19/05/2026 investigaction.net  3min #314355

Ruffin est mort à Gaza

Jacques-Marie Bourget

AFP

Pour qui n'est pas Bossuet les oraisons funèbres gagnent à être courtes, quand il y a trop de longueur, la paille de la chaise finit par vous faire mal aux fesses. C'est pourquoi mon enterrement -sous la tombe des mots- de François Rufffin sera aussi bref que ses lapidaires idées.

Après avoir couru de fond mais sans solitude, puisqu'accompagné par les idées du RN, il a déclaré que la France n'avait pas besoin d'immigration, voilà qu'il affirme devant les caméras de l'Huma TV "qu'il n'y a pas de génocide à Gaza". Non seulement Ruffin, qui, visiblement, ne connait que les arrêtés préfectoraux du département de la Somme, profère des affirmations juridiquement fausses. Selon Ruffin à Gaza : "il n'y a pas de volonté d'extermination des palestiniens". Donc pas de génocide. Pour ce ridicule et inculte politicien, le génocide ne peut être déclaré au cours du match seulement quand l'arbitre, en consultant sa vidéo de contrôle, constate qu'au sein d'une même équipe il n'y a plus que des morts. C'est sans doute la règle au FC Liercourt, club dont le fantaisiste est le supporter, mais le droit international dit tout autre chose :

1. Déterminer qu'il s'agit d'un groupe protégé par la Convention : national, ethnique, racial ou religieux.
2. Déterminer que des actes prohibés par la Convention ont été commis.
3. Déterminer que ces actes ont été commis dans l'intention de détruire.
4. Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel.
5. Meurtre de membres du groupe.
6. Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe.
7. Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle.
8. Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe.
9. Transfert forcé d'enfants d'un groupe à un autre groupe.

Donc dans la tête Haute-Française de Ruffin, entre deux visites à des Super U, le droit international n'a pas eu encore le temps de rentrer. Pour lui le crime, au sein d'un groupe, c'est quand il n'a plus âme qui vive. A ce titre l'Holocauste ne serait pas un génocide, puisque l'on compte heureusement des survivants des camps de la mort.

Contrairement à notre député et arbitre du crime, des États, eux, parlent officiellement de "génocide". C'est, entre autres, l'Afrique du Sud, l'Espagne, l'Irlande, la Belgique, le Mexique, la Colombie, la Bolivie, les Pays Bas et l'Islande, autant de nations beaucoup moins calées en droit que le Pic de la Mirandole qu'est Ruffin. Ajoutons que des experts de l'ONU, tout comme ceux de Human Rights Watch et Amnesty International, utilisent ce qualificatif et B'Tselem aussi qui est pourtant une ONG israélienne ! Même la prudente Cour Internationale de Justice a mis en garde contre un ""risque de génocide en cours à Gaza".

Mais Ruffin se moque de tout cela, il ignore que tuer un seul palestinien est un acte de génocide. Ce qui le préoccupe c'est de gagner un Smig à l'Elysée. Ce qui risque de prendre du temps. Et alors il y aura génocide puisque tous les Palestiniens seront morts.

Source: Afrique-Asie

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