à comprendre : celle de la pomme et du pommier.
Une pomme, c'est la conséquence du pommier (qui en est la cause : le pommier donne des pommes, rien de nouveau). Mais dans la pomme, il y a des pépins. Et les pépins mis en terre (dans les bonnes conditions) vont germer et donner d'abord une plantule puis une pousse d'arbre... de pommier (car les pommes donnent des pommiers). Et donc... la pomme n'est pas plus la conséquence qu'elle n'est la cause du pommier, et réciproquement. Ce n'est que çà, la dialectique.
Appliqué au sujet qui va nous occuper dans cet opuscule, tu dois comprendre qu'économie et politique entretiennent des relations dialectiques. Que l'une influence l'autre, et réciproquement. LA politique et L'économie forme un tout indissociable... LE politique, qui s'appréhende par la logique dialectique. 5
Et donc, l'économie "pure", ça n'existe pas (même/surtout si les capitalistes te disent le contraire). Il y a toujours un État (c'est-à-dire quelque chose de politique 6) qui l'encadre.
De même, il faut manger tous les jours : les grandes idées, si belles soient-elles (...comme par exemple le communisme), ne nourriront pas ta famille. Il faut toujours semer quelque chose pour espérer récolter quelque chose !
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Leçon 2 : la Société
Qu'est-ce que la société 7 ? On peut la définir comme l'ensemble des liens qui unissent des gens sur un territoire. Des liens d'ordre affectif, économique, politique, historique, ethnique...
L'état de développement d'une Société se caractérise par l'ensemble des lois (orales ou écrites) qui établissent sa morale, ses principes, ses normes, ses dogmes et ses tabous. L'anthropologie dit d'ailleurs que plus une société a de règles, plus elle est civilisée. Le débat reste ouvert.
Mais pourquoi toutes ces règles ?
Parce que ces contraintes sont nécessaires à la survie (et à la prospérité) de l'espèce : par la coopération/coordination de ses membres. Les fonctions de la vie en commun sont multiples : spirituelle (culte des morts), économique (se nourrir, se loger et se vêtir...), défensive (la guerre), reproductive (les mariages et le contrôle des filiations). Face à une nature hostile, l'espèce humaine ne survit que collectivement 8 : nourriture, logement, science et techniques... tout est le produit du génie humain collectif !
Hors de la "cité", le chaos... et la mort !
Et donc, vivre en société exige de limiter le penchant naturel de tout être humain (...à la destruction : viol, meurtre, vol), et ce afin de permettre la vie en commun. Pas de société sans morale ! Et pour imposer sa morale, la société dispose essentiellement de deux moyens : l'éducation des jeunes (socialisation, écoles, médias) et la punition des déviants (conseil des Anciens dans les sociétés traditionnelles, le triptyque "police - tribunal - prison" dans les sociétés modernes).
Pour finir, comment expliquer l'origine factuelle de l'État ?
J'avancerai une hypothèse bien peu romantique : si une Église est effectivement une secte qui a réussi (comme on dit parfois), alors l'État est peut-être une mafia qui a réussi : un clan, une groupe armé quelconque contrôlant un territoire en serait venu à rançonner les populations qui vivaient aux alentours. Celles-ci tendirent à reconnaître une certaine légitimité à ces maîtres (ne serait-ce que pour la protection qu'ils garantissaient contre d'autres groupes violents), et ainsi d'obéir à ses ordres, ordres qui devinrent leurs lois : c'est là un début plausible de l'Histoire (politique) de l'Humanité.
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Leçon 3 : l'Histoire
Mémoire collective de l'Humanité, l'Histoire explique le présent et permet de se projeter dans l'avenir. Karl Marx 9 affirme que l'Histoire Humaine n'est qu'une succession de conflits dont l'enjeu est le contrôle des surplus de production (voir leçon 5). Selon lui, il faut distinguer dans une société ce qui relève des modes de production (qu'il appelle "infrastructure"), de ce qui relève des rapports sociaux ("superstructure"). Or, il arrive qu'un changement dans les modes de production (de nature démographique, technique, écologique...) soit d'une telle ampleur qu'il mette en crise la société toute entière.
L'infrastructure, c'est à dire la matière/l'économie... gouverne le monde des idées/la politique, selon Marx.
Illustration : l'Arabie saoudite est "tenue" politiquement par la famille Saoud... parce que celle-ci possède 10 en propre les puits de pétrole d'Arabie (...armes à la main !). Désargentée et faible, la dynastie des Saoud ne pèserait rien !
Au gré des révolutions "infrastructurelles" (invention de l'imprimerie, de la poudre noire, de la machine à vapeur, de l'intelligence artificielle...), de "nouvelles" 11 classes revendiquent le droit de diriger la société selon leurs vues et leurs ambitions. À chaque âge de l'histoire humaine correspond une élite spécifique : les maîtres aux temps de l'esclavage (Cités-États de la Grèce antique, puis Rome), les nobles aux temps de la féodalité (l'Europe du Moyen Âge mais aussi le Japon médiéval !) et de nos jours les propriétaires aux temps du capitalisme (l'Occident et bien au-delà). Mais le nom de l'époque et l'imaginaire qu'il véhicule importent peu, selon Marx : esclave, serf ou prolétaire, l'individu en bas de l'échelle économique est toujours exploité par celui d'en haut (maître, noble ou patron). Car la société est souvent synonyme de hiérarchie, à comprendre comme la domination d'un groupe (race, classe, secte...) sur les autres membres de la société, pour son profit exclusif.
En conséquence est qualifié par Marx de communiste toute évolution visant à rétablir l'égalité originelle entre les individus, leur appartenance égale à l'espèce humaine ! Il n'y a dès lors que deux sens à l'Histoire : soit plus d'égalité (un mieux), soit toujours et encore de l'exploitation (un bégaiement de l'Histoire). L'Histoire doit finir 12 là où elle a commencé : l'Eden perdu (car le communisme bien compris, c'est le paradis sur terre rétabli).
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Leçon 4 : le Pouvoir
Pour la plupart des gens, le pouvoir... certains en ont et d'autres pas ! Un chef d'État, un homme d'affaires ou un policier de quartier a du pouvoir 13... mais pas les autres, pas les "sans grades" comme toi. Comme si le pouvoir avait été distribué un vendredi en fin de journée et qu'arrivé trop tard, tu n'avais pas pu recevoir ta part 14 ('y en avait plus, 'fallait en re-commander).
Si c'est ce que tu penses, alors tu es une victime de la fétichisation du pouvoir : un uniforme, une salle de tribunal ou un document officiel avec des timbres fiscaux dessus et tu "paniques".
Mais ce n'est pas de ta faute et on va y remédier de suite. En 2 temps.
Tu es prêt(e) ?
1. Le pouvoir est relationnel, pas patrimonial. Il s'exerce dans le cadre d'une relation impliquant 2 ou plusieurs personnes 15. Il ne faut donc pas dire avoir du pouvoir mais exercer du pouvoir. De même, des hommes ou des lieux de pouvoir sont des expressions abusives... et infantilisantes (donc à proscrire de ton langage !).
2. Ne pas confondre le pouvoir en tant que tel avec ses instruments, ceux-ci adaptés/choisis pour l'exercice de celui-là.
Car il n'existe somme toute que 4 types 16 de pouvoir :
- la contrainte : souffrir/mourir (ou la peur de souffrir/mourir)
- la séduction : tout faire pour lui plaire (à lui, à elle)
- la persuasion : faire le Bien, combattre le mal
- l'intérêt : gagner/ne pas perdre de l'argent (ou un avantage)
À l'inverse, les instruments de pouvoir sont innombrables. Et eux peuvent effectivement être possédés 17 (une arme à feu, des lingots d'or, un corps de rêve, le désir de vengeance...).
Quelques exemples ?
Une infraction au code de la route :
Tu acceptes de payer la "prune" parce que a) tu reconnais ta faute (+/- grave)... parce que tu acceptes l'idée qu'il faut des règles pour circuler en voitures (sinon ce sont des accidents à chaque coin de rue) ; b) parce que ne pas la payer te coûtera plus cher (l'administration te fera payer beaucoup plus... plus tard : elle a tout son temps, elle !) ; et c) le policier qui t'a verbalisé est armé et pas toi : tu n'arriveras donc pas à l'intimider avec ta grosse voix. Si tu es une bombe sexuelle, tu peux éventuellement tenter ta chance.
Un entretien d'embauche :
Tu as des compétences et de l'expérience à faire valoir : c'est donc dans l'intérêt de l'entreprise de t'engager. Mais tu es peut-être aussi une personne pleine de charmes (bien proportionnée) ou qui a beaucoup d'humour, qui dégage de bonnes ondes : il y en a beaucoup qui décrochent un emploi rien qu'avec de la "tchatche"... ou avec leur physique !
Des menaces sur un quai de métro :
Tu hésites entre l'envie de répondre aux insultes des petites frappes qui te manquent de respect et la perspective des conséquences judiciaires (tribunal pour les coups portés), économiques (amendes, perte d'emploi), voire physiques (coups reçus : ils sont 3 et tu es tout seul) si tu choisis une réponse "physique". Par contre, si tu choisis de "baisser les yeux", c'est ta santé mentale qui en prendra un coup (problème d'érection ?).
Au niveau de la société, le pouvoir est utilisé par l'État pour maintenir sa cohésion/unité. En effet, les individus qui la composent ont tendance à vouloir rester libres, et donc à désobéir aux contraintes de la société (voir leçon 2). Pour éviter le chaos/anarchie, il s'agit donc d'imposer un ordre aux individus.
D'abord par le triptyque Police - Tribunal - Prison. C'est la première forme de pouvoir exercée par tout État : la violence. C'est aussi la forme de pouvoir la plus déterminante, celle qui fait la différence ! Quand seule la peur de la répression maintient les citoyens en respect, on peut parler de tyrannie.
Ensuite la persuasion : la légitimité des lois de la société. C'est la recherche de la Justice pour tous 18 qui fait toute la force de cette forme de pouvoir.
Parfois, le charisme d'une personne suffit à "faire tenir la société". Fidel Castro par exemple (...à sa grande époque).
Très rarement, un individu peut couper les ponts avec la société, parce qu'il n'y voit plus aucun avantage. Mais c'est très rare : l'individu hors société se condamne lui-même à plus ou moins brève échéance. Vivre seul(e) tient de l'oxymore.
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Leçon 5 : la fonction Productive
Le premier besoin d'un Peuple, c'est de manger tous les jours.
Et donc de produire de la nourriture. D'où l'activité économique.
Le mot "économie" est d'origine grecque. Étymologiquement il se traduit par : les (bonnes) règles - Nomos... du foyer (familial) - Oikos. Dans l'ordre, ça donne : oikos + nomos = éco-nomie. Il te suffira de penser à une ferme pour saisir le concept : l'ensemble des bonnes pratiques pour gérer efficacement ses champs, prairies, bétail mais aussi ses ateliers (métallurgie, céramique, tannerie...). Concrètement ? Garder les meilleures semences pour la saison suivante (investissement), ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier (diversification), faire des réserves pour l'hiver (épargne), prendre soin de ses outils/bétail (amortissement), distribuer le travail chaque matin (spécialisation/polyvalence)...
L'économie n'est donc qu'une activité 19 humaine, au même titre que la guerre ou la reproduction sexuée.
Avec le développement des techniques, l'activité économique n'a fait que se développer. Avec forcément l'apparition de surplus agricoles/artisanaux : qu'en faire ? Les jeter ? Ben non... on a donc décidé de les échanger avec le hameau voisin, la cité ou le port de l'autre rive. Le commerce était né.
La spécialisation de régions entières (ex : viticoles) ou des corps de métier (ex : tailleurs de pierre) a logiquement suivi. Les quantités et les qualités des Biens & des Services (B&S) ont ainsi cru, pour le bien de tous. Mais des petits malins se sont dit que le commerce pour le commerce pouvait aussi être un moyen de se procurer des richesses : échanger du blé contre de l'or et de l'or contre des lainages. Jouer sur les prix/quantités/qualités et se faire un petit pécule dans le cadre de l'échange ! Ça a tellement bien marché qu'une petite "bourgeoisie" est apparue au sein des sociétés archaïques (voir leçon 3).
Mais quand une société ne produit plus pour ses besoins fondamentaux mais d'abord pour accumuler des biens (et ainsi satisfaire ses vices : gourmandise et débauche), ce n'est plus de l'économie... c'est de la chrématistique (du grec "khrematistikón" : l'art de gagner de l'argent). Platon a fustigé une telle déviance, l'Église après lui. Toute ressemblance 20 avec notre époque n'a absolument rien de fortuit.
Et pourtant il existe une multitude de modèles 21 économiques alternatifs : corporatisme, économie autarcique, la sobriété... et la planification (basée sur la propriété commune/publique des biens de production).
À l'heure de l'ordinateur et riches de ses expériences tantôt tragiques tantôt heureuses, l'humanité devra obligatoirement se tourner vers ce modèle-là pour affronter les défis d'aujourd'hui :
• Surpopulation (chômage, famine, épidémies...)
• Pollutions en tous genres
• Conquête de l'Espace
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Leçon 6 : la fonction Législative
La Société a besoin de règles pour fonctionner (voir leçon 2). C'est ce qui nous distingue 22 fondamentalement du règne animal. Notre cerveau reptilien est d'ailleurs - littéralement - encadré par notre cerveau 23 "social" : notre volume crânien s'est développé en parallèle (cause ou conséquence ?) à mesure que la complexité de la société allaient croissante : langage, techniques/apprentissages, tabous...
Nos instincts "primitifs" demeurent néanmoins (meurtre et viol, pour l'essentiel). Mais la société sait comment les brider : religion, piété filiale, coutumes, châtiments cruels...
Comme expliqué dans la leçon 3, le groupe d'humains (ethnie/race, secte, caste...) qui fait les lois applique sa marque à la société toute entière. Or, de nos jours (en Occident), la fonction législative est entièrement assurée par un seul principe : l'État de droit.
De quoi s'agit-il ?
C'est un mode de gouvernance bureaucratique qui consiste à établir des réglementations (textes de lois), puis à s'assurer qu'elles sont bien respectées (sanctions des tribunaux). Tantôt le système judiciaire punit les contrevenants, tantôt le système parlementaire abrogent les anciennes lois et en forgent de nouvelles. Policier, juge et député sont les protagonistes de l'État de droit : ils font vivre ce système qui coordonne les activités humaines (état civil, droit commercial, ordre public...). Tu peux ainsi concevoir l'État de droit comme une sorte de grand livre des procédures : si tu veux créer une entreprise, te marier, bâtir, partir en vacances (passeport), prendre un chien..., il te faut respecter les législations ad hoc !
