
Les horreurs commises par le régime sioniste à Gaza et maintenant au Liban ont complètement bouleversé la façon dont l'entité sioniste, dite l'État juif, est perçue en Occident.
Grâce à la complaisance des grands médias occidentaux, les propagandistes sionistes ont certes continué à dérouler leur narratif qui expose les ennemis de l'entité comme des barbares affublés de tous les travers que les colonialistes ont toujours attribués aux populations subjuguées.
Le problème pour cette propagande est qu'une large frange du public ne s'informe plus exclusivement par le biais des médias classiques mais par les réseaux sociaux qui permettent de croiser souvent facilement les informations et de disposer d'apports informatifs audiovisuels qui autrefois étaient le monopole des grades chaînes de télévision.
Cette révolution de l'information et l'échec subséquent de la propagande sioniste ont des conséquences dans le paysage politique interne de certains pays. On l'a vu en France avec la forte mobilisation contre la loi dite Yadan qui visait à pénaliser la dénonciation des crimes sionistes et on le voit surtout aux États-Unis.
Dans ce dernier pays on sait le poids du lobby sioniste coordonné par l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). La pratique du lobbying est chose courante et admise aux États-Unis, y compris la constitution de lobbies au service d'un pays étranger. La particularité du lobby sioniste qui le différencie par exemple d'un lobby turc ou allemand par exemple c'est qu'il n'a pas le statut d'agent de l'étranger ce qui lui permet non seulement de collecter des fonds aux États-Unis mais aussi d'intervenir dans la vie politique interne de ce pays notamment par des dons aux candidats aux élections locales et fédérales, donc des élections municipales à l'élection présidentielle en passant par celles des membres du Congrès.
Cet argent sert à financer l'impression de tracts, d'affiches et la production et diffusion de spots radio-télé qui vantent le programme du candidat favori de l'AIPAC et/ou qui dénigrent voire font courir des rumeurs sur le candidat que l'AIPAC ne souhaite pas voir élu. Il arrive aussi que l'AIPAC finance en même temps des candidats rivaux, histoire d'éviter de mauvaises surprises.
Les crimes commis à Gaza, s'ils n'ont pas ému outre mesure la classe dirigeante à Washington, on l'a vu avec Joe Biden et ensuite avec Donald Trump, ont par contre causé une forte impression à beaucoup de citoyens américains, notamment parmi les jeunes. Au point qu'aujourd'hui être soutenu par l'AIPAC n'est plus une garantie quasi automatique de succès électoral voire même une cause possible d'échec. C'est ainsi que de nombreux candidats à des élections signalent clairement aux électeurs qu'ils ne touchent pas un dollar de l'AIPAC. L'élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York a apporté la démonstration qu'on peut se passer du lobby sioniste, affirmer certaines valeurs et être néanmoins élu face à des concurrents qui exhibaient avec ostentation leur soutien inconditionnel au régime sioniste.
L'AIPAC s'est ainsi retrouvé devant un problème : comment "tenir" les candidats aux élections sans que le soutien du lobby sioniste apparaisse comme un handicap à leurs yeux ?
L'AIPAC croit avoir trouvé la solution décrite dans l'article que je vous propose : au lieu de redistribuer l'argent que les donateurs ont versé sur son compte en banque, l'organisation a décidé de proposer aux donateurs une plateforme numérique qui leur permet de faire transiter leur argent vers les candidats adoubés par l'AIPAC sans pour autant que le rôle du lobby apparaisse.
On sent une compétence assez peu commune de ce lobby dans le domaine financier, peut-être une pratique des sociétés écran ?
Mounadil al Djazaïri
*
L'AIPAC finance des candidats pro-israéliens et en cache les traces
par Arno Rosenfeld
Son image de marque étant perçue négativement lors de certaines primaires démocrates, cette organisation de lobbying a mis en place des plateformes pour orienter les donateurs vers des campagnes de candidats sans y associer son nom.
L'AIPAC ne se gêne pas pour collecter des fonds pour les candidats au Congrès, s'imposant comme l'un des plus importants financeurs politiques du pays. Cependant, face à l'image négative que cette organisation pro-israélienne projette dans de nombreuses primaires démocrates, elle a adopté une nouvelle méthode de financement qui dissimule son rôle dans l'orientation des fonds vers ses candidats préférés.
Dans les élections serrées où Israël est devenu un sujet de discorde, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) oriente les donateurs vers des portails en ligne qu'il contrôle mais qui acheminent l'argent directement vers les campagnes des candidats, effaçant ainsi l'empreinte de l'AIPAC dans les données publiques.
C'est ce qui se passe dans le Michigan, où la représentante Haley Stevens est engagée dans une compétition à trois pour un siège vacant au Sénat et fait face aux critiques de son rival Abdul El-Sayed concernant le soutien financier apporté à sa campagne par l'AIPAC qu'il accusé d'avoir acheté son soutien à l'aide militaire américaine à Israël.
Le Detroit News a mené l'enquête et a estimé que l'AIPAC avait levé plusieurs millions de dollars pour Stevens, d'après les reçus de personnes ayant récemment fait des dons à la fois à l'AIPAC et à la campagne de Haley Stevens pour le Sénat.

L'AIPAC a joué sa partition en intégrant à son site web une page de collecte de fonds qui redirige directement les dons vers la campagne de Stevens, avec la mention "Payé et autorisé par Haley Stevens pour le Sénat". L'enquête a révélé que le comité de campagne de Stevens avait effectué des paiements à une société appelée Democracy Engine, qui fournit les portails internet de donateurs de l'AIPAC.
