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Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2026 - Session "L'économie du nouvel ordre mondial : transformation structurelle, défis et opportunités", le 5 juin 2026.
Au Forum économique de Saint-Pétersbourg, les débats sur le nouvel ordre mondial ont mis en avant le rôle des investissements, des technologies et des partenariats internationaux. La Russie y présente sa transformation comme un levier pour renforcer sa souveraineté, attirer de nouveaux projets et s'adapter aux équilibres mondiaux en mutation.
Les équilibres économiques mondiaux évoluent rapidement. Redistribution des flux commerciaux, montée en puissance des économies émergentes, développement des nouvelles technologies et diversification des instruments financiers : plusieurs intervenants ont estimé que ces transformations participaient à l'émergence d'un ordre économique plus multipolaire.
Ces questions ont été au centre de la session "Économie du nouvel ordre mondial : transformation structurelle, défis et opportunités", organisée le 5 juin au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Les discussions ont porté sur les changements qui influencent aujourd'hui les décisions d'investissement, les nouvelles formes de coopération économique et la capacité des États à s'adapter à un environnement en mutation.
Le Vice-Premier ministre de Russie, Alexandre Novak, a estimé que les moteurs traditionnels de la croissance mondiale évoluaient progressivement au profit des économies en développement. Selon lui, la part des BRICS dans l'économie mondiale dépasse désormais 40 % et devrait continuer à progresser, illustrant une redistribution plus large des centres de croissance à l'échelle internationale.
Investissements et adaptation économique
Une grande partie des échanges a porté sur la capacité de l'économie russe à s'adapter aux nouvelles conditions internationales.
Selon Novak, les investissements dans l'économie russe ont progressé de 40 % au cours des quatre dernières années. Le Vice-Premier ministre a expliqué que le départ d'une partie des entreprises occidentales et les restrictions économiques avaient conduit à renforcer les coopérations avec des pays partenaires et à accélérer le développement de certaines productions nationales.
Il a indiqué que la Russie avait maintenu ses flux d'exportation et d'importation, notamment pour les produits technologiques considérés comme stratégiques. Toujours selon Novak, les autorités misent désormais davantage sur les secteurs capables de générer une plus forte valeur ajoutée, comme la microélectronique, la chimie, la construction de machines énergétiques, l'industrie automobile et navale ainsi que les plateformes numériques.
Les responsables russes ont, par ailleurs, insisté sur l'amélioration du climat d'investissement et sur la réduction de certains obstacles administratifs afin de soutenir l'activité économique.
Technologies, énergie et nouveaux partenariats
La transformation économique a également été abordée sous l'angle technologique. Kirill Dmitriev, directeur du Fonds russe d'investissement direct et représentant spécial du président russe pour la coopération économique internationale, estime que l'accès à une énergie compétitive peut devenir un avantage stratégique dans le développement de l'intelligence artificielle.
Selon lui, la Russie dispose d'un potentiel permettant de proposer une énergie significativement moins coûteuse pour les infrastructures liées à l'IA. Il a présenté cet élément comme un levier pour attirer des projets technologiques et développer de nouveaux partenariats sur le territoire russe.
La fondatrice de Wildberries, Tatiana Kim, a de son côté mis en avant le rôle croissant de l'économie de plateforme dans les transformations économiques mondiales. Elle estime que la Russie fait partie du nombre limité de pays ayant développé des écosystèmes numériques souverains dans plusieurs secteurs, notamment les services numériques, les plateformes et l'intelligence artificielle.
Au fil des échanges, une idée est revenue à plusieurs reprises : dans un contexte de recomposition des équilibres mondiaux, la capacité à investir, développer des technologies et construire des partenariats de long terme devient un facteur central de compétitivité. Pour les intervenants russes, cette phase représente non seulement un défi d'adaptation, mais aussi une opportunité de renforcer les bases d'un développement économique plus autonome.