L'État de droit repose :
• soit sur le principe de légitimité : les citoyens acceptent tant les lois qui les gouvernent que le système qui les produit,
• soit sur celui de la force : en dictature (avec ou sans élections), la police maintient l'État de droit d'application, par la force : à défaut de légitimité, la matraque !
Il convient donc de bien souligner la nature neutre du système légaliste : il n'est pas plus démocratique que dictatorial (tantôt logique, tantôt arbitraire... comme l'orthographe !). Car il y a (eu) des bonnes lois comme il y en a (eu) de mauvaises, toutes subjectivement appréciées : l'esclavage a longtemps été une pratique commerciale tout à fait légale ! Pareil pour l'impôt : ne rien payer quand on est très riche est immoral... mais c'est légal, et dans un État de droit seule la légalité 24 compte, pas la Justice ni l'Éthique ! L'État de droit et la morale sont 2 notions distinctes. 25
Plus les lois sont légitimes aux yeux des citoyens, moins il y aura de contestation (...et d'autant moins de fonctionnaires de police). Et inversement. Dernière élément : l'État de droit ne peut exister que si la violence demeure un monopole de l'État (...mais là, j'anticipe).
Leçon 7 : le capitalisme comme Système 26
Avec cette leçon, tu ne fais ni plus ni moins qu'entrer dans le cœur du réacteur, dans l'antre du dragon !
Tu es prêt(e) ?
Çà tient en 2 phrases :
1/2 - Le capitalisme n'est pas seulement un modèle d'économie basé sur la propriété privée (et cetera...)
2/2 -... mais est avant tout un Système de domination/d'exploitation des Peuples et des eco-systèmes. À plusieurs dimensions/étages : historique, politique, économique, philosophique, culturelle, idéologique et géopolitique.
Si tu comprends çà, tu saisis l'essentiel du message de cet opuscule.
Tout le génie (malfaisant) des capitalistes, c'est de te faire croire qu'il n'y a pas de complot de leur part, pas de manipulation ni de contrôle des masses (citoyennes ou prolétaires). Que chacun(e) est libre de vivre selon ses goûts et ses préférences. Selon ses moyens ou ses mérites : de voter, de consommer, de changer de boulot, de voyager... comme il/elle l'entend.
En te faisant avaler que la démocratie représentative et l'économie de Marché sont les formes les plus abouties/parfaites de la civilisation. Des idéaux de libertés indépassables.
... conneries !
Le discours des capitalistes t'aliène 27 à la société capitaliste, t'hypnotise pour mieux te vampiriser.
Les leçons suivantes (de 8 à 14) vont maintenant t'expliquer chaque dimension du système capitaliste.
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Leçon 8 : la naissance du monstre
Prêter de l'argent avec intérêts ou vendre plus cher que ça ne vaut sont des pratiques qui ont toujours existé. Depuis que le monde est monde : n'a-t-on pas retrouvé à Babylone (Irak actuelle) des tablettes d'argile fossilisées (2000 ans avant notre ère), indiquant que le Roi Hammurabi définissait déjà à cette époque les bonnes pratiques en matière de taux d'intérêts ? N'est-ce pas là la preuve irréfutable que le capitalisme est multimillénaire, et donc indiscutable ? Et que les communistes sont des cons ?
Non... car une hirondelle ne fait pas le printemps ! À ce tarif-là, le communisme est encore aujourd'hui une réalité en Occident : dans le petit village de Beverley (comté de York - Angleterre), les familles établies depuis au moins trois générations ont le droit de laisser paître leurs moutons dans le pré communal (sous statut de bien commun). 28
En fait, ce qui change fondamentalement avec la société capitaliste, c'est que ces pratiques multimillénaires deviennent systématiques et exclusives/obligatoires !
Si je devais attribuer au capitalisme une date de naissance symbolique, ce serait le 30 janvier 1649 : jour de la décapitation du roi Charles 1er d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse : avec l'exécution d'un roi, les capitalistes font basculer la société (jusque-là féodale) sous un nouveau paradigme (la Modernité).
Explications.
En Occident, depuis la fin de l'empire romain (d'Occident) - Ve siècle après Jésus-Christ, les rois germaniques (franc, saxon, burgonde, wisigoth, lombard, alaman...) sont devenus des souverains de droit divin : les rois, consacrés/oints par le pape, rendent la Justice en leurs royaumes respectifs parce que tel est la volonté de Dieu. La loi du royaume (lex, en latin) n'est en fait que la parole du roi (rex), mise par écrit. Et sa volonté devient loi car son mandat est... de droit divin : la boucle est ainsi bouclée.
Mais au début du XVIIe siècle, les aristocrates anglais sont devenus très jaloux de leurs patrimoines et privilèges, et l'accumulation 29 de richesses leurs nouvelles passions : c'est le grand retour de l'hibris 30 grec. Ils considèrent les exigences des rois comme des diktats insupportables. L'impôt, par exemple. Le roi Charles veut (encore) leur en faire payer. C'est devenu à leurs yeux inacceptable !!!
Sous le couvert de religiosité retrouvée (protestantisme), un petit noble mène la fronde contre les armées du roi : Cromwell. Vainqueur, il fait décapiter le roi et se fait nommer "Lord Protector". Le droit de faire des lois (l'apanage des rois) devient logiquement un privilège exclusif du parlement.
Et qu'est-ce que ça change ?......... TOUT !
Car il y a désormais inversion dans la hiérarchie des concepts (entre celui de la Loi et celui de la Justice) :
AVANT, le roi faisait des lois en fonction de ce qui lui semblait Juste (...du moins en théorie). Désormais, le parlement fera des lois qui sont réputées justes... parce qu'établies conformément à la procédure législative (majorité des voix, publication officielle...). APRÈS, n'est considéré comme Juste QUE ce qui est légal !
Les tribunaux ne rendent plus la Justice, ils disent le droit (et tant pis si c'est injuste). Ils ne font désormais qu'appliquer les codes de lois tels qu'établis par le Législateur. OR, ce qui anime les nobles du parlement, ce n'est pas la Justice (pour tous) mais bien l'intérêt (de quelques-uns). Les lois du parlement anglais portent désormais sur les taxes, les impôts, les patentes, les droits de douane : que du financier ! L'impôt juste est ainsi remplacé par l'impôt légal. 31
D'ailleurs, les lois sont désormais votées à la majorité : pourquoi donc ? Il peut arriver qu'un seul ait raison contre tous les autres. Pourquoi ne pas permettre à celui-là d'exprimer ses idées/arguments et de laisser la Raison seule trancher ? On n'en fait rien : on préfère voter à la majorité des voix (la moitié plus une). Pourquoi donc ? Parce que la propriété d'un bien se définit ainsi : celui/celle qui possède la majorité des parts 32 est le maître de l'entreprise : son propriétaire ! Il décide donc logiquement de sa gestion. Le nouveau parlement anglais devient ainsi LE modèle de la modernité politique en Occident. 33
Et le Peuple dans tout ça ? Un orphelin de la guerre ! Car le roi, de par son mandat divin, avait le devoir de le protéger. Lui mort, qui pour veiller à la Justice ? Pas les parlementaires (...qui s'en moquent royalement). Ce qu'on appelle la "Restauration", c'est à dire le retour de la famille Stuart sur le trône d'Angleterre en 1660, ne rétablira pas le roi 34 dans ses prérogatives : les changements actés sont maintenus, le parlement demeurera l'organe législatif du royaume.
Ces nouvelles conceptions auront tôt fait de se répandre dans toute l'Europe : la révolution française de 1789 n'est d'ailleurs que l'onde de choc de 1649, et avec la France napoléonienne, c'est toute l'Europe qui se convertit bientôt à la "Modernité". Puis le monde entier à travers la colonisation.
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Leçon 9 : une ploutocratie 35 déguisée
Tu n'as jamais remarqué que les riches exerçaient un fort pouvoir d'influence en politique ? Et que réciproquement, occuper un mandat public amenait certains élu(e)s à s'enrichir de façon parfois/souvent fulgurante ? C'est parce que l'économie et la politique sont en couple et que le divorce est impossible. FONDAMENTALEMENT. Parce que la société est consubstantiellement ET politique ET économique (voir leçon 1).
Le riche fait la Loi la Loi fait sa richesse
Dès lors, le capitalisme compris comme entreprise criminelle, implique nécessairement le contrôle de la fonction législativepar les capitalistes. Et si "par hasard" ils le perdaient, ils s'arrangeraient pour le récupérer 36 d'une façon ou d'une autre (coup d'état, invasion de l'étranger, assassinat ciblé...).
Ceux/celles qui exercent le pouvoir législatif apposent ainsi leurs marques sur la société toute entière. Ils la formatent à leurs convenances, selon leurs besoins. C'est ce que tu subis, toi et des millions d'autres, au quotidien : la société capitaliste (voir leçon 3).
Il s'agit maintenant de t'expliquer en détail pourquoi (voir Leçon 9 bis) et comment (voir Leçon 9 tris) les capitalistes monopolisent-ils la puissance publique/de l'État à leurs profits.
Leçon 9 bis : pourquoi faire les lois ?
Pour 2 raisons essentiellement, les capitalistes veulent être les maîtres de la Loi :
1ère raison : Pour maintenir le caractère sacré de la propriété privée et imposer le capitalisme comme seul modèle économique.
Sans un État (fort) capable de garantir la propriété privée, pas de capitalisme. D'où le monopole de la violence exercée par l'État : que les citoyens soient incapables de contester matériellement les décisions prise par l'État, comme par exemple la privatisation d'une entreprise publique. Ou une décision du tribunal concernant les loyers impayés d'un logement insalubre. Ou encore d'occuper une usine pour empêcher sa délocalisation.
Ce qui ne manque pas d'ironie : la société des libertés tant vantée par les capitalistes impliquent... un monopole (?!), celui de la violence.
Au regard de la loi, tu es capable de juger en âme et conscience ce qui est bon pour toi (comme consommateur, salarié ou citoyen) mais pas de distinguer le Bien du mal, et d'agir en conséquence (avec violence, éventuellement). Quitte même à t'expliquer a-posteriori devant un(e) magistrat(e) : tu as fait ce qui était Juste, sans commettre d'injustices/de crimes. Pourquoi ne pas le permettre/autoriser ?
Un exemple : un voleur s'introduit chez toi, il s'enfuit avec quelques biens de valeurs mais tu le poursuis dans la rue, tu le rattrapes et tu le cognes suffisamment pour le mettre KO, puis tu appelles la police : où est le mal ? Tu récupères ton bien et la police peut mettre un voleur en garde à vue. Où est le mal ? Le tribunal le condamnera et il ira réfléchir en prison (...où il pourrait même y apprendre un vrai métier !). Où est le mal ?
Mais voilà, c'est interdit ! Pas parce que c'est le mal à l'état pur... mais parce que ça donnerait des idées aux prolétaires, face par exemple à une injustice commise par le parlement (ex : privatisation d'une entreprise publique au profit de "copains de la république").
Le monopole de la violence, idée moderne 37, s'inscrit en fait dans un projet d'émasculation/infantilisation des individus. Une mise sous tutelle, comme pour des personnes mentalement handicapées.
Et donc ? Et donc seuls les policiers peuvent faire usage de la violence. Légalement. Parce que la force/violence est l'exercice du pouvoir qui se suffit à lui-même (voir leçon 4) : qu'importe aux capitalistes qu'ils soient détestés/haïs/méprisés... tant qu'ils sont craints. 38
Les capitalistes n'ont peur que d'une chose : qu'une société alternative (c'est-à-dire un ensemble d'individus capables de s'organiser durablement 39) puisse voir le jour ! Et donc, toute forme de remise en cause du monopole législatif du parlement sera systématiquement et impitoyablement détruite 40. Les capitalistes tolèreront 41 par contre les manif' stériles/mièvres qui contestent et revendiquent le respect de tels ou tels droits DANS le cadre de la société capitaliste. Car tant que ça reste DANS le cadre de leur société, ils ne craignent rien (voir Leçon 9tris).
2ème raison qui justifie le contrôle de la loi par les capitalistes : Pour continuer l'œuvre de conquête du capitalisme, sa pollution sur les mœurs de la société, et renouveler les bataillons de prolétaires (salariés et consommateurs).
Parce que le capitalisme est avant tout un système d'exploitation, il s'agit de faire tourner la machine ! Et ça passe par des lois sur mesure : sur l'éducation, sur la publicité, la poursuite des privatisations, alléger toujours plus la fiscalité des riches...
Dans une société capitaliste, l'État de droit est comme le fouet qui conduit le Peuple-troupeau là où elle veut le mener : des moutons à tondre, des bœufs pour les labours ! Parfois, les capitalistes s'inquièteront d'une baisse de la fécondité ou du QI collectif. Mais pas dans l'absolu : ça contrarie juste leurs plans de développements. En effet, pour maintenir le chauffage de la piscine en hiver ou voyager en jet, il faut un prolétariat éduqué et en bonne santé. Ils s'en remettent généralement à l'immigration pour compenser les pertes. Car les capitalistes sont essentiellement des gestionnaires, non seulement de leurs entreprises mais aussi - voire surtout - de la société dans son ensemble.
Sous couvert de libertés pour l'individu, les capitalistes repoussent aussi les limites de ce qui peut ou pas faire l'objet d'un marché. Libéraliser l'économie, marchandiser le vivant, dépénaliser de ce qui hier encore était un crime (et une abomination 42) sont les dynamiques caractéristiques du capitalisme. Toujours plus, mieux, plus vite pour les "happy few" qui pourront se les payer, et surtout pour les capitalistes en fin de chaîne (alimentaire) qui accumuleront toujours plus de capitaux.
Néanmoins, la libéralisation ne va pas de soi 43. C'est qu'il ne faut pas perdre de vue que ça doit avant tout rapporter. La marijuana par exemple : ça n'arrange pas les vendeurs de cigarettes qu'on la légalise car il y aurait alors une substitution massive du tabac en faveur de cette drogue douce. Pareil pour la viande : 'y a trop d'argent en jeu (agro-industrie) pour favoriser les légumineuses (pois chiches, haricots secs, lentilles...), même si c'est meilleur pour la santé et la planète.
Le contrôle de l'économie par le législatif 44 est LA caractéristique du capitalisme contemporain. C'est là toute l'essence du modèle d'économie "push-pull" 45 : ce sont les producteurs qui formatent les marchés pour que les consommateurs achètent tel ou tel produit. Illustration : aux USA, rendre difficile la mise en place d'une compagnie de transport en commun (même privée)... précisément pour favoriser la voiture grand public et le modèle de résidence pavillonnaire. Parce que ça arrange les constructeurs automobiles et le "bâtiment". Le marketing complète le processus : le client est roi, qu'ils disent ?... tu parles !
