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Donald Trump
Le Sénat américain a avancé une résolution contestant l'engagement militaire contre l'Iran. Quatre républicains ont rejoint les démocrates, signe de fractures autour de Donald Trump. Une guerre impopulaire qui pourrait peser sur les élections de mi-mandat de 2026.
Le Sénat américain a franchi le 19 mai une étape symboliquement forte en faisant avancer une résolution visant à exiger le retrait des forces américaines engagées dans la guerre contre l'Iran. Quatre sénateurs républicains ont rejoint les démocrates lors d'un vote de procédure, ouvrant la voie à un vote final dans les prochaines semaines et infligeant un revers politique à Donald Trump.
Le texte rappelle que, selon la Constitution américaine, seul le Congrès peut déclarer la guerre. Les démocrates accusent ainsi le président d'avoir contourné les pouvoirs du législatif après les attaques menées le 28 février contre l'Iran aux côtés d'Israël. La loi américaine autorise bien le président à intervenir en cas de menace imminente, mais impose ensuite d'obtenir l'accord du Congrès dans un délai de 60 jours.
Une guerre de moins en moins populaire
Or, Donald Trump estime que cette obligation ne s'applique plus depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu début mai. Un argument rejeté par les démocrates, qui soulignent que des forces américaines restent mobilisées pour faire respecter le blocus maritime imposé aux ports iraniens. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a dénoncé un président jouant "avec un pistolet chargé", accusant Trump de mettre les soldats américains en danger.
Cette contestation intervient dans un contexte délicat pour la Maison Blanche. Selon plusieurs sondages récents, la guerre contre l'Iran est largement impopulaire aux États-Unis, y compris chez une partie de l'électorat républicain, lassé des engagements militaires au Moyen-Orient. À l'approche des élections de mi-mandat de 2026, plusieurs élus conservateurs cherchent à se démarquer d'un conflit jugé coûteux et risqué politiquement.
Le vote du sénateur républicain Bill Cassidy illustre ces fractures internes. Fragilisé après avoir perdu sa primaire soutenue par Trump en Louisiane, l'élu multiplie désormais les prises de distance avec le président. Même si Donald Trump conserve la possibilité d'opposer son veto à la résolution, ce vote révèle des tensions croissantes au sein du camp républicain sur l'engagement militaire américain contre l'Iran.