Ce n'est pas le seul cas où l'AIPAC semble inciter les donateurs à donner directement aux campagnes, au lieu d'abonder ses propres structures de financement.
L'AIPAC a envoyé des courriels à ses donateurs l'été et l'automne derniers, les incitant à utiliser des liens spécifiques aux candidats vers des pages d'un site Web appelé Pro-Israel Network.
"Utilisez le lien ci-dessous pour contribuer à la campagne d'un, deux ou des trois candidats pro-israéliens", a écrit Cari Toppel, directrice régionale, dans un courriel de septembre qui dirigeait les lecteurs vers des pages du site Web où ils pouvaient faire un don à Stevens, Fine ou Angie Craig, candidate au Sénat du Minnesota.
Les portails internet gérés par l'AIPAC permettent à l'organisation de collecter des informations sur les donateurs, notamment le montant de leurs contributions, puis de partager ces informations avec le candidat - mettant ainsi en avant le travail de l'AIPAC en leur nom tout en le dissimulant au public - ce qui serait impossible si les sympathisants de l'AIPAC faisaient des dons via le site web du candidat lui-même.
L'AIPAC n'a pas répondu à notre demande de commentaires concernant cet article, mais a rapidement condamné le reportage du Detroit News. "Cette obsession de suivre le soutien apporté par chaque citoyen américain à son candidat préféré est scandaleuse", a écrit l'AIPAC sur X.
Donateurs cachés
Les nouveaux efforts déployés par l'AIPAC pour dissimuler son soutien à des candidats démocrates, notamment la création de comités d'action politique aux noms opaques, soulignent à quel point le soutien de cette organisation est devenu un handicap sur le terrain électoral.
Seuls 13% des électeurs démocrates ont une opinion positive d'Israël.
Dans le Michigan, le soutien de l'AIPAC à Stevens a été évoqué lors d'un débat jeudi soir, lorsque le modérateur a demandé "ce que cet argent signifie et ce qu'il achète".
Après que Stevens a largement évité de répondre à la question, son adversaire El-Sayed est intervenu : "Cela permet d'acheter 3,5 milliards de dollars envoyés à une armée étrangère qui pourraient être utilisés ici".
En mars, le sénateur Ruben Gallego, modéré de l'Arizona considéré comme une étoile montante du Parti démocrate, a déclaré : "Je ne prendrai pas l'argent de l'AIPAC car cela revient à cautionner ce qui se passe actuellement et ce n'est pas bon".
L'organisation continue à dépenser sans compter pour influencer les primaires démocrates et freiner, voire bloquer, la dérive à gauche du parti sur la question israélienne. Il a remporté des victoires notables lors de ces primaires : en 2021, il a contribué à l'élection de Shontel Brown à Cleveland et, en 2024, à la défaite de Cori Bush à Saint-Louis et de Jamaal Bowman dans le comté de Westchester.
Mais lors du cycle électoral de 2026, les candidats et organisations progressistes font pression de manière agressive pour faire d'un soutien officiel - ou d'une campagne massive de promotion en faveur d'un candidat - un poison politique pour les candidats bénéficiant du soutien de l'AIPAC.
L'organisation Track AIPAC, qui suit les contributions de l'AIPAC, a attiré l'attention - et suscité la controverse - avec des graphiques montrant les sommes d'argent provenant de donateurs pro-israéliens reçues par les candidats, et de nombreux démocrates de premier plan se sont empressés d'annoncer qu'ils n'accepteraient pas le soutien de l'AIPAC.
Les organisations comme Track AIPAC tirent leurs informations sur les campagnes d'information publiques et les comités d'action politique des comptes qu'ils déposent auprès de la Commission électorale fédérale, dont les bases de données en ligne font des candidats et des donateurs qui travaillent avec l'AIPAC des cibles d'attaques.
L'AIPAC a ajusté sa stratégie pour éviter de faire parler de lui dans l'opinion publique.
Le United Democracy Project, principal organe de financement politique de l'AIPAC pouvant recevoir des contributions illimitées, axe sa publicité sur les questions nationales qui préoccupent les électeurs - l'immigration, par exemple - tout en évitant toute mention d'Israël.
Lors d'une primaire serrée pour un siège à la Chambre des représentants dans la banlieue de Chicago, l'AIPAC a créé un comité d'action politique appelé "Élire les femmes de Chicago", de manière à ne pas avoir à divulguer l'identité de ses donateurs avant la date du scrutin. Ces dépenses visaient à faire battre Daniel Biss, l'ancien maire juif d'Evanston, qui se définit comme un sioniste progressiste et souhaite conditionner l'aide américaine à Israël. Biss a remporté la primaire.
S'adressant au Detroit News, un analyste du financement des campagnes électorales a qualifié la tactique de l'AIPAC consistant à acheminer anonymement de l'argent vers les campagnes de "faille" dans les règles de divulgation du financement des campagnes - une qualification que l'AIPAC a rejetée.
Dans sa réponse sur X [ex Twitter], l'AIPAC a comparé son utilisation de Democracy Engine au processeur de paiement populaire ActBlue, que la plupart des campagnes démocrates utilisent pour accepter les dons en ligne :
"Les fonds collectés pour les candidats via ActBlue constituent-ils une"faille"ou ne sont-ils considérés comme une faille que si des Américains pro-israéliens sont impliqués ?"
source : Forward via Mounadil al Djazaïri