Autre raison d'investir le champ législatif : le principe (libéral) de libre concurrence les gène énormément, comme un costume trop étroit. Les capitalistes sont entre eux tels des serpents... sans pitié : capitalisme = mafia = capitalisme ! C'est à celui qui saura le mieux corrompre qui un juge, qui un député, qui un ministre (c'est plus cher) pour avoir SA législation, SON jugement favorable, SA licence qui lui facilitera l'accès aux marchés (ou qui créera des difficultés à son concurrent direct). Que cette corruption soit illégale (pot de vin) ou légale (lobbying UE) n'a que bien peu d'importance (...tu en conviendras) ! Car plus la concurrence est déloyale, plus les marges bénéficiaires sont élevées : sur un marché peu élastique et peu substituable 46, un quarteron d'entreprises peut fixer très haut le prix de la denrée. Dans tout capitaliste sommeille un rentier : peu/pas de risques = beaucoup de gain. Pense à un casino : c'est celui qui possède le casino qui gagne l'argent perdu par d'autres. Être le législateur donne logiquement plus qu'un temps d'avance sur n'importe quel nouveau concurrent arrivé sur le "Marché" : il est si facile de lui couper les ailes... et même d'empocher sa mise 47 !
Leçon 9 tris : Comment faire les lois ?
Les capitalistes ne peuvent pas se permettre de laisser le/la candidat(e) du Peuple accéder à ce multiplicateur de pouvoir qu'est l'État !
Pourquoi ? Parce que le capitalisme est très fragile... et qu'avec 2/3 lois, on peut le supprimer 48 (comme l'esclavage ou l'apartheid ont été interdits). Et ils le savent !
Ce qui soit dit en passant contredit les libertariens 49, qui pensent que l'État est superflu : sans la propriété privée, pas de capitalisme... or la propriété privée ne pousse pas sur les arbres, ce n'est qu'une législation garantie par le triptyque "police/tribunal/prison" (voir leçons 4 et 6).
Là où il n'y a pas d'élections (en dictature formelle), c'est facile : l'armée, la police, le "Renseignement"... maintiennent le Peuple dans les fers. On peut même diminuer le coût de l'État-policier en investissant dans la propagande : les médias abrutissent et hallucinent 50 très bien les masses.
En "démocratie", ça se complique... mais ça reste très faisable.
Explications :
Dans une société capitaliste, une nation "démocratique", c'est un peu comme un avion : le Peuple - en classe économique, choisit son pilote (et la destination qu'il/elle veut prendre) mais celui-ci/celle-là ne pourra accéder à la cabine de pilotage QUE SI la classe affaires l'y autorise 51. En effet, pour rappel (voir leçon 8), l'idéal "démocratique" des capitalistes, c'est le parlement élu (et composé) des seuls gens qui alimentent le budget de l'état, c'est-à-dire ceux/celles qui paient des impôts (c'est le vote censitaire 52). Car les payeurs sont les décideurs : l'idée que le Peuple puisse participer à l'élaboration des lois apparaît aux plus fortunés non seulement comme injuste mais surtout les terrifie (c'en serait fini dans l'heure de leurs privilèges de classes).
Avec la menace socialiste (fin XIXe siècle), il a bien fallu lâcher du lest, et accorder "définitivement" des droits politiques. Droit de vote pour tous 53 donc... mais toujours en démocratie indirecte 54 : les citoyens n'élaborent pas directement les lois mais choisissent juste ceux/celles qui les feront ('faut pas déconner, non plus !).
En fait, le système politique dans lequel tu évolues a tout d'une ploutocratie. D'un genre qui organise des élections : c'est son originalité. Autant que tu veux et chaque année si tu le souhaites. Tant qu'elles restent sous leur contrôle !
Si le jour des élections est une fête, le citoyen-électeur en est le roi... mais le roi des cocus, alors ! En ce jour spécial (tous les 4 ou 5 ans), tu es invité à participer à une mascarade, à du théâtre... et tu es même sur scène avec un petit rôle. Mais il n'y a que toi pour croire que c'est réel.
Comment ça fonctionne, la ploutocratie déguisée 55 ?
D'emblée, garde bien en tête que les capitalistes n'ont peur que d'une chose : que les Peuples (occidentaux) ne recherchent ailleurs qu'au parlement les lois qui les régissent 56. Pour eux, il est indispensable que tout se joue DANS le parlement. Si la police (ou l'armée) garantit qu'aucune société alternative (durable) ne puisse voir le jour, alors c'est déjà gagné : les capitalistes sont dans un fauteuil le jour des élections, car ils en contrôlent les paramètres fondamentaux.
C'est un modèle de contrôle à 2 niveaux.
1/2 - Lors des élections, tu ne choisis pas les candidats qui te représenteront. Tu ne fais que choisir parmi ceux/celles préalablement SELECTIONNES 57 par les capitalistes. C'est comme au restaurant : tu ne choisis QUE ce qu'il y a sur le menu... tu ne fais pas le menu ! Certes, ce sont bien les partis politiques qui font les listes de candidats... mais sous la dictée des capitalistes. Les candidats doivent être adoubés par eux. Ce sont leurs "créatures" : un fois élues, elles feront voter les lois 58 voulues par leurs véritables commanditaires (pas le Peuple... les multinationales !). Et la classe politique a tout intérêt à obéir : fortune 59 et vanité satisfaites s'ils servent bien leurs maîtres.
2/2 - Tu te dis que tu peux toujours créer un parti politique alternatif/anti-système. Et que donc c'est totalement faux de dire qu'en Occident, les citoyens sont prisonniers des partis politiques. Formellement, c'est vrai : tu peux créer un nouveau parti politique. Mais ça ne servirait à rien car les capitalistes ont évidemment la parade :
a) Divertissement :
Les capitalistes encouragent les citoyens à s'amuser. À ne pas s'intéresser à la "res publicae" 60. D'où les émissions télé débiles et racoleuses 61 que tu sais. Tu devras d'abord convertir des masses de consommateurs stupides en êtres pensants et ressentants. Bonne chance !
b) Désinformation :
Tu n'auras pas accès aux médias, et même si c'est le cas les débats seront tronqués, les chiffres manipulés. Ils t'attaqueront sur ton physique ou sur un mot malheureux que tu as pu prononcer. Sans parler des "experts" qui te porteront tous les coups bas possibles. Tu seras le/la seul(e) à vouloir vraiment dialoguer dans ce "panier de crabes".
c) Manipulation :
Les capitalistes entretiennent toute une cohorte d'intellectuel(le)s capables de produire des idées/concepts : les faiseurs d'opinions. Ils sont uniquement là pour créer des contre-feux, pour ne surtout pas parler de l'essentiel mais plutôt du secondaire : le racisme, l'homophobie, le Grand remplacement, le féminisme... Tu devras tout remettre à sa place, expliquer l'alpha et l'oméga, et neutraliser les communautarismes : tu en auras le temps ? Les moyens ? J'en doute.
d) Clientélisme :
Quand bien même tu "monterais" dans les sondages, ils s'efforceraient de siphonner ta "clientèle électorale", avec la classe moyenne (CM) comme reine du bal. Sans qui rien n'est "démocratiquement" possible (il te faut 51% du parlement pour vraiment "gagner" les élections : ne l'oublie pas !). Or, cette CM a tout d'une p*te cocaïnomane, droguée au consumérisme : pour un city-trip à Venise (= une hausse de son pouvoir d'achat), elle est disposée à tout brader (ex : des projets de collaboration public/privé : les fameuses solutions "win/win" ⇒ investissements et risques publics, gains exclusivement privés). Alors que ton projet de budget pour l'État - lui - sera OBJECTIVEMENT très contraignant pour la CM. Eux par contre ont un budget illimité 62 pour faire toutes sortes de promesses/cadeaux électoraux (au lobby lgbtq+log10, aux chasseurs, aux motards, aux fonctionnaires, aux retraités 63...). Tu n'es pas de taille.
e) Menaces :
Mais si tu trouves quand même les mots, si tu parviens à faire vibrer les masses, si tu tiens bon, ils activeront alors la grosse artillerie 64 : menaces des marchés financiers (capables de ruiner des États) + menaces de délocalisations (...et il va bouffer quoi, l'ouvrier d'usine, si il perd son boulot ? Il n'est pas ingénieur, lui : il ne peut pas se reconvertir dans les nano-technologies !).
f) Fraude :
Dans de très rares cas (...car les leviers précédents sont habituellement suffisants), ils devront se résoudre à tricher : le bourrage des urnes 65 ! Depuis le vote électronique, c'est un jeu d'enfants (c'est surtout en Afrique ou en Amérique latine que cette pratique a cours). Et donc, tu ferais comment pour prouver la fraude électorale ? Tu recompterais les votes "papier" ? Avec le vote électronique généralisé, les preuves de vote auront disparu !
Et tu n'es même pas tout seul dans la course. En plus des démagogues 66, tu auras à faire face aux faux-prophètes, qui croient dur comme fer - comme toi - être les seuls vrais prophètes (nationalistes, communistes, anarchistes, catholiques tradi', musulmans extrémistes, libertariens...).
Et donc ? Et donc, les capitalistes ayant plusieurs fers au feu (un ou deux candidats de centre gauche et un ou deux autres de centre droit), ils n'ont finalement rien à craindre lors des élections !
Et toi tu feras ?...... un fébrile 1% 67 !
Pour finir, une question :
Selon toi, pourquoi une législation autorisant le referendum/RIC - qui est LA démocratie directe - est-elle systématiquement torpillée (en France, en Belgique...) ?
Réponse :
Parce que le référendum court-circuiterait tout le système politique ploutocratique ! Parce que les capitalistes perdraient alors le contrôle de la fonction législative. Et donc ce projet de loi sera toujours systémiquement remis à plus tard (...à jamais).
Comment les politiciens en parle-t-il, d'ailleurs ? "Si les gens ne sont pas contents, qu'ils essayent la dictature", disent-ils. Derrière cette phrase qui se veut spirituelle, il y a... une menace : les capitalistes aimeraient bien revenir sur le suffrage universel ! Le peu que tu as (le droit de choisir LEURS candidats), à leurs yeux c'est déjà trop...
Pour compenser, ils proposent ce que j'appelle la démocratie "crotte de chien" : les citoyens, au niveau communal, peuvent être à l'initiative et à la commande d'actes législatifs qui concernent la vie locale (typiquement : lutter contre les déjections canines sur les trottoirs).
Tu réalises le cynisme ? La démocratie directe/véritable pour lutter contre les crottes de chiens, l'autre "démocratie" (indirecte) pour tout le reste. 68
Et donc... c'est sans espoir ?............ non !
Parce que les capitalistes, très puissants mais très fragiles aussi, sont eux aussi soumis aux facteurs exogènes : ils ne peuvent pas tout prévoir !
Un exemple ? Docteur Poutine...... qui nous a tous guéri du covid d'un coup.
Explications :
Avant son "opération spéciale" en Ukraine, nous subissions alors le projet de contrôle par l'État de nos déplacements, de notre consommation (avec le passe sanitaire)... Moment fasciste dans ton existence ! Mais "c'était pour notre bien" : il s'agissait de combattre un virus mortel.
Mais d'un coup, le virus a disparu des plateaux de télé : pschitt ! Il n'était plus si mortel que çà, finalement. Comment/pourquoi ? Simplement parce que les mondialistes/capitalistes ont dû à la hâte redéfinir l'ordre de leurs priorités : la Russie avait tout chamboulé.
- "On dit : merci qui ?"
- "Merci Docteur Poutine".
*
Leçon 10 : l'économie mafieuse
Ce que tu dois maintenant avoir compris avec la leçon 8, c'est que les aristo-capitalistes anglais de 1649 ont tué le roi POUR instaurer LEUR régime politique, celui du parlementarisme/ploutocratie. Dans le seul but d'imposer LEUR modèle d'économie, à savoir le capitalisme tel que les gens le conçoivent : le capitalisme économique/chrématistique (voir leçon 5). Autrement, le roi aurait dit non... et l'Église aussi.
L'économie capitaliste est évidemment la finalité des capitalistes, celle qui justifie tous leurs efforts (passés et présents 69). Car leurs buts ultimes, c'est quand même d'accumuler des richesses sur ton dos !
Les capitalistes affirment que l'économie de marché n'est que la version mathématique de l'économie, comme la chimie moderne est la version scientifique de l'alchimie du Moyen-Âge. Qu'elle est aussi naturelle que le lever du soleil ou l'état solide de l'eau en dessous de 0°.
Qu'il n'y a que des cons de communistes pour penser autrement.
Je te propose dans cette leçon de brosser les caractéristiques fondamentales de ce modèle économique. Et d'en relever les failles et les impostures. À toi de voir si je suis un con.
Commençons.
Le modèle d'économe capitaliste semble de prime abord plutôt convainquant : des investisseurs, des entrepreneurs et des salariés travaillant de concert/ensemble pour créer les richesses de la Nation, sources de bien-être pour tous. Avec la liberté de chaque individu - acteur de son propre développement - au cœur de son action : pas de fainéant, pas de tricheurs ni de profiteurs.
Mais que c'est beau ! On en pleurerait...
Sauf que non, ça ne fonctionne pas comme çà.
D'abord ça consiste en quoi, l'économie de Marché ? Et bien, ce n'est QUE l'échange de droits de propriété (privée) sur des Biens & Service (ab-usus). Illustration : quand tu fais tes courses dans une grande surface, tu échanges de l'argent (dont tu es le/la propriétaire) contre des marchandises (que ladite grande surface a dû acheter à ses fournisseurs). L'argent pour payer à la caisse a lui-même été préalablement échangé contre ta force de travail 70. Acheter/vendre, ça n'existe pas vraiment : c'est toujours échanger une chose contre une autre.
Pour appréhender correctement le "Marché" (qui n'est qu'une abstraction, un élément de langage), il faut avant tout établir une typologie des secteurs d'activités économiques : pas de "Marché" sans marchéS ! Et il existe une multitude de secteurs d'activités : le tourisme, l'alimentaire, l'acier, l'électronique... comme autant de marchés spécifiques. Qui sont tous - à un moment donné - dans 1 des 3 situations possibles : surproduction, pénurie ou équilibre.
Néanmoins, les capitalistes ne jurent que par LE "Marché" : c'est le paradis sur terre. Un système parfaitement modélisé et maîtrisé par la science économique ! Ils connaissent d'ailleurs la loi qui le régit : celle de l'offre et de la demande. Et c'est la même loi pour tous les marchés, passés, présents et à venir (...et dans toute la galaxie) !
