
"Hors de l'Église, point de salut"
Rappel : La bataille fait rage, entre le Vatican et les sionistes chrétiens américains qui entourent Trump d'une part, le Vatican et les "lefebvristes" d'autre part.
Ci-dessous, une analyse de E. Michael Jones sur la crise qui fait rage au printemps 2026, entre "tradis" et "papistes".
Mais pour bien comprendre son soutien au Vatican, il est utile de se reporter à son article de 2021 "Quis custodiet traditionis custodes", qui figure dans le volume Les guerres culturelles en Occident, pp. 179-202, éd. Le Verbe Haut, septembre 2025. Sa conclusion nous rappelle l'enjeu sous-jacent, derrière la querelle superficielle autour de la messe en latin. Et cette conclusion engage l'avenir de toutes les sociétés chrétiennes.
"Ce qui ressemble à une catastrophe pour les fidèles de la messe en latin est en réalité la ruse de la raison. Le Saint-Esprit n'abandonnera pas son Église. Dieu utilise cette crise pour exposer le vrai problème qui est, comme le tweet d'Abe Foxman l'a clairement montré, le contrôle samoan sur l'Église catholique.
L'Église, comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, peut avoir l'unité ou elle peut avoir de bonnes relations avec les Samoans, mais elle ne peut pas avoir les deux. Au cours des 60 dernières années, la hiérarchie a choisi les bonnes relations avec les Samoans, avec des conséquences désastreuses pour l'unité de l'Église. Traditionis Custodes souligne à juste titre le manque d'unité dans l'Église aujourd'hui, mais attribue ce manque d'unité à un symptôme, la messe en latin, et non à la cause, qui est le refus quasi universel de prêcher l'Évangile tel qu'il s'applique aux Samoans. Tucker Carlson souligne ce point lorsqu'il mentionne l'importance de la lex orandi, mais il omet de retracer les conséquences désastreuses de cette manipulation de la lex orandi jusqu'à sa source dans l'embarras de l'évangile anti-samoan qui est la fons et origo de la liturgie et la source de notre désunion actuelle" (op. cit, p. 202).
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par E. Michael Jones
L'évêque Fellay annonce à la FSSPX qu'ils iront en enfer.
En février, le père Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, a déclaré que la décision de consacrer de nouveaux évêques avait été prise après qu'il eut sollicité une audience auprès du pape Léon XIV en août 2025, demande que ce dernier avait refusée. Au lieu d'un rendez-vous, le père Pagliarani avait reçu une lettre du Vatican "qui ne répond en rien à nos demandes" (1). Une fois de plus, la FSSPX a pris l'ascendant sur le Vatican, ce qui me pousse à me demander si ce ne sont pas les juifs qui tirent les ficelles au sein de la FSSPX. Depuis près de 40 ans, la FSSPX est l'agresseur dans une guerre contre l'autorité légitime de l'Église, commencée avec les consécrations illicites de Mgr Lefebvre en 1988, qui présentent une ressemblance frappante avec la guerre menée par Israël contre les Palestiniens durant la même période. Ed Condon, dans The Pillar, a constaté la même tendance, soulignant que "la direction de la Fraternité semble adopter un ton de personnes lésées cherchant un compromis, tout en insistant sur le fait que leurs consécrations illicites se poursuivront même sans mandat papal". 1
Depuis plus de 40 ans, la FSSPX prétend qu'un "état d'urgence" règne au sein de l'Église pour justifier sa contestation de l'autorité ecclésiastique. Cette affirmation réitérée était absurde, car elle s'accompagnait systématiquement de démentis reconnaissant l'autorité du pape et la validité de la messe en langue vernaculaire. Le dernier ultimatum de Pagliarani change la donne. Poussant son argument d'état d'urgence à son paroxysme, Pagliarani affirme désormais que les portes de l'enfer ont triomphé de l'Église fondée par le Christ, car, selon lui, " dans une paroisse ordinaire, les fidèles ne trouvent plus les moyens nécessaires à leur salut éternel". 1
Ma première réaction face à cette déclaration absurde fut un silence stupéfait, mais après réflexion, ce silence fit place à un sentiment de soulagement. La FSSPX fait enfin preuve de transparence quant à sa position, qui est : Extra SSPX nulla salus. Cela ne me surprend guère, car j'avais jadis passé un long après-midi frustrant à discuter avec l'évêque Richard Williamson (2) au siège de la FSSPX à Wimbledon.
