L'Iran n'est pas optimiste envers les États-Unis et perçoit toute négociation avec une profonde méfiance, a déclaré une source bien informée à l'agence de presse iranienne Tasnim, dimanche 24 mai. Cette source a souligné que, même en cas d'accord préliminaire, Téhéran ne se fiera pas au respect par Washington de ses engagements.
"L'Iran n'a aucune confiance en l'Amérique, et les échanges de messages par l'intermédiaire du médiateur pakistanais se déroulent constamment dans un climat de méfiance à l'égard du gouvernement américain", a affirmé la source.
Cette dernière a ajouté qu'aucun accord définitif n'avait été conclu à ce jour et que des désaccords persistaient sur certaines clauses.
"Même si un accord initial est trouvé, cela ne signifie pas que l'Iran a changé d'avis sur l'Amérique ni qu'il fait confiance à l'administration actuelle pour respecter ses engagements", a-t-il précisé.
"Les Américains ont un bilan déplorable en matière de négociations, ce qui suscite et renforce la méfiance. Par conséquent, même en cas d'accord, l'Iran surveillera attentivement les actions des États-Unis tout au long du processus post-accord. Si l'Amérique manque à ses engagements à ce stade, l'Iran conservera un moyen de pression pour réagir."
L'agence Tasnim a par ailleurs démenti un article de presse israélien prétendant que des responsables américains auraient déclaré que l'Iran ne bénéficierait d'aucun allègement concernant ses avoirs gelés tant qu'il n'aurait pas entamé le transfert de ses stocks d'uranium enrichi.
Selon Tasnim, cette allégation est totalement fausse, et l'Iran refuse de lier le déblocage de ses avoirs gelés à la question du nucléaire.
"L'Iran insiste sur le fait qu'une partie de ses avoirs gelés doit être débloquée immédiatement dès l'annonce d'un éventuel accord, et que ces avoirs doivent être pleinement accessibles à l'Iran. Il ne faut pas que se reproduise la regrettable expérience passée des déblocages d'actifs, qui ont été sabotés par les atermoiements américains", indique l'article.
Le rapport indique également que l'Iran n'a pris aucun engagement concernant les détails de la question nucléaire à ce stade.
Le déblocage des avoirs, dans un premier temps, n'a aucun lien avec les questions nucléaires. De plus, tout accord préliminaire doit se concentrer exclusivement sur la fin de la guerre.
"Si le déblocage des avoirs gelés n'a pas lieu, l'une des lignes rouges de l'Iran sera franchie, et Il n'y aura aucune compréhension", souligne le rapport.
Le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que la République islamique d'Iran cherche uniquement à rétablir ses droits légitimes dans les pourparlers avec les États-Unis, mais que les expériences passées de négociation avec les Américains ont conduit Téhéran à procéder avec une extrême prudence.
Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump a affirmé dimanche avoir demandé à ses négociateurs de ne pas précipiter les choses.
"J'ai demandé à mes représentants de ne pas précipiter les choses", a-t-il publié sur les réseaux sociaux. "Le blocus restera pleinement en vigueur jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé."
Le Pakistan, qui a joué un rôle de médiateur lors des négociations entre les délégations américaine et iranienne en avril, espère accueillir une nouvelle série de pourparlers "très prochainement", a déclaré le Premier ministre Shehbaz Sharif.
Le 28 février, les États-Unis et le régime israélien ont lancé une agression non provoquée contre l'Iran.
En représailles, les forces armées iraniennes ont mené, au cours de près de quarante jours, plus d'une centaine de vague de missiles et de drones contre des installations militaires américaines et israéliennes, infligeant d'importants dégâts.
Un cessez-le-feu fragile est en place depuis début avril, tandis que le blocus naval américain des ports iraniens se poursuit.
Le département des Relations publiques des forces navales du CGRI a annoncé ce dimanche 24 mai que 33 navires ont traversé le détroit d'Ormuz au cours des dernières 24 heures.