De quoi s'agit-il ? De pas grand-chose, objectivement : la rencontre 71 de acheteurs/consommateurs/Demande et de vendeurs/producteurs/Offre déterminent les quantités de Biens & Services échangés et leurs prix correspondants. C'est ce qu'ils appellent l'équilibre du Marché. Rien de subtil donc : ça tient plutôt de l'évidence ! Et d'ajouter : si cette rencontre se fait dans des conditions bien précises, le "Marché" garantit l'allocation optimale des ressources (...rien que ça !). C'est-à-dire que les achats/ventes des Biens et Services (voitures, vacances, matériel audio, coiffeur...) sont réalisés à des quantités maximales et à des prix minimaux ! Pareto-optimale 72, comme ils disent.
Et là, on rentre dans le dur !!!
Prêt(e) ?
1er problème : quelle preuve apportent-t-ils du caractère optimal de l'allocation des ressources par le mécanisme du marché concurrentiel ?
D'abord dans nos sociétés, il y a beaucoup de chômage : des millions (!) de vies gâchées sur l'autel du profit capitaliste ! Et même si on est cynique, c'est objectivement une force de travail productive littéralement gaspillée dans l'oisiveté. Les capitalistes donnent 3 raisons à cette réalité :
1/3 - "c'est temporaire" (chômage frictionnel) : argument faux → on parle depuis les années '70 du chômage structurel !
2/3 - "ce sont des gens qui ne veulent pas travailler 73... donc, techniquement il n'y a pas de chômage". Oooh comme c'est pratique 74 !
3/3 - "les chômeurs ne sont pas employables". Le client étant "Roi", les entreprises ne font que s'adapter à ses souhaits... et s'il a de nouvelles exigences, bien obligé de "dégraisser" les entreprises de ceux et celles qui ne sont plus capables de s'adapter à la nouvelle donne !
Sauf que... 1/2 les entreprises n'en ont rien à faire des attentes du client (...qui est avant tout le pigeon du service commercial). Un exemple ? La 5G ! Personne n'est demandeur mais on va en bouffer dans quelques années (j'y reviendrai). Toujours est-il que ce premier argument est mensonger.
Et... 2/2 Les chômeurs sont employables dans l'absolu (avec une petite formation de remise à niveau, au besoin). Ce n'est que pour l'entreprise capitaliste qu'il y a un problème d'employabilité : en fonction de ses stratégies d'expansion, de ses choix d'investissements... l'entreprise va engager (ou pas) tel ou tel profil. On est là en face d'un raisonnement circulaire : pour tout entreprise qui valorise autre chose que le profit (l'économie sociale, par exemple), le chômeur est employable ! C'est donc bien l'entreprise capitaliste - et elle seule - qui est responsable du chômage. Qui fabrique du chômeur : tant qu'il y aura des entreprises capitalistes, le chômage demeurera une réalité ! Car dans l'économie de "Marché", le chômage est une variable d'ajustement, un paramètre : l'emploi n'est pas du tout garanti (en fonction de la taille de l'économie et/ou des choix de profils recherchés), il est seulement espéré. Dans une économie planifiée, au contraire, tout le monde participe à la production de la richesse (...pas de fainéants ni de profiteurs !).
Pour être complet, dans le capitalisme il y a aussi des travailleurs avec une formation de haut niveau qui végètent pourtant dans des fonctions inférieures à leurs capacités : c'est le chômage qualitatif 75. Parce que les entreprises capitalistes n'ont pas d'emplois de qualité à fournir à ces travailleurs surdiplômés - en cause, une stratégie de développement choisie (légitime ou pas), la société gaspille ainsi un potentiel de progrès. Sur l'autel du profit mesquin (et court-termiste 76).
Contestant encore le caractère optimal de l'allocation des ressources, il y a toute la problématique des externalités de réseaux (les pollutions en tous genres, pour dire les choses simplement). Qui paye 77 pour ça ? Eaux des rivières souillées, air qu'on respire intoxiqué par des microparticules, du plastique dans notre poisson, des forêts entières rasées, la terre des champs agricoles en voie de désertification... personne n'a signé pour ça ! Les capitalistes détruisent NOS écosystèmes avec LEURS conneries de profit !
Il y a aussi les gaspillages de dimension industrielle, notamment dans l'agro-alimentaire : 15% (minimum) des denrées alimentaires du supermarché finissent à la poubelle ! En fait, d'un point de vue micro-économique, l'entreprise capitaliste gaspille énormément de ressources (matière première et énergie). Pourquoi ? Parce que le choix du mode de production fait par l'entreprise capitaliste vise non pas la production à moindre coût (coût marginal) mais la maximisation du profit (défini à partir du coût moyen). Là encore, l'économie planifiée ne commettrait pas ce genre de fautes économico-écologiques.
3ème critique : si on regarde du point de vue de la consommation, le "Marché" produit vite et en quantité... des B&S de mauvaise qualité. Conséquences ? Il faut racheter une paire de chaussures après quelques mois, vu que la semelle s'est décollée. Pareil pour l'électronique : écran foutu au premier "pok" ! Sans parler des allergies avec le plastique dans les vêtements (!) ou les perturbateurs endocriniens dans la bouffe. Il y a bien des normes 78 de qualité minimales... mais qui les rédigent, ces fameuses normes ? Devine (voir leçon 9bis).
Sur un autre plan (plus subtil), on peut aussi évoquer les comportements moutonniers de certains acteurs économiques. Lesquels ont tendances à provoquer des catastrophes bien réelles. Typiquement ? Les bulles spéculatives sur les marchés boursiers ou encore les rumeurs de pénurie de biens de premières nécessités, qui font "boule de neige" : tout ça, c'est aussi l'économie de marché. Et ça coûte de l'argent aux consommateurs. Inutilement.
Enfin, l'économie capitaliste se développe au rythme 79 des perspectives de gain de ses entreprises. C'est la théorie de la demande : si il n'y a pas de clientèle solvable, il n'y a pas d'investissement (d'offre). Résultat ? Une économie atrophiée, comme en Afrique 80. Alors qu'ils disent que le "Marché" fait tout bien, tout mieux, force est de constater que des territoires entiers sont écartés du "progrès". La (seule) solution ? De l'investissement public ! L'État pour pallier aux manquements du "Marché" ? Laissons l'État tout gérer 81, alors !
Mais fondamentalement...
Qu'est-ce qui "déconne" avec l'économie de "Marché" ?
Pourquoi ne tourne-t-elle pas comme un mécanisme d'horlogerie ? Pourquoi ces défaillances systémiques ?
En cause : l'état de la concurrence !!!
2ème problème
Parce que la concurrence est toujours 82 imparfaite (!), les avantages de l'économie de "Marché" restent purement théoriques. Et en vérité... irréalisables/irréalistes !
En 3 coups de marteau, on détruit les prétentions des capitalistes à "l'optimalité" :
1/3 - Le taux de productivité croissant :
Sur de nombreux marchés, la taille des entreprises permet des gains de productivité inatteignables pour des entités plus petites : c'est la notion de taux de productivité croissant. Plus une entreprise est grande, plus elle réduit ses coûts fixes par unités produites. Et plus ses volumes de production sont importants, plus ses coûts variables diminuent : c'est la raison d'être même de la mécanisation du travail ! Dès lors, avec un peu d'imagination, on peut logiquement conclure qu'une entreprise en situation de monopole peut elle seule (...par définition) fournir au prix le plus bas possible un Bien & Service quelconque. Elle ne devrait en conséquence qu'être de propriété publique, autrement la tentation est trop forte pour l'unique producteur privé de proposer un prix élevé : qui pour lui faire concurrence ? Personne... vu qu'il est en monopole ! Et donc, le principe du taux de productivité croissant valide au contraire l'hypothèse selon laquelle c'est bel et bien l'entreprise publique qui fournit au mieux - en quantité (importante) et en prix (bas) - des B&S aux consommateurs.
2/3 - Les monopoles naturels :
"Tout privatiser", credo par excellence des capitalistes, pose en soi d'énormes problèmes. Mais quand de tels choix portent sur des monopoles naturels, ça devient carrément une rente, c'est-à-dire le contraire du marché concurrentiel pourtant tellement chéri. Illustration : un aéroport ! C'est le passage obligé pour tout ceux qui veulent voyager en avion et qui habitent relativement proche dudit aéroport. Or, on ne construira jamais un aéroport concurrent en face de l'aéroport déjà existant, juste pour créer une "saine concurrence" ! Et personne ne fait 150km juste pour prendre un avion moins cher, dans un autre aéroport ! Dès lors, le propriétaire de l'aéroport privatisé serait en situation de rente ! Il définirait effectivement le prix de la "taxe" qu'il veut (un % sur ton billet d'avion).
3/3 - Le coût d'entrée/sortie sur un marché :
Les capitalistes affirment que si une entreprise, sur un marché, ne s'efforce pas de protéger ses parts de marché... alors elle sera submergée par la "concurrence", c'est-à-dire les autres entreprises fournisseuses de B&S. Comme si chaque entreprise devait suer sang et eau pour ne pas perdre le combat, la lutte incessante pour sa propre survie ! Ils présentent d'ailleurs ce comportement comme un achèvement particulièrement vertueux du "Marché".
Mais en fait c'est faux : les entreprises qui dominent un marché le dominent pour longtemps ! En cause, outre le taux de rentabilité croissant (cfr supra), ce qu'on appelle les coûts d'entrée/sortie sur un marché. Illustration : pour "faire de l'essence", il faut raffiner le pétrole. Ça implique toute une installation qui coûte des milliards en tuyauteries d'acier, en moteurs, en vannes, en cuves, en électronique... Mais on ne mobilise pas tous ces capitaux sans la certitude de faire du bénéfice ! Or une entreprise qui domine un marché depuis déjà longtemps peut très facilement "briser l'échine" de tout nouveau concurrent qui tenterait de lui ravir sa position dominante : dumping agressif des prix (à court terme), entraves en tous genres... Les cartels de l'énergie, de l'acier, de la chimie (...de la drogue) sont en vérité plus la norme que l'exception, et dans de nombreux secteurs d'activités encore ! Et donc, il est totalement faux de dire que la concurrence loyale allant de soi (...mais QUI dit ça ?), les entreprises se tiennent toutes en embuscade, prêtes à dépecer les entreprises les plus faibles tandis que d'autres émergeraient, novatrices et revitalisées.
Pour preuve : où est la voiture à 5000 euros que le consommateur à faibles revenus attend ? Parce que ça n'intéresse pas les constructeurs occidentaux 83 d'en produire (pas assez de marges de profits), 'y en aura aucun pour mettre sur le marché la petite citadine 84, légère et peu sophistiquée (pas d'air clim' ni de vitres électriques, 90km/h max...) !
DONC... NON, l'économie de "Marché" ne garantit pas l'allocation optimale des ressources puisque la concurrence est structurellement défaillante : elle existe mais elle n'est jamais parfaite/loyale/neutre.
Consequences ?
Un marché connaîtra plus généralement 2 états possibles : soit trop de clients, soit trop de producteurs ! La situation de déséquilibre est donc plutôt la règle (pénurie ou surproduction).
1er exemple : l'immobilier. Aujourd'hui, la pénurie de logement est littéralement organisée 85 afin d'augmenter les loyers. Résultat ? Des taudis loués à prix d'or. 'Faut pourtant bien se loger. Et si tu as un trop petit salaire, les banques ne te feront pas crédit pour que tu achètes ta propre maison...
2ème exemple : les producteurs de denrées alimentaires. Les agriculteurs - avec leurs fermes familiales - subissent de plein fouet les diktats de quelques grandes surfaces (qui poussent les prix à la baisse). La spécialisation a entraîné une impossibilité logistique de faire de la vente directe/à la ferme. Alternative pour l'agriculteur ? Transformer lui-même son produit ! C'est en soi changer de métier. Il ne peut pas non plus laisser pourrir sa production, et à qui d'autres vendre ?
3ème exemple : les chômeurs. Le capitalisme a fait du travail une marchandise. Et l'immigration 86 doit d'ailleurs se comprendre comme de l'importation de main d'œuvre. Pour créer un déséquilibre dans l'offre... de travail/demande d'emploi. Et ainsi les patrons peuvent imposer les bas salaires 87 que l'on sait (+ brider toutes revendications syndicales : "y a des chômeurs qui n'attendent que çà, que tu démissionnes"). Conséquences ? Le salaire est bas mais tu acceptes le boulot et à défaut de créer toi-même ton emploi (ou de gagner au loto), il te faut donc travailler comme salarié.
4ème exemple : les biens/services de consommation de tous les jours. Les entreprises capitalistes adoptant des stratégies propres en fonction de leurs opportunités de gains (perçues ou réelles), les clientèles peu ou pas rentables sont donc logiquement (quasi-)abandonnées. Typiquement, les grandes tailles de vêtements ou de chaussures : pas de choix, peu de modèles (...quand 'y en a !).
Dernière réflexion : si au supermarché, on a effectivement le choix du pot de confiture à la fraise (plus de 20 marques !?), elles sont toutes préparées avec du sucre blanc raffiné ! Le choix est donc illusoire (...souvent d'ailleurs, plusieurs marques sortent de la même usine !).
Dès lors, le salaire des prolétaires peut paraître mirifique 88... mais seulement si on retire de l'équation la qualité des produits : le pouvoir d'achat réel s'avère bien faible si on veut de la qualité. 89
Conclusion
Le fonctionnement réel du "Marché" prouve assez clairement que les vertus du "Marché" - tant vantées par les capitalistes - ne sont en fait que de la poudre de perlimpinpin 90. Le capitalisme économique est un modèle d'économie non seulement exploitant les travailleurs (avec un cancer éventuel en fin de carrière) mais aussi un racket 91 organisé des consommateurs (en l'absence de concurrence loyale et de possibilité de substitution). Les capitalistes te font payer très/trop cher des Biens & Services de mauvaise qualité (sans parler des quantités insuffisantes/pénuries organisées)... qu'en plus tu ne peux te payer qu'en suant sang et eau !
Et il y a pire...
Si tu ne trouves ni emploi ni logement, que tu te retrouves à la rue à mendier ou à faire les poubelles... ils s'en foutent 92 : ce n'est pas leur problème, c'est le tien !
Le capitalisme économique/la chrématistique n'existe que POUR les capitalistes 93 ! Que pour leurs profits exclusifs. 94
*
Leçon 10 bis : Comment s'enrichir ?
