19/05/2026 linvestigateurafricain.tg  3min #314393

Comores et Kenya : deux visages de la crise du carburant en Afrique

Komla YAWO

La hausse du prix du carburant continue de provoquer des secousses sociales sur le continent africain. Aux Comores, l'annonce d'une augmentation brutale du gazole en avril 2026 a déclenché une crise majeure, marquée par des affrontements violents, des barrages routiers et des pertes en vies humaines. Quelques jours plus tard, le gouvernement, sous pression, a suspendu la mesure et ouvert une concertation nationale.

 Aux Comores, une colère explosive

La décision d'augmenter de près de 46 % le prix du gazole a immédiatement provoqué une grève illimitée des transporteurs routiers. Le mouvement s'est rapidement étendu aux pêcheurs et commerçants, secteurs vitaux dépendants du carburant. Les manifestations ont paralysé l'archipel, notamment à Anjouan, où les affrontements avec les forces de l'ordre ont fait plusieurs blessés et des victimes mortelles. Cette crise a mis en lumière la fragilité énergétique et sociale du pays, totalement dépendant des importations d'hydrocarbures et sans marge budgétaire pour amortir les chocs.

Au Kenya, la contestation tourne également au drame

 Le Kenya n'a pas été épargné par la flambée des prix du carburant. Là aussi, les manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, menées par des syndicats et des associations de consommateurs. Si elles avaient commencé sous forme de marches pacifiques et de grèves ciblées, elles ont rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité. Le bilan est lourd : plusieurs blessés et des morts, confirmant que la crise énergétique peut se transformer en crise sociale violente, même dans des économies plus robustes.

Une crise énergétique aux visages multiples

Ces crises au Comores et au Kenya illustrent deux réalités. Aux Comores, la fragilité institutionnelle et l'absence de mécanismes de compensation ont transformé une hausse en explosion sociale. Au Kenya, malgré une économie plus diversifiée et des subventions temporaires annoncées par le gouvernement, la contestation a également fait des victimes, révélant la profondeur du malaise social face à la flambée des prix.

La crise du carburant en Afrique démontre que si la flambée des prix est un défi continental, ses conséquences varient selon la résilience des États. Aux Comores, l'absence de filet social et la dépendance totale aux importations rendent chaque hausse explosive. Au Kenya, malgré des mécanismes plus solides, la colère populaire a montré que même les grandes économies ne sont pas à l'abri de violences. L'ampleur de ces crises souligne l'urgence pour les pays africains de diversifier leurs sources d'énergie, d'investir dans les renouvelables et de renforcer les dispositifs de protection sociale pour éviter que chaque choc énergétique ne se transforme en drame national.

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