"Corrigez-moi si je me trompe", dis-je alors à Son Excellence, "mais il semble que vous soyez en train de dire que Rome va devoir venir à Wimbledon pour demander sa réintégration dans l'Église catholique". Le silence gêné qui suivit ma question valait aveu tacite de la part de Williamson que j'avais bien cerné sa position, même s'il n'appréciait pas la franchise de ma formulation.
En réaction aux consécrations qui firent de Williamson un évêque en 1988, le pape Jean-Paul II écrivit son motu proprio Ecclesia Dei, dans lequel il déclara : "Cet acte fut un acte de désobéissance au Pontife romain en une matière très grave et d'une importance capitale pour l'unité de l'Église, telle que l'ordination des évêques par laquelle la succession apostolique est sacramentellement perpétuée. Par conséquent, une telle désobéissance - qui implique en pratique le rejet de la primauté romaine - constitue un acte schismatique".
Dans une déclaration qui réaffirmait l'autorité papale tout en niant la gravité de la situation actuelle, l'évêque Fellay a annoncé dimanche 26 avril qu'"il existe une probabilité énorme que vous tous, nous y compris, soyons excommuniés, déclarés schismatiques" par le Vatican si les consécrations se déroulent comme prévu 1. Pagliarani a alors persisté dans le style passif-agressif auquel la FSSPX nous a habitués, en réaffirmant sa défiance par des mots qui suggéraient simultanément une réconciliation, à ses conditions bien sûr : "Partageant le constat que nous ne pouvons trouver d'accord sur la doctrine", écrivait Pagliarani, "il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous entendre est celui de la charité envers les âmes et envers l'Église".
Pour une fois, je me suis retrouvé en parfait accord avec la FSSPX. Le point essentiel ici est la charité, et non la doctrine. Dans son traité "Du baptême contre les donatistes" (De Baptismo contra Donatistas, vers 400-401 ap. J.-C.), notamment dans les livres I à IV, saint Augustin attribue à plusieurs reprises le mal du schisme à un manque de charité (caritas), en s'appuyant largement sur les propos de saint Paul dans la Première Épître aux Corinthiens (13, 1-3) concernant la nature essentielle de la charité.
"Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, mais que je n'aie pas la charité, je ne suis qu'un airain qui résonne ou une cymbale qui tinte. (...) Et j'aurais beau avoir toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour nourrir les pauvres, quand bien même je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me servirait de rien".
Dans les livres I et IV, Augustin explique que même les sacrements valides (comme le baptême) administrés hors de l'unité de l'Église catholique ne servent en rien au salut sans la charité, qui est le lien d'unité dans l'Esprit Saint. Le schisme rompt ce lien, faisant de la séparation une "blessure mortelle" qui annule tout bienfait spirituel. Les sacrements concédés et reçus en période de schisme restent valides en forme, mais sont dépourvus d'effet salvifique tant que l'unité et la charité ne sont pas rétablies.
"À quoi sert-il alors à un homme d'avoir une foi saine, ou peut-être seulement une foi solide dans le sacrement de la foi, si la solidité de sa charité est anéantie par la blessure mortelle du schisme, de sorte que par son renversement, les autres points, qui étaient en eux-mêmes sains, sont contaminés par la mort ?" 1
Augustin fondait son affirmation selon laquelle les donatistes étaient hors de l'Église sur la célèbre phrase de saint Cyprien : "Extra Ecclesiam nulla Salus". Même ceux qui célèbrent des sacrements valides ne peuvent atteindre le salut éternel s'ils manquent de charité fraternelle, car c'est la charité, et non la simple exactitude doctrinale ou sacramentelle, qui assure l'unité de l'Église.
Les excommunications imminentes doivent être perçues comme un acte de miséricorde de la part du pape Léon XIV. La charité est dénuée de sens sans la vérité. Si le pape Léon XIV devait ignorer la gravité des consécrations illicites de la FSSPX, il contribuerait à la damnation de ceux qui rompent la communion avec l'instrument du salut institué par le Christ lorsqu'il fit de Pierre le premier pape et lui conféra le pouvoir de pardonner et de retenir les péchés (souligné par moi).
