26/05/2026 francais.rt.com  4min #315131

Rdc : des attaques contre des centres de santé compliquent la riposte à Ebola

© Moses Sawasawa Source: AP

Un agent d'entretien de la municipalité de Bunia pulvérise du chlore pour désinfecter le marché central, alors que la province d'Ituri poursuit sa lutte contre une épidémie d'Ebola, à Bunia, au Congo, le samedi 23 mai 2026.

La lutte contre l'épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC est fortement perturbée par des attaques visant des structures sanitaires et par la fuite de patients. Les autorités sanitaires alertent sur une propagation rapide du virus, tandis que la méfiance d'une partie de la population envers les équipes médicales complique les opérations de riposte.

Dans la province de l'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, les médecins engagés dans la lutte contre Ebola doivent désormais faire face non seulement au manque de matériel médical, mais aussi à des violences ciblant les centres de traitement.

Au moins trois incidents ont été signalés ces derniers jours, dont deux survenus du 22 au 24 mai contre l'hôpital général de référence de Mongbwalu, une localité fortement touchée par l'épidémie. Selon le directeur médical de l'établissement, Richard Lokodu, des individus non identifiés ont incendié le 23 mai des tentes d'isolement installées par l'ONG Médecins Sans Frontières, provoquant la fuite de 18 patients atteints ou suspectés d'être infectés par Ebola.

Parmi les résultats d'analyses déjà obtenus, un patient testé positif au virus est toujours en fuite, a indiqué le médecin, soulignant les risques de propagation communautaire.

Ils veulent récupérer les corps

Le lendemain, l'hôpital a de nouveau été attaqué à quatre reprises par des jeunes mobilisés par les proches d'un chef religieux chrétien décédé d'Ebola. Sept autres patients ont réussi à s'échapper avant que la police et l'armée n'interviennent pour rétablir l'ordre.

Selon le docteur Lokodu, les assaillants exigeaient la restitution des corps des victimes pour procéder à des enterrements traditionnels. Or, les autorités sanitaires rappellent que les corps des personnes décédées d'Ebola restent extrêmement contagieux après la mort et que les enterrements non sécurisés constituent l'un des principaux vecteurs de transmission du virus.

Un patient suspecté d'être atteint d'Ebola, dans un état critique avec des symptômes hémorragiques, est décédé alors qu'il tentait de fuir lors de la seconde attaque.

Cette situation rappelle les violences ayant marqué l'épidémie d'Ebola de 2018 à 2020 dans l'est de la RDC, durant laquelle plus de 25 agents de santé avaient été tués. À l'époque déjà, des centres de traitement avaient été pris pour cible par des groupes armés ou par des habitants convaincus que l'épidémie était une invention.

Selon plusieurs observateurs, la méfiance actuelle s'explique notamment par les tensions sociales et le sentiment d'abandon dans des régions fragilisées par des décennies de conflits armés et de crises humanitaires.

900 cas suspectés et 101 confirmés

L'Organisation mondiale de la santé a qualifié cette flambée du variant Bundibugyo d'Ebola d'urgence de santé publique de portée internationale. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que plus de  900 cas suspects avaient été recensés jusqu'à présent, dont 101 confirmés.
Le 25 mai, l'OMS a également fait état de 220 décès suspects liés à l'épidémie, reconnaissant que le retard dans la détection des cas oblige désormais les équipes médicales à "courir derrière le virus".

L'épidémie, apparue initialement en Ituri, s'est propagée vers les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris dans des zones sous contrôle des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, avant d'atteindre  l'Ouganda voisin. Les autorités ougandaises ont annoncé le 25 mai deux nouveaux cas confirmés, portant à sept le nombre total d'infections recensées dans le pays.

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