Les capitalistes, bien que cyniques, ont un discours plutôt réglo' : si tu n'est pas content de ta situation de prolétaire (parce que tu es crevé(e) à la fin de ta journée/semaine + boulot de cons et mal payé), tu n'as qu'à "monter ta propre boîte". De fait, vivre dans une société capitaliste quand on est riche, c'est tout de suite beaucoup moins désagréable. 95
Mais comment faire ? Comment devenir riche ?
3 façons de procéder :
1/3 - Par l'exploitation !
C'est le travail qui crée la richesse. C'est vrai... mais le travail des autres 96, alors ! Car c'est avec la sueur des autres qu'un patron s'enrichit ! Tu veux en être ? Voici comment procéder :
Il s'agit d'abord de mobiliser des capitaux : comment ? Car les banques ne sont pas des associations caritatives : elles ne distribuent pas l'argent gratuitement... précisément parce qu'elles sont elles aussi des entreprises capitalistes ! En fait, c'est très simple à comprendre : les banques ne prêtent qu'aux riches, c'est-à-dire à des gens déjà capables de rembourser ce qu'ils demandent en prêt. Le projet industriel ou commercial qu'on leur soumet est très risqué ? Peu leur importe, si le demandeur du crédit bancaire est solvable. Contrairement à ce qu'on répète toujours, les banques ne prennent pas de risques : elles le vomissent ! Elles veulent au contraire des certitudes : "si tu ne peux pas rembourser le prêt, on prendra ta maison". Ça fait déjà nettement moins de candidats à l'entreprise : ton idée-projet peut être bon, voire même excellent, tu n'auras pas accès à du capital (pour louer l'atelier, acheter ta machine, payer tes fournisseurs...), si tu n'es pas solvable. 97
Admettons malgré tout que tu aies une ma'tante sans enfants qui veuille bien te prêter de quoi commencer, il te faut alors te lancer dans la production d'un B&S pour lequel des gens (...avec un pouvoir d'achat) sont susceptibles de payer plus que ça ne vaut ! Idéalement sans trop de concurrence (il y en a toujours un peu).
Comme quoi, par exemple ? Comme des vêtements de mode pour le 3ème âge (qui - lui - a du pouvoir d'achat) ou dotés de gadgets électroniques (lavables en machines), la location de salles à thème pour soirées entre adultes (...et pas forcément du porno : se déguiser en super-héros par exemple, avec parcours récréatif ad hoc), du pain préparé avec du café/thé (au lieu de l'eau), des bonbons aphrodisiaques, vendre des objets "vintage" en plastique (imprimante 3D), organiser des vacances avec visite de "people"/starlettes sur le lieu de villégiature...
C'est souvent du grand n'importe quoi... mais si ça rapporte ?
Il s'agit donc de mettre sur le marché un Bien ou un Service, de le produire à moindre coûts et de le vendre au prix le plus élevé : la différence va dans la poche du propriétaire (rappel : le salaire est un coût) ! Le capitalisme, c'est facile à comprendre... effectivement ! Mais pour produire à moindres coûts, on doit exploiter à mort les travailleurs (salaires, conditions de travail...) et les machines (gaspillage, rejet...). Tant pis pour les maux de dos/stress/dangerosité 98 et la pollution.
Et pour vendre au prix le plus élevé possible, il suffit de trouver des gogos (aussi appelés "clients").
Disposer d'un capital, la volonté de maltraiter son personnel et d'arnaquer les clients... ne suffisent malgré tout pas. Encore faut-il bénéficier de l'Opportunité ! Facteur exogène systématiquement nié par les idéologues du capitalisme : il faut que lors du lancement du produit/service, il y ait le bon alignement des planètes (pas trop de concurrents, des clients sereins avec du pouvoir d'achat, un horizon clarifié avec les banques...).
En possédant un bien de production, le/la titulaire dudit bien a LÉGALEMENT le droit de capter 99 tous les bénéfices de l'entreprise. C'est la seule façon de s'enrichir "proprement" dans une société capitaliste : exploiter quelque chose ou quelqu'un. Si tu ne sais pas qui est le pigeon dans une partie de poker, c'est que c'est toi le pigeon ! Et dans une société capitaliste, le pigeon c'est tantôt le salarié, tantôt le consommateur (...souvent, c'est la même personne d'ailleurs).
Pour ne plus être une victime, il faut donc se faire bourreau ! Eeeet... c'est comme la tombola : tout le monde peut jouer MAIS tout le monde ne peut pas gagner ; seule une poignée pourra s'en sortir. C'est mathématique ! Ce n'est donc pas pour tout le monde au sens littéral : il faut forcément des perdants, le malheur d'une multitude faisant le bonheur d'une poignée...
2/3 - Par la spéculation !
Avec le développement du commerce, les flux financiers se sont intensifiés en parallèle. Le métier de financier s'est logiquement imposé au cœur de la vie économique (et politique). Mais au-delà de la problématique du financement des investissements (où trouver l'argent ?), la marchandisation de l'économie (tout peut se vendre/s'acheter) a introduit une nouvelle dimension : la spéculation.
De quoi s'agit-il ? Les entreprises sont devenues elles-mêmes des marchandises. Ça s'appelle des Sociétés Anonymes : leur propriété se définit par la somme de leurs actions/parts. La valeur boursière financière de celles-ci monte ou descend sur un marché : si on en vend/rachète 100 plus haut/plus bas qu'on a acheté/vendu, c'est tout bénéf'.
De nos jours, on vend et on achète des actions en quelques mili-secondes. Afin de gonfler artificiellement les cours des actions. On gagne ainsi de l'argent bien réel 101 en faisant des paris de type casino ou sportifs (...selon que tu es fort en probabilité ou que tu connais bien le marché concerné). Des gains sans rien produire ! De l'argent tiré du néant : si une faillite bancaire n'implique pas de destruction de biens, la dette "existe" 102 bel et bien dans le monde réel ! La faille/faillite morale est de taille.
Plus grave encore, la pratique spéculative peut aussi avoir de réelles conséquences sur l'économie productive, celle des gens qui travaillent honnêtement et qui n'avaient rien demandé (...certainement pas de spéculer !). Illustration : truquer les cours du pétrole augmente le prix de l'énergie à la pompe 103, ou celui sur le blé/riz appauvrit des millions de consommateurs de par le monde (et souvent les plus pauvres).
3/3 - Par la prédation !
Hier 104, c'était à l'autre bout de la terre que des fortunes se faisaient... à coups de sabre, de fusils ou avec la canonnière : Inde, Brésil, Congo, Australie, Chine... C'est là toute l'histoire coloniale 105 occidentalo-capitaliste !
Aujourd'hui encore, il ne fait pas bon être syndicaliste en Colombie (multinationales), porte-parole d'un village dans le delta du Nigeria (puits de pétrole) ou défenseur de l'environnement en Indonésie (huile de palme) ! Mais en Occident, vieille terre du capitalisme, c'est par le législatif qu'on s'enrichit. En l'occurrence en privatisant. Ceux qui l'encouragent sont ceux-là 106 même qui convoitent l'acquisition du bien public (...et qui en ont les moyens) ! Illustration : en Europe, ce qui est dans le sous-sol appartient à l'État... à la différence des USA ou du Canada. Mais ce qui est vrai en Europe aujourd'hui pourrait très bien changer demain : il suffit de changer la loi. Et justement qui la fait, la loi ? Devine...
Il existe une autre prédation, illégale celle-là : celle des mafias. On en trouve un cas d'école avec l'effondrement soviétique : l'économie d'état s'est vue privatisée à l'emporte-pièce dans les années '90, avec le cortège de violence sordide qu'on imagine. Pour l'exemple, des binationaux 107 jouissant de l'accès à des capitaux étrangers, ont ainsi pu racheter pour une bouchée de pain des industries encore fonctionnelles, mais surtout avoir accès à des ressources naturelles inouïes ! En garnissant des enveloppes à destination des fonctionnaires ad hoc... ou en distribuant des coups de barre de fer à qui de droit !
Les exemples de "mauvais coup" 108 pour s'enrichir, commis par des gens sans scrupules (devenus par là même millionnaires/milliardaires), sont légions !
Pour être complet, il convient aussi de parler de la prédation au niveau "local" : le crime individuel. Jamais on n'attribue au capitalisme l'essor de la criminalité crapuleuse 109. Et bien c'est un tort ! Car le/la criminel(le) (de circonstance ou professionnel) a tout du capitaliste : envieux, créatif, entreprenant, individualiste... Illustrations : frauder le fisc (pourquoi l'impôt est-il si élevé en France et si bas au Grand-duché de Luxembourg ?), vendre de la nourriture avariée (mélangée à de la nourriture saine : qui verra la différence, si on rajoute des épices ?), "récupérer" du matériel "abandonné" sur des chantiers de construction, monter des arnaques immobilières ou sur les pièces de rechange...
On triche, on se ment à soi-même, on se trouve des excuses... parce que les lois sont mal faites/injustes ! "Pourquoi eux et pas moi ?" revient périodiquement comme un leitmotiv, comme une justification pas si illégitime qu'il n'y paraît.
Parfois, ça va jusqu'au meurtre : empoisonner son conjoint pour hériter ! Car où est la limite, si Dieu est mort et l'efficacité l'ultime critère moral (voir leçon 11) ?
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Leçon 11 : une philosophie sataniste
Le libéralisme est - idéologiquement parlant - la doctrine du capitalisme. Une pensée qui fait des libertés de chacun la pierre angulaire de la société. Et qui peut bien être contre les libertés... à part ces cons de communistes ?
Sauf que derrière le terme euphorisant de libertés se cache des ressorts nettement moins festifs.
En effet, le libéralisme naît au XVIIe siècle d'un refus d'obéir à la société des ordres et des rôles (voir leçon 8), c'est-à-dire à la Tradition 110. À cette époque, on ne parle pas encore de personne libérale (XIXe siècle). Ce sont les protestants 111 qui en établissent les premiers dogmes : une pensée où l'Ancien Testament prend l'ascendant sur le Nouveau. Paradoxalement, sur le continent européen c'est une toute autre figure qui fera sien ce nouveau credo... le libertin : personne débauchée et cynique qui ne croit plus en Dieu. Le lien entre ces 2 mondes est à trouver dans l'ésotérisme 112. C'est à ce moment-là (et pour cette raison) que débute la grande déchristianisation du Vieux Continent : on va encore à la messe mais par mondanités ou pour la fonction édifiante qu'elle incarne pour le bas peuple (les élites, elles, n'y croient plus). L'élite occidentale se pense alors de plus en plus comme "homo œconomicus". 113
Et donc, par libéralisme il faut comprendre une volonté de jouir des plaisirs de la vie sans les entraves/contraintes de la société, un désir de se défaire de toute morale et ainsi d'en finir avec la piété filiale, le patriotisme ou encore la charité chrétienne. Alors que l'Église s'efforçait (...du moins en théorie) de réaliser la cité de Dieu sur terre 114, le libéral/libertin mène lui la révolte contre l'ordre établi : celui du roi, de l'Église... et de Dieu. Le libéralisme, c'est donc le relativisme appliqué au Bien et au mal. La distinction devenant floue et changeante : ce qui est un crime un jour peut être considéré comme un moyen acceptable le lendemain. Plus rien n'est sacré, il n'y a plus d'absolu !
Le libéralisme puise ainsi son inspiration dans l'athéisme, dans le refus d'un ordre divin : on passe du Christ-roi à l'individu-roi. Le libéralisme est donc en fait un verbe satanique, son évangile : tout ce qui se rapporte à la solidarité, à la coopération, au partage, à la morale, à la dignité ou à la compassion est ainsi logiquement dissous au profit de l'égoïsme, de la cupidité, du cynisme et de l'utilitarisme 115. Car contrairement à ce que tu as pu entendre, c'est le capitalisme qui est matérialiste (jouir est son mot d'ordre), et c'est le communisme qui est spirituel (reconstituer le paradis sur terre, pour tous). Selon le libéralisme, l'individu doit avant tout avoir, pas être ! Il ne se réalise que par l'acquisition d'objets, les accumulant toujours plus. Voilà toute la morale du capitalisme.
Le libéralisme nie la nature divine en chacun de nous, celle qu'on appelle communément l'âme. Ce qui lui a autorisé toutes sortes de pratiques : la traite négrière, la colonisation ou "Auschwitz". 116
Il promeut le retour des temps barbares, d'avant la christianisation (voire de la civilisation) : le "Marché" comme miroir de la loi de la jungle, celle qui divise les gens en 2 groupes (les "winners" 117 qui mangent et les "loosers" qui sont mangés).
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Leçon 12 : une culture de psychopathes/pervers narcissiques
Comme expliqué dans les leçons 8 et 11, la "Modernité" est avant tout une révolte contre le Roi, l'Église et Dieu.
Et logiquement - dans une société capitaliste - les psychopathes 118 y évoluent comme des poissons dans l'eau.
Pourquoi çà ? Parce que le capitalisme économique récompense les comportements psychopathiques : ça rapporte de se comporter comme un fils de p*te ! Tu en as certainement déjà rencontré : sur ton lieu de travail (le chef de ton service ou son chouchou), sur un quai de gare/métro ou dans une allée/file au supermarché.
Pour les psychopathes, l'autre est soit un ennemi/rival à abattre, soit un moyen/outils à exploiter avec profit. Conséquence pour le corps social ? La morale s'étiole d'année en année : partout de l'agressivité, de la manipulation, du cynisme et de la malveillance !
Le capitalisme fonctionne donc logiquement comme un rouleau compresseur 119 : tout doit y passer (famille - religion - patrie 120). Tout doit devenir source de profit (...pour rassasier l'ogre hédoniste). Même plus de place pour une morale 121 somme toute élémentaire.
Illustrations :
• Le sport, devenu un spectacle rentable. Mais aussi (et surtout) le medium des paris en ligne... ainsi que le support/alibi de campagnes publicitaires (les sponsors !).
• L'art a désormais son marché : le capitalisme parvient à nous fait croire que toute œuvre a un prix.
• Les guerres peuvent être contractualisées : c'est le grand retour du mercenariat, version capitaliste (...mais le conflit doit être rentable : on entretient désormais la guerre 122 POUR vendre des canons).
• Rendre justice ? Par des négociations entre les parties en litige : moins onéreuses pour le budget de l'état.
• Se marier ? Avec qui tu veux ! Sur un "Marché" de la séduction. Plus question d'Amour. Ni de Raison. Çà se joue "au premier regard", paraît-il !
• Les villes ne sont plus des lieux de vie mais des centres logistiques où se domicilient les sièges sociaux de sociétés anonymes et autres multinationales, villes devenues "fonctionnelles" : de nuit, ce sont des déserts (...tant pis pour les riverains qui y vivent).
• La fête des morts 123 a été remplacée par Halloween,
• La politesse a disparu (...ça servait à quoi ? à rien !).
