22/05/2026 voltairenet.org  5min #314632

Robert Kagan assume l'échec et mat de l'Iran et Michael Flynn exhorte les États-Uniens à plier bagage

par Alfredo Jalife-Rahme

Le président Donald Trump doit s'avouer vaincu, assurent aussi bien ses amis que ses adversaires. Les armes ont déjà parlé. Une prolongation de la guerre ne peut qu'aggraver ses conséquences. Il importe de s'en retirer le plus tôt possible.

Michael Flynn à gauche, Robert Kagan et son épouse Victoria Nuland à droite.

Pendant que Trump se tâte, avant de décider s'il va bombarder l'Iran pour le rayer de la carte un de ces quatre matins, il est étonnant que les deux faces de la même pièce du système états-unien, d'une part, estampillent le "mat" définitif infligé par l'Iran par la voix du Khazar Robert Kagan [1]), et, de l'autre, par la voix du lieutenant-général Michael Flynn. Le conseiller à la sécurité nationale éphémère de Trump 1,0 pendant 25 (sic) jours, l'exhorte à "déclarer la victoire (sic) et à plier bagage" [2].

Plus important que le contenu attendu de l'article de Robert Kagan - son sous-titre est péremptoire : "Washington ne peut pas inverser ni contrôler les conséquences de la défaite dans cette guerre" contre l'Iran - rappelons la géobiographie de l'auteur : Néoconservateur straussien, méga-faucon et mari de l'Amazone Vicky Nuland, la gestionnaire ratée du changement de régime en Ukraine qui visait à démembrer la Russie. De plus, le nom de famille Kagan n'est pas un détail mineur, car il provient du "kaganat", le système hiérarchique et militarisé des Khazars.

La métastase du "kaganat" au département d'État a été stoppée en Ukraine et Kagan assène désormais que la défaite de son ennemi juré Trump en Iran - il ne dit pas un mot de Netanyahou - est irréversible et totale : pire que dans le cas de Pearl Harbor/Vietnam/Afghanistan/Iraq en raison du contrôle archi pensé et analysé par l'Iran sur le détroit d'Ormuz, qui va devenir un acteur prépondérant à l'échelle régionale/mondiale (c'est la thèse de Robert Pape [3]. Conséquences inéluctables, l'affaiblissement des États-Unis et simultanément le renforcement de la Chine et de la Russie.

Le controversé lieutenant-général Michael Flynn recommande de faire en sorte que "l'opposition" iranienne (quoi que cela veuille dire) règle sa situation interne ; et il débite une insinuation toxique - destinée au Premier ministre israélien Netanyahou et au Mossad, qui auraient entraîné Trump dans son amère aventure en Iran : "Quoi qu'il en soit, et quiconque peut avoir pesé dans la décision de retourner en Iran après la"destruction"du programme nucléaire iranien pendant la"guerre d'Iran". Les 12 jours de l'été 2025, c'est déjà du passé. Il est temps que les États-Unis sortent de cette situation compliquée."

Michael Flynn propose trois idées en raison de sa "crainte que le prestige des États-Unis à l'échelle mondiale continue de décliner et que la force économique du pays atteigne finalement un point de rupture. Le prestige et la santé économique sont deux atouts que tous les grands empires ont vus menacés dans leurs derniers temps." Il convient de noter que Michael Flynn est un spécialiste du "déclin des empires". Adhère-t-il à l'affirmation de Xi sur le "déclin des États-Unis" qu'il a énoncée devant son invité Trump ? [4].

Les trois idées de Michael Flynn sont :
- 1) "déclarer la victoire sur la base des objectifs militaires atteints et passer à un cessez-le-feu formel, surveillé et soutenu par les autorités de la région, accompagné d'une sorte d'allègement progressif des sanctions selon les conditions que le régime iranien respectera." Vaste sujet !
- 2) "Tirer parti de la diplomatie multilatérale et des alliances régionales pour créer un cadre de sécurité plus large, allégeant ainsi le fardeau qui pèse actuellement sur les États-Unis seuls. Cela peut faire l'affaire ou non, mais il faut sérieusement examiner si les Accords d'Abraham peuvent être mis en œuvre comme un élément fondamental de ce cadre." Problème : les "Accords d'Abraham" de Netanyahou et les "Accords Isaac" du philo-sioniste argentin Milei valent aujourd'hui moins qu'un kopeck,
- et 3) "réduire la tension unilatéralement avec des lignes rouges clairement définies, observables et crédibles, accompagnées d'une posture de dissuasion soutenue, mais sans déboucher sur un combat actif, c'est plus facile à dire qu'à faire." Problème, donc, et le lieutenant-général Michael Flynn se répond lui-même.

Sa conclusion réaliste se concentre de façon indirecte sur le fait que "les intérêts économiques (prix du pétrole, répercussions à l'échelle mondiale, hausse générale des prix), ainsi que la pression des Alliés doivent déboucher sur une décision rapide (sic) face à toute incitation à une guerre d'usure."

Et voilà, c'est Hormuz qui a défini la guerre asymétrique du Golfe Persique !

 Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
 Maria Poumier

Source
 La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.

[1] " Checkmate in Iran. Washington can't reverse or control the consequences of losing this war", Robert Kagan, The Atlantic, May 10, 2026.

[2] " IRAN : Declare Victory and Come Home !", Michael T. Flynn, Substack, May 18, 2026.

[3] " Le"piège de l'escalade"et ses"4 étapes"dans la guerre États-Unis/Israël contre l'Iran", par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 20 avril 2026.

[4] " El misil"Sarmat"ruso DEFINIÓ la Cumbre de Trump y Xi", Alfredo Jalife-Rahme, Radar Geopolítico, YouTube, 19 mai 2026.

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