La charité envers les âmes exige que l'Église trace une ligne claire entre ceux qui en font partie et ceux qui s'obstinent à rester hors de sa communion par crainte de contamination. Mgr Fellay et feu Mgr Williamson ont tous deux exprimé clairement cette position : Mgr Fellay affirmait que "l'Église a un cancer (Mgr Williamson disait "tuberculose"), et si nous restons dans l'Église, nous contracterons le cancer nous aussi". Le Christ a réfuté la théorie de la culpabilité par association en mangeant avec des collecteurs d'impôts et des prostituées. Il n'y a pas de salut hors de l'Église, quel que soit le nombre de pécheurs qui y trouvent refuge. Cela signifie que les fidèles doivent quitter immédiatement la FSSPX sous peine d'être damnés, un état que la FSSPX banalise par son défi désinvolte et mensonger.
L'insolence désinvolte envers Dieu est un trait que les pères fondateurs américains ont appris en lisant Le Paradis perdu de John Milton. Dans son discours aux démons déchus, Satan déclara qu'"il vaut mieux régner en enfer que servir au paradis". Huck Finn perpétua cette tradition d'insolence désinvolte lorsqu'il déclara, rongé par le regret d'avoir révélé la cachette de Jim à Mlle Watson, assurant ainsi sa capture et son retour en esclavage :
"C'était un moment tendu. J'ai pris [la lettre] et je l'ai tenue dans ma main. Je tremblais, car je devais choisir, pour toujours, entre deux choses, et je le savais. J'ai réfléchi une minute, retenant presque mon souffle, puis je me suis dit :"Très bien, alors, j'irai en enfer"- et je l'ai déchirée".
Avant que la FSSPX ne se dise "Très bien, alors j'irai en enfer", elle ferait bien de lire le chapitre III du roman de James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme, dans lequel le père Arnall, le maître des retraites jésuites, livre une description vivante et en plusieurs parties des tourments physiques de l'enfer :
"Oh ! quel sort terrible pour ces êtres damnés ! Le sang bouillonne dans leurs veines, leur cerveau est en ébullition dans leur crâne, leur cœur, dans leur poitrine, est rougeoyant et prêt à exploser, leurs entrailles sont une masse incandescente de pulpe en fusion, leurs yeux tendres flamboient comme des boules de lave... L'enfer est une prison étroite, obscure et nauséabonde, un repaire de démons et d'âmes perdues, empli de feu et de fumée... C'est une tempête de ténèbres sans fin, de flammes noires et de fumée noire de soufre ardent, au milieu de laquelle les corps s'entassent les uns sur les autres, privés de toute brise.... Chaque sens de la chair est torturé, et chaque faculté de l'âme avec lui : les yeux par une obscurité impénétrable et totale, le nez par des odeurs nauséabondes, les oreilles par des cris, des hurlements et des injures, le goût par une matière immonde, une corruption lépreuse, une souillure suffocante et innommable, le toucher par des aiguillons et des pointes rougies au feu, par des langues de flammes cruelles".
Ce sermon était tiré du roman de James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme, mais il s'inspirait des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, qui inspirèrent les enseignants jésuites de Joyce. Ce dernier ne faisait probablement que rapporter ce qu'il avait entendu lors de leurs retraites. Le père Arnall commençait son homélie en exhortant ses retraitants en ces termes :
"Approchez votre doigt un instant de la flamme d'une bougie et vous ressentirez la brûlure. Mais le feu terrestre a été créé par Dieu pour le bien de l'homme, afin de maintenir en lui l'étincelle de vie et de l'aider dans les arts utiles, tandis que le feu de l'enfer est d'une autre nature et a été créé par Dieu pour torturer et punir le pécheur impénitent".
Avant de procéder aux consécrations, je demanderais respectueusement à l'évêque Fellay : "Placez votre doigt un instant dans la flamme de la bougie" et renoncez aux consécrations avant que les démons ne vous entraînent, vous et votre congrégation, dans les flammes éternelles de l'enfer.
source : The Unz Review via Entre la plume et l'enclume
traduction Maria Poumier