• Le patriotisme se résume désormais à soutenir l'équipe nationale de football. Comment ? En achetant à prix d'or leurs maillots officiels !
• Le talent artistique d'un(e) chanteur/se se mesure au nombre de disque qu'il/elle vend (...pourtant le niveau baisse chaque année, quand ce ne sont pas des reprises de "tubes" passés).
• Parce que l'information oriente les décisions (et parce que la vérité, elle, est rarement rentable), nous sommes entrés dans l'ère de la post-vérité : ce qui compte, ce n'est plus la vérité mais ce qui est utile à dire... en fonction des intérêts et tactiques des protagonistes concernés (les Peuples - eux - ne sont pas concernés).
• La spiritualité ? Les Églises sont vides, les centres commerciaux... pleins à craquer.
• Le vote est devenu un exercice de clientélisme, un commerce (le lobby lgbtq+log10 ou celui des chasseurs ? Même schéma !).
• Enfin, dernière avancée capitaliste en date : la PMA-GPA, où le vivant (capital génétique) fait déjà l'objet de spéculations en bourse. Aussi parce que faire une enfant, c'est devenu un projet... comme "faire l'Égypte" en vacances ou "faire faire sa cuisine" par un cuisiniste !
Comment le capitalisme culturel promeut-il ses "valeurs" ? Essentiellement par le marketing : jeunisme, culte du corps et de la beauté, hédonisme...
Explications :
En théorie, le capitalisme économique s'applique à rencontrer les besoins des individus-consommateurs, besoins solutionnés par l'acquisition de Biens & Services. Sauf qu'en réalité, le capitalisme culturel va bien au-delà : il entend forcer la vente. Comment ? En suscitant des désirs, en encourageant les excès...
Pourquoi ? Parce que le capitalisme n'est pas une activité philanthropique ! Et parce que sans ventes, pas de profits !
Concrètement, puisque qu'une personne saine d'esprit n'a nullement besoin de tous ces bibelots et autres camelotes vendus sur les étals, il s'agit de la transformer en individu dépressif, complexé, envieux et frustré... afin qu'il achète n'importe quoi pour compenser : "je dé-pense, donc je jouis" 124. L'enivrer de jouissances matérielles... et surtout ne plus penser ni au Bien ni au mal. Ni à Dieu ni au Salut de son âme. En faire un pervers narcissique 125. C'est tout l'objet du porno-marketing. 126
C'est donc à un flot permanent de sons et d'images auxquels tu es bombardé nuit et jour. Et ne t'y trompe pas : tu en trouveras aussi dans tes films et séries préférées. 127
Méthode ? Des messages putassiers, obscènes, racistes (sournoisement), cyniques, faussement subversifs/transgressifs, eugénistes, crétinisants...
Conséquences pour le corps social ? Anorexie, boulimie, complexes en tous genres, solitude, agressivité, dépression, frustration...
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Leçon 13 : la propagande des sophistes 128
Les capitalistes clament au monde entier la supériorité de leurs valeurs ! Ils ne tarissent pas d'éloge sur les bienfaits du système capitaliste : un tout unifié et cohérent. Un réel progrès pour l'humanité, selon eux.
Voyons ce qu'il en est.
1/ Méritocratie
Un "Marché", c'est un système où rien ne doit empêcher l'échange ! Ni les frontières... ni la morale. Qu'on soit femme, noir(e), homosexuel(le), musulman ou juif, l'individu doit pouvoir agir dans un cadre capitaliste (acheter ou (se) vendre) sans entraves. Pas de traitements de faveurs ni de privilèges ! Pas question dès lors de permettre à une majorité (...blanche) de dominer le "game". Le capitalisme s'enorgueillit de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité. Bien sûr, on parle ici de droits formels. Il s'agit d'un égalitarisme "sur le papier" : le droit de faire, pas les moyens de faire. 129
L'égalitarisme devant la loi rend possible cette grande vertu tant vantée par les capitalistes : la méritocratie. "Tu n'as que ce que tu mérites" est leur credo. Corollaire : il faut assumer ses échecs... mais aussi savoir jouir de ses victoires ! Ça implique le sens des responsabilités et l'individualisme (le succès ou l'échec est ainsi... "personnalisé"). C'est la pierre angulaire de l'édifice capitaliste, le socle sur lequel est bâti tout le projet capitaliste : libre-arbitre, libertés, entreprenariat...
Sauf que... les gosses de riches ont toujours plus de facilités que les gosses de pauvres, quand il s'agit de "réussir" : environnement familial favorable, les meilleures écoles (= les meilleurs prof'), le piston pour le 1er emploi... - il est effectivement difficile d'échouer avec de tels avantages ! Les capitalistes impose en fait une conception darwiniste de la vie en société : "Struggle for life". C'est chacun pour soi, et la hiérarchie qui en découle serait de l'ordre du naturel, selon eux. Mais c'est objectivement faux : le "self-made man", celui qui s'est fait tout seul, est en fait un mythe, de l'ordre de l'imposture : la plupart des "gros riches" sont des héritiers (Trump en tête) et les "nouveaux riches"... souvent des crapules (voir leçon 10bis) !
Les capitalistes nient systématiquement que ces logiques collectives et structurelles sont à l'œuvre : si ils ne voient pas l'éléphant dans le salon, qu'est-ce qu'on peut faire 130 ?
À noter en passant que quand le système déraille, quand une grosse entreprise a besoin d'être refinancée de toute urgence, les capitalistes n'ont plus de scrupules à faire appel au "public" 131. En vérité, le succès de l'un(e) n'est jamais le fait de son œuvre individuelle : la société (par sa seule existence) rend possible les réalisations d'une personne. En clair, même les plus grand(e)s génies sont toujours redevables envers la société, d'une façon ou d'une autre...
La richesse comme la pauvreté sont en fait les deux produits d'un même processus (...capitaliste), où la volonté individuelle y joue un rôle très secondaire. Il ne suffit pas de vouloir : des facteurs exogènes jouent à plein ! On parle d'ailleurs de reproduction de classes : les riches restent riches, les pauvres... pauvres. Et ce qui est vrai au niveau des individus peut s'appliquer aux communautés (ex : les noirs aux USA), aux entreprises et même aux nations : les pays africains, malgré le commerce mondiale "libre", demeurent en bas de l'échelle.
L'inertie est donc plutôt la règle et l'ascension sociale... l'exception ! Je n'évoquerai pas ici l'effet désastreux sur la santé mentale (et financière) de ceux/celles qui échouent à monter dans l'échelle sociale, et qui souffrent d'autant plus qu'ils/elles refusent de comprendre que les dés étaient pipés depuis le début !
Et pourtant, des solutions collectives sont possibles ET en fait souhaitables : logement sociaux, transport en commun, économie sociale...
La coopération entraînera toujours plus de bénéfices pour la société toute entière que la compétition... qui finalement ne sourit qu'à une poignée de "gagnants" (tricheurs et/ou privilégiés).
2/ L'innovation :
Les capitalistes affirment aussi que sans le capitalisme, on en serait encore à l'âge de la pierre ! Que seul le capitalisme a permis les avancées techniques que l'on sait : électronique, chimie, médecine...
Ils exultent, même : en avoir fini avec le spectre des maladies moyenâgeuses, être capable de rattraper la course du soleil avec un avion, creuser sous les montagnes et les bras de mer, concevoir des machines-robots qui multiplient la puissance musculaire humaine...
On le devrait au capitalisme.
Sauf que c'est faux !
Il n'est pas nécessaire de faire appel au capitalisme pour innover ou découvrir. Ça s'appelle la recherche fondamentale... et ça fonctionne tellement bien que des petits malins, une fois les (coûteux) tests effectués en laboratoires... lancent leurs propres entreprises (les "start-up"). Pourtant, "leurs" découvertes sont le fait du travail collectif scientifique, tu ne crois pas ? Encore un cas de privatisation des bénéfices !
En outre, les entreprises privées ont tendance à ne pas innover pour de vrai et à plutôt gérer leurs innovations sur un plan purement financier. Illustration : des médicaments "révolutionnaires" existent mais ne sont pas mis sur le marché, en cause le souci de rentabiliser "jusqu'à la corde" les investissements précédents (...les malades attendront).
C'est encore une fois le problème du manque de concurrence qui produit tous ses méfaits. 132
3/ Réussir 133 sa vie :
Le capitalisme promet la réalisation de soi ! Si l'esclave voulait être libre, le roturier noble, le prolo' veut - lui - avoir une belle maison, une grosse voiture... être propriétaire ! Gagner de l'argent devient donc logiquement l'obsession numero uno ! L'Avoir plus important que l'être. On peut dès lors vivre dans des lieux densément peuplées (villes) mais totalement désertiques du point de vue humain (...seul(e) dans la foule). Avec les chiffres de la dépression et du suicide qui vont avec... car l'être humain n'existe que par les liens qu'il entretient avec ses semblables !
La spiritualité proposée par le capitalisme ? Le néant/vide/solitude... la mort !
4/ La spécialisation :
Le capitalisme, dans sa course au profit inconditionnel et sans limite, entraîne un mouvement d'uniformisation du monde : standardisation des procédures, des produits manufacturés. Les États-nations deviennent comme qui dirait des hôtels pour entreprises apatrides : c'est l'enlaidissement du monde (ex : architecture urbaine).
Mais aussi la crétinisation des masses : avec la dépendance de l'individu au "process", celui-là est devenu littéralement incapable de produire par lui-même un objet même simple (en bois, en fer blanc...), car "spécialisé" dans une seule tâche !
C'est donc logiquement la fin des identités nationales/régionales mais aussi de la capacité productive autonome (les gens ne savent même plus "taper sur un clou" ou faire pousser des patates : il leur faut visionner des tuto' sur internet pour savoir quoi faire !).
5/ La performance :
Afin de conquérir des parts de marché, l'individu capitaliste est devenu une machine de guerre, insensible et impitoyable. Il est devenu un rouage de l'économie soi-disant triomphante : performances électroniques, génie génétique...
Mais ça tient ce que ça tient... et tôt ou tard il faut payer le prix des excès : un petit grain de sable fait enrayer la "belle mécanique". C'est tout le thème de la robustesse 134 de "nos" systèmes productifs : une canicule ou une inondation, une panne d'électricité... couplées à la gestion de stock à flux tendu, et c'est la catastrophe !
Autre problème : la conception de court terme imposée par les marchés financiers empêchent de considérer les menaces... ou les opportunités futures ! Notamment dans le domaine des sciences : les entreprises qui "font" du vieux (charbon, gaz...) n'ont pas "envie" de faire du novateur (trop risqué ou pas assez rentable) : nano-sciences en tête !
*
Leçon 14 : l'impérialisme criminel
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les capitalistes te répètent ad nauseam que les USA 135 sont les gendarmes du monde, les garants de l'ordre mondial fondé sur des règles. 136
... CONNERIES !
Les USA sont depuis 1945 les geôliers du monde !
Toutes les guerres qu'ils ont menées (...et il y en a un paquet 137) n'ont jamais visé qu'à maintenir la domination du capitalisme anglo-saxon sur le monde soi-disant libre. Car les capitalistes ont toujours besoin :
- de nouveaux marchés pour écouler leurs marchandises,
- d'un accès libre à des ressources naturelles (pillage),
- de protection juridique pour leurs investissements à l'étranger,
- de la domination des flux financiers "locaux" par la devise impériale 138
D'où la "production" d'élites politiques du tiers-monde américanisées et aux ordres !
Les pays qui ont voulu être libres l'ont payé très cher : l'Iran de Mossadegh, le Congo de Lumumba, le Vietnam d'Ho-Chi-Minh (victorieux), le Cuba de Castro (victorieux)...
Ce n'est que pour ça que les USA absorbe 40% des dépenses militaires mondiales (...et non pour se défendre contre le Mexique ou le Canada !). C'est aussi pour ça qu'ils entretiennent plus de 800 bases militaires à l'étranger !
Bien sûr, les guerres impérialistes portent toujours un déguisement : défense de la démocratie, de la liberté, des droits de l'Homme...
Mais avec le massacre des palestiniens à Gaza, aujourd'hui plus personne n'est dupe sur ce qu'il faut penser des discours humanistes des occidentaux. 139
*
Conclusion : que faire ?
Tu vis dans une société capitaliste, laquelle fait de ta vie un enfer et disons-le franchement... à cause d'elle, tu as une vie de m*rde ! Tu es comme embourbé(e) dans un marécage, où tu t'enfonces inexorablement : garder la tête hors de l'eau (payer tes factures, préserver ta santé mentale...) est ton combat quotidien !
Mais pour ne plus "subir le marécage", il te suffirait d'en sortir. 140
Car le capitalisme n'est en rien une fatalité : c'est un processus historique 141 qui l'a mis en place (voir leçon 8), c'en est un autre qui l'y chassera.
Dès lors, 2 options s'offrent à toi :
Soit tu ne fais rien et tu continues à subir. Et diverses modalités sont possibles (tu en connais/pratiques déjà certaines) :
- pleurnicher, te plaindre, accuser les autres d'être la source de tes problèmes (arabes, juifs, socialistes, chinois, franc-maçons...)
- t'enivrer les sens, afin de "tout oublier" : drogues, alcool, débauche sexuelle, sports intenses (escalade...)... ou te trouver un centre d'intérêt qui te permette de t'évader (les jeux vidéo, les voyages exotiques, suivre une équipe de foot' professionnel... mais quelque chose de pas trop cher)
- t'adapter 142 à la société capitaliste... mais pour en tirer avantage : t'enrichir aux dépens des autres (voir leçon 10 bis).
- créer un parti/un mouvement politique pour changer la société (je te conseillerais alors de te faire aider pour la re-lecture de la leçon 9 tris)
Soit au contraire tu décides d'agir sur le réel. De transformer la matière. Tu choisis la voie de la révolte. Quelques réflexions, dès lors :
1/ Pas de Révolution sans Révolutionnaires. Il faut VOULOIR la faire : pas de sous-traitance possible (Poutine ne viendra pas te sauver...). Elle coûte du sang et des larmes. Il faudra te transcender. Et on ne la fait jamais tout seul 143, "pour sa gueule" (le genre "tireur fou dans la foule").
2/ Une Révolution implique TOUJOURS l'usage de la violence (ne serait-ce que potentielle/latente). Le viol de la Loi est inévitable (les Révolutions légales n'existent pas, par définition).
3/ Souvent, il faut un(e) chef(fe) 144 pour porter le projet révolutionnaire, et coordonner son indispensable organisation.
4/ Il faut un but, un idéal susceptible de mobiliser les énergies : on ne lance pas une Révolution juste pour abaisser l'âge de la retraite de 65 à 60 ans.
Exemples de buts révolutionnaires :
• le travail doit être partagé, des semaines de 3/4 jours max. sont envisageables : ne plus être une marchandise mais un droit... donc planifié ! C'est parce que les capitalistes possèdent les biens de production que le travail n'est pas partagé (et que des emplois stupides sont créés, comme steward urbains). Leur but ? Maintenir les citoyens en état de dépendance, dans le salariat ! Le salaire doit devenir la contrepartie de la participation à la création de la richesse collective, ni plus ni moins : pas de pouvoir d'achat sous prétexte qu'on possède un bien de production (posséder, ce n'est pas travailler).
• des entreprises publiques en monopole sur les secteurs stratégiques. C'est la seule façon de remplir des missions de Bien Commun, car le "Marché" - lui - roule pour les capitalistes (et leur désir d'accumuler, c'est-à-dire de spolier les vrais créateurs de richesses... TOI).
• la collectivisation des ressources naturelles privatisées qui n'auraient jamais dues l'être. La Création Divine est à tout le monde... littéralement !
• une démocratie directe/référendaire (les assemblées citoyennes font les lois : du local au national, voire continental/mondial). Pour en finir avec les jeux de pouvoirs par intérêts ! Dans la société capitaliste, c'est le prolétaire qui vote... pas le citoyen ! Avec la peur au ventre de perdre le peu qu'il a (un emploi précaire, un logement mal chauffé...). Mais avec la nationalisation des entreprises et des ressources naturelles, la ploutocratie tombera d'elle-même, pourrie qu'elle est !
•... et pour ne pas devoir recommencer à chaque génération, le droit au port d'armes : un Peuple libre, c'est d'abord et avant tout un Peuple armé !
Et si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour tes enfants 145 !
- Opuscule : livre de petit format, au nombre de pages limité
- J'utilise ici la définition commune du mot : celui/celle qui doit travailler comme salarié(e), pour recevoir en échange de quoi vivre (nourriture, logement...). Parmi cette multitude, certain(e)s s'en sortent mieux que d'autres (4000 net/mois, par exemple). Des exceptions !
- Si tu es né(e) avec un bec de lièvre, effectivement le capitalisme n'y est pour rien. Même s'il te le fera payer très cher.
- Waw !... ça, c'est de la symbolique !
- La dialectique n'est pas un truc de communistes ! Le schéma "thèse/anti-thèse/synthèse est en fait né en Grèce et a déjà plus de 2000 ans d'âge (voir Zénon d'Elée pour les détails).
- Et ce qui est vrai pour l'économie capitaliste l'est tout autant pour l'économie communiste : pas de propriété commune possible si chaque citoyen(ne) fait ce qui lui plait avec le bien commun (typiquement, couper un arbre du bois communal).
- "Polis" en grec : cité-État
- La société est à la fois le moyen et la fin des réalisations des individus : tu nais et tu meurs en son sein.
- Qui n'a jamais entendu parlé de Karl Marx ? Qu'on aime ou qu'on déteste, il fut un grand penseur. En l'occurrence, il fit de l'Histoire un objet d'études.
- Par le truchement de la compagnie pétrolière/gazière nationale Aramco : l'état possède les puits de pétrole et l'état... c'est la dynastie Saoud ! La boucle est bouclée.
- L'Occident appréhende l'Histoire comme un phénomène linéaire (la "ligne du temps") : chaque événement y est unique (grande bataille, couronnement, révolution...) ; par contre l'Inde brahmique la conçoit plutôt comme une roue : les mêmes phénomènes se reproduisent périodiquement (révolutions, catastrophes naturelles, épidémies...) - conception cyclique de l'Histoire versus conception linéaire !
- D'après la pensée védique, nous subissons actuellement l'ère de Kali-Yuga, l'âge des ténèbres : partout le rapport de force, la Justice nulle part !
- Il s'agit ici en fait d'autorité : la légitimité légale, culturelle... à exercer du pouvoir (càd à donner des ordres).
- Ce qui expliquerait que tu aies une vie de merde ? Non : tu as une vie de merde parce que tu ignores un certain nombre de choses qui affectent ta vie. Cet opuscule est en train de te l'expliquer.
- Le pouvoir sur des choses ou des animaux s'appellent la maîtrise : brevet cariste, qualification chauffagiste, maître-chien.... La connaissance/manipulation des armes, c'est important mais être capable de manipuler des soldats, c'est encore plus important !
- Les espions (quand ils recrutent des "taupes") utilisent eux un mot/acronyme mnémotechnique anglophone : MICE ("souris" au pluriel)... pour Money, Ideology, Coercion, Ego. Selon moi, Ego = vanité... et c'est tantôt une valeur (Idéology), tantôt de l'intérêt (Money). Et où est l'eros, dans MICE ?
- En fait, la confusion systématique entre le pouvoir et ses instruments explique à elle seule la permanence de l'idée selon laquelle on peut avoir du pouvoir (...alors qu'en fait on ne peut que l'exercer).
- D'où la fragilité des sociétés esclavagistes : 'y a que les "maîtres" qui en profitent.
- Qu'est-ce qu'on apprend dans les écoles de commerce ? Il y a des cours de marketing (psychologie), de comptabilité (math' de base), de droit commercial (droit). En fait, on enseigne le capitalisme (...comme on ferait pour une religion) mais on n'y explique que très rarement ce qu'est l'économie !
- Le capitalisme, c'est essentiellement l'économie de la cupidité.
- Nationaliser une entreprise privée ou un secteur entier de l'économie, ce n'est pas politiser l'économie ("faire de l'idéologie"), c'est choisir un autre modèle économique, en l'occurrence anti-capitaliste (qu'il soit communiste ou nationaliste).
- Et non la cruauté ou la violence : les animaux ne sont pas de taille pour rivaliser avec nous.
- Le volume crânien de l'homo sapiens fait 1500 cm³, contre 370 cm³ pour Toumaï, le premier humanoïde.
- À la question "faut-il obéir à la loi ?", moi je réponds : "ça dépend de qui la fait !".
- L'apartheid, le code noir, la ségrégation, les lois de Nuremberg nazies... sont autant de législations conformes à l'État de droit.
- Ça aurait pu être le titre de cet opuscule mais je trouvai celui choisi plus "grand public".
- L'aliénation est un grand thème chez Karl Marx. Il peut s'assimiler à une sorte de décalage/déphasage par rapport à la réalité, à une absence de sens/vérité. À une vie forcée dans un monde parallèle et artificiel (...celui des capitalistes). En lisant/assimilant ce livre, l'air de rien, tu es en train de te désaliéner/libérer.
- Voir eastriding.gov.uk pour les détails : chercher "pasture freeman".
- Comme l'atteste leurs volontés de chasser les paysans des terres communes pour y faire paître des moutons ou plus simplement y chasser le cerf (c'est le phénomène de l'enclosure).
- Hibris : notion de philosophie qui définit un comportement sans mesure, un désir irrépressible de posséder, d'accomplir, de réaliser (gourmandise, luxure, vanité...).
- Si tu trouves que cette idée est encore d'actualité, c'est parce que rien ne différencie les aristocrates d'hier des capitalistes d'aujourd'hui.
- Le parlement moderne est en fait un conseil d'administration... au sens littéral ! C'est une sorte de syndic d'entreprises : il faut plus de police ? Moins d'écoles ? Et moins d'hôpitaux ? OK... on établit le budget en fonction de ces décisions et basta.
- Voir les travaux de Valérie Bugault pour les détails.
- Aujourd'hui encore, plusieurs nations européennes ont des monarques pour chef d'état : des rois-fonctionnaires !
- Du grec "ploutos" (richesses) et "cratos" (gouvernement).
- Violer l'État de droit n'est pas un problème pour eux : c'est leur p*te ! Illustration : Allende élu en novembre 1970 est renversé par un coup d'État le 11 septembre (!) 1973. Pour la bourgeoisie chilienne. Par l'armée chilienne (...soutenue par la CIA).
- Il te suffit de penser aux duels du temps des chevalier/samouraïs/mousquetaires : un affront lavé dans le sang ! Au Moyen-âge aussi, l'asile pouvait être accordé par l'Église au fautif/coupable : il pouvait ainsi se soustraire à une condamnation (le noble qui rendait Justice ne pouvait pas tout se permettre non plus).
- Pour paraphraser l'empereur romain Caligula : "Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent".
- Ça vaut pour l'usage libre des armes comme pour l'économie dite sociale, c'est-à-dire une alternative au salariat (le capitalisme économique est injuste MAIS AUSSI obligatoire).
- Souviens-toi par exemple de la commune de Paris : pendant 72 jours le Peuple de Paris a directement forgé les lois qui Le gouvernaient (du 18 mars au 28 mai 1871), la bourgeoisie reprenant la main dans le sang et la cruauté (la semaine sanglante) ! Rappelle-toi aussi la violence inouïe contre les gilets jaunes (des yeux perdus, des mains mutilées)... alors qu'on était pourtant très loin d'une volonté révolutionnaire.
- Quand ils ne les encouragent pas carrément, au titre de nécessité cathartique : relâchez la pression ou faire diversion (les contre-feux).
- L'UE autorise depuis peu le commerce de fœtus humain !
- Pourquoi ne pas nettoyer les bouteilles en verre (vin, bière...) et les réutiliser de suite ? Plutôt que de les trier par couleur puis les jeter dans des "bulles" où elles se brisent, et après il faut refondre le verre. Quel gaspillage d'énergie ! Devine pourquoi...
- Comme la monnaie fiduciaire sert l'économie capitaliste, l'État de droit sert la politique capitaliste.
- Exemple : les bancs publics disparaissent des jardins publics, au profit des terrasses de café (où il faut consommer pour pouvoir s'asseoir). Voir Jean-Baptiste Fressoz pour les détails.
- Voir l'encadré ad hoc en leçon 10.
- Le capitalisme libéral est un idéal, voire une utopie, le capitalisme de connivence la norme. Par exemple avec le covid-23, grippe gonflée en pandémie (pour gonfler les profits de "Big Pharma") ou encore la guerre en Ukraine (qu'ils prolongent inutilement juste pour vendre des canons/obus). Pareil pour le F35 : les alliés (vassaux ?) de l'OTAN ont été "invités" à acheter l'avion de chasse US (voir la carrière de l'ex-premier ministre belge, devenu par la suite président du conseil européen : un prêté pour un rendu ?).
- Ce que ne saisissent toujours pas les crétins (...de droite), qui croient que le capitalisme c'est comme la photosynthèse des plantes, la force de gravité ou les phases de la lune : quelque chose de naturel.
- Libertariens : des anarchistes de droite, qui prônent la disparition de l'État, qui rêvent (délirent ?) d'une société de citoyens libres de tout faire tant qu'il n'y a pas de contrainte exercée sur les autres. Un enfant de 10 ans voit l'arnaque au premier coup d'œil : si tu crèves de faim, tu accepteras n'importe quelles conditions de travail... sans nécessité de te forcer par la violence.
- Souviens-toi des mots de Soljenitsyne "On asservit les Peuples plus facilement avec de la pornographie qu'avec des miradors".
- Si tu n'as jamais pris l'avion, petite précision : la classe affaires est toujours située à l'avant, juste derrière la cabine de pilotage, la classe éco' tout derrière.
- Le nombre de voix que tu peux glisser dans l'urne dépend de la quantité d'impôts que tu paies. Par contre, avec le suffrage universel : un homme/femme = une voix.
- Songe aussi aux femmes qui longtemps sont restées dans cet état d'infériorité politique dont les prolétaires masculins se plaignaient de subir alors.
- Ce qu'on appelle la démocratie représentative s'appelle aussi la démocratie indirecte : le Peuple ne fait pas les lois (comme avec un referendum) mais il choisit ceux/celles qui les feront. Une démocratie de second ordre, en somme. Certains disent que ça n'en est pas même une (voir Etienne Chouard pour les détails). Mais dans un certain sens, en Suisse elle est directe... avec le référendum !
- Déguisée en démocratie : répéter tant de fois que nous, on vit en démocratie (et pas les Russes, ni les Nord-Coréens, les Iraniens, les Vénézuéliens...), c'est forcément suspect : pourquoi nous assommer avec ce credo ? Comme un mari qui dit tous les jours "je t'aime" à son épouse, mais qu'il trompe à chaque occasion ?
- C'est d'ailleurs pour ça que l'Église catholique a été si férocement combattue : pas de rival autorisé ! Pour ça aussi que l'Islam n'est pas non plus compatible avec le capitalisme.
- Pas étonnant dès lors que tu ne trouves pas chaussure à ton pied : tu es à peine concerné(e) !
- De fait, les lois promulguées ont peu à voir avec le programme électoral/promesses de campagne. Mais si tu crois en l'existence du Père Noël (il habite au pôle nord, dit-on), alors tu peux malgré tout croire que les politiciens œuvrent effectivement pour le Bien Commun.
- Bill Clinton, Tony Blair, Nicolas Sarkozy ont fini multimillionnaires. Pour services rendus ! Et puis, il y a aussi le chantage : preuves compromettantes (mœurs). Donc ? Donc, la classe politique est bel et bien aux ordres d'intérêts oligarchiques !
- "Res" pour chose et "publicae" pour publique, qui a donné République.
- C'est le "tit-tainment", néologisme tiré de tits (seins en anglais) et entertainment (divertissement). Du cul à la télé, en somme.
- La fameuse planche à billets. Car l'argent magique existe bel et bien.
- Tous des ego-centriques ! Seules leurs doléances à eux sont dignes d'intérêts. Les problèmes des autres ? Mais qu'ils crèvent, ces "autres" !
- À contre cœur : avec les menaces, la relation consanguine entre les multinationales et une certaine politique pro-capitaliste est trop évidente. Le Roi est tout nu...
- Ou l'annulation des élections, comme en Roumanie récemment. Ou l'interdiction de se présenter pour Marine Lepen (encore plus fort !)
- De "Demos", le peuple et "Ago", conduire. Le politicien classique, dans une société capitaliste, est fondamentalement un démagogue, pas un démocrate. C'est sa fonction : manipuler les masses.
- C'est ballot : à 50% près, tu aurais eu la majorité. Ça sera pour la prochaine fois. Merci d'avoir participé.
- Ça ricane ferme chez les élites !
- Garder la mainmise sur l'État, c'est un boulot à plein temps !
- Détail : le Travail est donc plus un service rendu à un patron qu'une marchandise proprement dite (conduire un chariot élévateur, monter un mur, tondre une haie, concevoir un programme informatique, installer une chaudière...).
- Au lieu de rencontre, il faudrait plutôt dire confrontation/rapport de force : cynique et inégale (pour ne pas dire inique et cruelle) - vois en fin de leçon pourquoi je le qualifie ainsi.
- Pareto-optimale : l'augmentation de la satisfaction d'un consommateur ne pourrait se faire qu'aux dépens d'un producteur. Donc, la satisfaction du consommateur doit se contenter du niveau atteint (...optimale selon Pareto). Et inversement : plus de profit pour le producteur signifie moins de satisfaction pour le consommateur.
- C'est aussi l'avis de la classe moyenne, bien pensante et très satisfaite d'elle-même (voir leçon 9 tris), séduite ainsi par le discours eugéniste (et/ou raciste), de certain(e)s : le fameux gène "basané" qui expliquerait bien des choses, selon elle.
- Cette pirouette intellectuelle en rappelle une autre : dans la société dite libérale, théorisée au XVIIIe siècle, les êtres humains ont tous les mêmes droits. Mais... et les esclaves ? Eux, ce sont des biens meubles... donc "ça" ne compte pas. (Eeeh ! ? 'Pas con...). Entre nous, ça vaut bien la théorie du genre (un homme peut devenir une femme et une femme un homme).
- De fait, on te parle toujours du chômage quantitatif, du nombre de chômeurs (en % de la population active).
- La Chine planifie ses besoins en main d'œuvre qualifiée... pas l'UE ! Avec le succès que l'on sait : pendant que la poignée d'ingénieurs occidentaux qui reste conçoit des crèmes de beauté "rajeunissantes", les ingénieurs chinois - eux - vont sur la lune !
- La dégradation de nos écosystèmes coûtent DE L'ARGENT à la société ET aux individus, à moyen et long termes !
- Et je ne parle même pas ici de l'obsolescence programmée (des petites pièces dans des appareils, programmées pour se casser au bout de quelques centaines d'heures de fonctionnement... et irréparables : 'faut racheter un appareil neuf !)
- Voir les travaux de Kondratiev
- L'Afrique se développe d'autant moins qu'elle demeure dans les mâchoires du neo-colonialisme/impérialisme occidentalo-capitaliste (dialectique politique économique)
- C'est toute la problématique des "public goods" : qui pour investir dans les infrastructures (routières, énergétiques...) indispensables à toute vie économique (même communiste) ? Pas les entreprises (qui ne sont que partiellement concernées, bien qu'usagées). Seul l'État peut y pourvoir.
- La tendance naturelle d'un marché, c'est la destruction des fondements de son propre modèle économique : à terme, plus de concurrence ! (voir Karl Marx pour les détails).
- La voiture électrique chinoise coûte - elle - 12 000 euros ! D'où les droits de douane de 110% appliqués par l'UE. Un hasard ?
- Du genre "Méhari", de chez Citroën.
- Pourquoi l'État n'a-t-il plus de politiques de logements sociaux réellement ambitieuses ? Devine...
- Et non un "truc de gauche" : un humanitarisme béat au service de la repentance éternelle pour se faire pardonner la colonisation. D'ailleurs, l'immigré est une victime comme toi du capitalisme, le sien beaucoup plus féroce : pas de sécurité sociale ni même de démocratie "à l'occidentale", chez lui.
- Si la loi de l'Offre et de la Demande s'appliquait vraiment, les infirmières et les électro-mécaniciens gagneraient 5000 net/mois, vu que ce sont des métiers en pénurie. On en est loin !
- L'économie de "Marché" finalement, c'est l'illusion de l'opulence.
- Même normale : une qualité moyenne aujourd'hui, c'est du luxe.
- À lire, "L'imposture économique" de Steve Keen (pdf gratuit sur internet) : livre ardu mais tout y est dit et bien dit. La critique de l'auteur terrasse la théorie dite neo-classique : elle ne peut pas s'en relever.
- Le prix de vente d'un bien ne se définit pas par rapport à son coût de revient. Parce qu'il ne porte pas sur sa valeur intrinsèque (ce qu'il y a "dedans" en terme de génie humain, de matériau de qualité, d'effort...) mais bien sur sa valeur marchande, càd sur la volonté d'un vendeur capitaliste d'abuser d'une situation de pénurie (relative) : dans le désert, un verre d'eau te coûtera un œil ! Et ce qui est vrai pour les Biens l'est aussi pour les Services : on a tous eu affaire un jour ou l'autre à un garagiste, à un chauffagiste ou à un avocat crapuleux !
- On dit le capitalisme tolérant vis-à-vis des croyances de chaque citoyen : ce serait une société ouverte, par essence multiculturelle ; en vérité, ils sont indifférents aux autres ! Leur tolérance est une illusion : une interprétation abusive et généreuse de leur attitude fondamentalement égocentrique.
- Penses-tu que l'esclave était pour l'esclavage ? Alors pourquoi es-tu - toi le prolétaire - pour le capitalisme ?
- À la rigueur ils laisseront quelques miettes pour la classe moyenne, mais uniquement pour qu'elle se tienne tranquille et s'abstienne de faire la Révolution avec ceux d'en bas (voir leçon 9 tris).
- Dans une société capitaliste, tes degrés de libertés (vacances annuelles à l'étranger, maison de campagne, resto' chaque samedi soir..) s'évaluent en fonction de ton pouvoir d'achat. L'argent rend libre.
- Les fortunes qui se font aujourd'hui ne peuvent MATERIELLEMENT PAS avoir été amassées par le seul travail de leurs propriétaires (...car il n'y a jamais que 24 heures dans une journée, et ceux-ci n'ont que 2 bras, 2 jambes et une seule tête, même particulièrement pleine).
- Celui/celle qui dit qu'une banque octroie des crédits à des personnes non solvables (sans revenus) est un(e) menteur/euse ou un(e) idiot(e) ! Et c'est d'ailleurs ça, l'usure : garantir un prêt avec un bien immobilier. Y a pas de risque pour le banquier, seulement pour l'emprunteur.
- Sans parler de la santé mentale du travailleur : constamment rabroué, humilié, rabaissé par un patron-esclavagiste.
- Voir à ce propos la théorie de Léon Bourgeois : selon lui, les prolétaires ont droit à une part des bénéfices, puisque sans le facteur Travail, pas d'entreprise ! C'est la 3ème voie, entre capitalisme et communisme.
- C'est le marché du "short" : on pense qu'une action va perdre de sa valeur dans l'avenir. On l'emprunte à son propriétaire, on la vend et après (6 mois, 1 an...), on la rachète (au prix qu'on espère plus bas), puis on la rend à son propriétaire initial. On empoche la différence.
- L'argent magique existe donc bel et bien...
- Si tu es idiot au point de vouloir la rembourser ! Les islandais - eux - ont refusé de le faire en avril 2011 (par referendum).
- Les guerres au Proche-Orient ont bon dos pour expliquer les "ups and downs" des marchés de l'énergie (gaz/pétrole) !
- Avant-hier : piraterie, brigandages et razzias. Ce que Marx a appelé l'accumulation primitive.
- Les libertaires le reconnaissent eux-mêmes, eux qui légitiment un droit à la restitution quand un bien a été spolié (ex : les terres amérindiennes). Voir Robert Nozick pour les détails.
- "La propriété, c'est le vol", comme disait Proudhon. En 2010 - 500 familles possèdent un patrimoine égal à 10% du PIB français.
- En 2022, c'est 40% qu'elles détiennent ! Et elles ne paient que 2% de l'impôt national !
- Des israéliens, essentiellement. Devenus milliardaires du jour au lendemain. Un coup de bol ?
- Voir "Les milliardaires de légende" d'Alain Monestier pour les détails.
- Les délinquants, comme les immigrés, sont les effets secondaires (by-product, en anglais) de la pratique capitaliste : paupérisation des parents, pertes de repères moraux, mauvais exemples des élites, opportunités inexistantes d'emplois décents...
- Typiquemet le Moyen-Âge, avec ses 3 ordres : laboratore (les paysans/artisans), oratore (les religieux) et bellatore (roi + chevaliers) => Production/Spiritualité/Honneur.
- Voir Max Weber pour les détails, son ouvrage "L'éthique protestante et l'Esprit du capitalisme".
- La kabbale juive, notamment. Qui a nourrit l'anti-catholicisme des libertins, et qui - précisément - puise ses racines dans l'Ancien Testament. Si les juifs sont cupides, les protestants avares, les libertins sont quant à eux ceux qui aiment dépenser ! Mais tous aiment l'or.
- C'est-à-dire quelqu'un qui calcule son intérêt dans tous les aspects de la vie sociale : commerce, réputation, mariage...
- Voir Saint Augustin pour les détails.
- Concept inventé par Bentham : moraliste anglais du XVIIIe siècle qui affirme qu'il faut avant tout juger de l'utilité d'une loi ou d'un procédé, afin de considérer si on l'adopte ou pas. Les considérations éthiques ou morales n'ont plus lieu d'être, selon lui. Exemple : la cruauté des châtiments fait hésiter les brigands potentiels. La fin justifie les moyens.
- Du nom emblématique du camp nazi, synonyme de persécutions et de génocide des populations juives (...et tziganes) pendant la seconde guerre mondiale.
- Le capitalisme, c'est comme un égout : il attire à lui les eaux sales (l'argent) parce qu'il est à un niveau plus bas (moralement parlant). Car ce sont toujours les plus gros fils de p*te qui sont les "winners", dans le capitalisme.
- Un(e) psychopathe est une personne qui n'éprouve aucune empathie pour les autres. Il/elle se considère comme le seul être humain sur terre. Les autres ? Des animaux... À ne pas confondre avec un(e) sociopathe, qui prend plaisir à torturer les autres (sadisme).
- Voir Joseph Schumpeter pour les détails, son livre "Théorie de la destruction créatrice".
- La mondialisation, ce n'est QUE le capitalisme des multinationales : elles n'ont plus besoin de la Nation.
- À force de tout légaliser, il ne restera bientôt plus rien à "manger" pour les mafias (prostitution légalisée, jeux de hasard sur internet, drogues récréatives...). Même sur l'extorsion, la mafia est concurrencée (taxes en tous genres de l'État).
- Un exemple ? La guerre en Ukraine !
- Et Noël, alors ? ! Sans commentaires... Pareil pour la Saint-Valentin, la fête des Pères/Mères...
- Descartes a donné au monde (occidental) une maxime : "je pense, donc je suis" ; mais le capitalisme ramène l'Occident à l'ère du vulgaire et du sordide !
- Le pervers narcissique est une personne qui ne vit que pour son plaisir, n'ayant aucune considération pour les autres. Personnalité particulièrement agressive quand elle se sent frustrée.
- Néologisme qui souligne la volonté de manipuler les consommateurs par ses bas instincts, et non plus juste à informer des qualités du produit mis en vente (comme au temps de la réclame de nos grands-parents).
- D'ailleurs, pourquoi sont-elles tes "préférées" ? Tu crois que c'est un hasard ? Ils sont les rois de la manip' !
- Sophisme : se dit d'un raisonnement à l'apparence cohérent mais qui se base sur des éléments faux (données chiffrées truquées, relations abusives entre les concepts utilisés dans l'argumentaire...). Un exemple : un policier a le droit de faire usage de la violence, dans le cadre de sa fonction. On dit alors que cet acte de violence est légitime (car encadré par la loi). Mais toute violence commise par un policier n'est pas pour autant légitime ! Qualifier de légitime la violence exercée par un policier uniquement parce que celui-ci est policier, c'est un sophisme : si il tue son épouse et l'amant(e) de celle-ci dans un accès de rage, dira-t-on que ce double meurtre était légitime ? Ce n'est pas le statut de l'auteur d'un acte violent qui qualifie ce dernier de légitime.
- Marx dénonçait déjà à son époque le fait que le capitalisme imposait à tous un modèle d'économie basé sur la propriété privée des biens de production... où seuls 10% de la population étaient favorablement concernés (10% de bourgeois/propriétaires) !
- Et ben....on se débarrasse d'eux ! Car non seulement ils disent que les riches méritent leur argent mais en plus, ils affirment que les pauvres - eux - méritent leurs sorts/misères !
- Souviens-toi du "too big to fail" / trop gros pour tomber ; les banques en faillite (lors de la crise dite des "subprime") ont été renflouées avec de l'argent public. Surprenamment, là le socialisme ne puait plus le rat mort...
- La voiture électrique date de 1899 : la "jamais contente" d'un inventeur belge (Camille Jenatzy), qui atteignait déjà les 100 km/h ! Pourquoi avoir tant attendu (début XXIe siècle) pour lancer les "petites électriques" ? Devine !
- "Si tu n'as pas une rolex à ton poignet à 50 ans, tu as raté ta vie", est la phrase-type du pauvre (!) type qui se vante d'avoir compris ce qu'est réussir sa vie mais qui en fait a encore moins compris que les autres en quoi ça consiste.
- Voir Olivier Hamant pour les détails
- Les USA, chefs de file de pays occidentaux dits "libres".
- Mais qui les font, ces fameuses règles ? C'est ce qu'a dû se demander Vladimir Poutine avant de lancer son "opération" en Ukraine.
- Corée, Iran, Guatemala, Vietnam, Panama, Chili, Indonésie, Uruguay, Nicaragua, Libye, Somalie, Serbie, Irak...
- Les fameux petro-dollars : le pétrole ne pouvant être vendu/acheté qu'en dollars.
- Si l'impérialisme est une vieille histoire en Occident, il ne faut pas perdre de vue que ça ne lui est pas propre : l'empire chinois, l'empire arabe, l'empire des Incas, l'empire des mongols (Gengis Khan), les empires noirs-africains... sont autant des faits historiques. Il n'y en a jamais eu de gentils/sympa'/inclusifs.
- Ce qui constitue le gros problème de prise de conscience - non encore réalisé - de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine : s'en sortir DANS le capitalisme, c'est en fait Y RESTER. Ceux de la base de la pyramide (les damnés de la terre) voulant évoluer à son sommet : cette "construction" ne peut pas tenir, car il y a forcément toujours des perdants !
- Le capitalisme n'a "que" 4 siècles : il ne résume pas l'histoire de l'Humanité à lui tout seul.
- Des milliers de gens jouent au loto, chaque semaine. D'autres se mettent dans des combines "pas possibles" juste pour gratter quelques billets.
- L'individualisme fait partie du problème ! Voir Christopher Lasch pour les détails.
- Un(e) chef(fe), pas un maître ! Chacun(e) dans le groupe a une fonction, l'un(e) ne valant pas plus qu'un(e) autre ! La spécialisation n'implique pas la hiérarchie.
- Si tu n'en as pas, alors effectivement que t'importe que tout ça finisse en 3ème guerre mondiale avec la Russie + la Chine.